‹ Histoire du Bréviaire romainChapitre 126 sur 218 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

causait la récitation de ce vieux Bréviaire ; il se plaignait de l'inélégance du style, d'y lire tant de textes d'auteurs suspects, comme Origène, et tant de légendes indignes de foi ^ En 1529 (21 janvier), le pape Clément VII écrivait par bref à Carafa, pour féliciter les Théatins d'avoir, « pour l'honneur du culte divin et de la religion, conçu le dessein de ramener l'office divin en usage dans la sainte Église romaine à une forme, leur semble-t-il, plus décente et mieux appropriée au progrès et à la dévotion des auditeurs et des célébrants^ ». Dès cette époque, la pensée de

1. Celte lettre est citée par Silos, Histojia clericonim rcgularium, pars prior (Rome 1650), p. 95 : « Quod vero Romae tune temporis Breviarium terebatur, nullis non erroribus, ac mendis plénum. Damnatae ab Ecclesia memoriae auclorum homiliae : incertae nuUiusquc fidei passim historiac : praeposterae obscuraeque admodum rubricae; praeter sermonis inconcinnitatem, plebeiamque plerisque in locis diclionem, quam sugillat notatque merito epistola ad Gibertum Carafa, qui et se stomacho lis recitandis afTici affirmât, ac dodecere sacrorum sive puritatem, sive maiestatem illam olïiciorum inelegantiam, insutaque damnatorum capitum nomina, ac dubiam historiarum fidcm. » — En retour, Carafa reçut un bref, du 24 juin 1524, l'autorisant ''à retoucher pour les siens le Bréviaire romain. G. B. Tufo, Ilistoi'ia délia Religione de' Padri Cherici Regolari (Rome 1609-1616), t. II, p. 12, cité par Baeumer, t. II, p. 154. Ce bref de 1524 fut confirmé par celui de 1529.

2. Le texte du bref dans Silos, ibid. : « ... Divina officia, quibus nunc Sancta Romana Ecclesia utitur, ad certum moclum, ut quidem vobis videtur, decentiorem, sanctorunuiue Patrum, ac Sacrorum Canonum statutis convenientiorcni;... excogitastis, quem componere desideratis, Nobis et Sedi Apostolicae postea ofTerendum, ut ex illius inspectione, an publico Ecclesiarum usui tradendus sit, decernere possimus. » Le pape autorisait les Théatins à faire cet essai à leur usage et à le

LE BRÉVIAinE DU CONCILE DE TRENTE. 291

Carafa n'allait à rien de moins qu'à faire un jour adopter par la cour romaine la réforme théatine du Bréviaire. Non seulement, en effet, les Théatins demandaient au pape Clément VII la faculté de réciter le Bréviaire tel qu'ils llavaient corrigé, et ils obtenaient cette faculté pour un an ; mais le pape leur laissait espérer que, cette expérience faite, ils pourraient présenter leur Bréviaire au « Saint-Siège pour qu'il l'examinât et qu'il décidât s'il ne conviendrait point de le mettre dans l'usage public des Églises ».

A ce même moment (1529), le cardinal Quignonez s'était de son côté mis à l'œuvre : il n'y a pas lieu de douter qu'il eût entrepris la réforme du Bréviaire avec l'approbation de Clément VIL Ce qui donne quelque apparence de raison d'accuser Clément Vil d'inconstance et de versatilité ^ . Il n'en était assurément pas

perfectionner en l'expérimentant : « Nos igîtur in te praecipue, Irator episcope, sperantes, et confidentes, quod pro tua doctrina, pnidentia, et pietate nihil nisi pium, et canonicum, laudeque, et professione vestra dignum in hoc âges, agique a luis sines; vobis omnibus, et singulis vestrum dumtaxat, ut mi ssas, et divina officia iuxta modum novum, per vos excogitatum, et componcndum, in clioro, et in ecclesiis vestris per annum dumtaxat a data praesentium computandum celebrare, et recitarc ad Dei laudem libère, et licite valeatis. » Le pape les dispensait de l'office reçu; il les dispensait de l'office de la Vierge, même de l'office de la Vierge rédigé par eux. — Sur le travail de Carafa, voyez Baeumer, t. II, p. 154-157, et les citations qu'il fait de Tufo.

1. Silos, p. 96. Le Bréviaire réformé par les Théatins en 1529 et expérimenté par eux pendant un an, fut bientôt abandonné : « Quod Patres lucubraranl. gravi cum eorum sensu, domestico intérim lare, sinuque delituit. Garafae in primis moleste id accidit, qui pro eo. quo incitabatur, zelo perurgere nihilominus

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de même de Paul IV, qui, montant sur le trône pontifical en 1555, y apporta les vues qu'il avait, depuis 1524, de la réforme catholique, et reprit à son compte ce qui n'avait été pour Clément VII qu'une velléité fugitive, l'approbation pour toute l'Eglise de ce Bréviaire théatin, qui attendait depuis vingt-cinq ans son privilège ^ .

Au préalable, Paul IV voulut le reviser une dernière fois... On sait peu de chose en somme du projet de Paul IV. Le père Silos lui-même n'en a connu d'autres détails que ceux donnés par le théatin Jérémie Isachino, familier de Paul IV, dans une lettre datée de 1561 et trouvée par Silos dans les archives du couvent romain de Saint-Silvestre^. Paul IV supprimait les homélies d'Origène et des auteurs qui

opus non destitit. » Mais, convaincu de son impuissance, navré du succès du Bréviaire de Quignonez, Carafa prit occasion ûo sa mauvaise santé pour obtenir d'être dispensé de tout office : « Praetextu quidem adversae valetudinis, ac gravis aevi, i«' autem vera, ut inepta, atque inerudita in eo offîcio declinarot. exemptionem a diurno eo penso exolvendo efflagitavit, ac niox obtinuit. « Silos, p. 97.

1. Silos, p. 97 : « Quousque adlectus Pontifex Gardinalis Thealinus in id, quod salis diu consilium, votumque peciorc gestaverat, manum ipse admovere, ac perficere suo maitc statuit. Quocirca proscripla statim Quignonii compendiaria ea orandi formula; quae olim cum Thienaeo, aliisque Patiibus excogilaverat, ad examen iterum, ac lancem accurate revocando; tum nova ipsemet, ac secundas veluti curas adiiciendo, rem pêne confecit, ducto ad calcem, ac limam opère. > Paul IV mourut le 18 août 1559, avant d'avoir mené son projel à bonne fin. Baeumer, t. II, p. 158, croit que le Bréviaire adopté par le chapitre général des Théatins en 1561 était le Bréviaire revu par Paul IV.

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