Baeumer, t. II, p. 164, et
tif Guillaume Sirleto, un des plus savants hommes de la cour romaine d'alors, depuis cardinal^ « il principal istitutoj'e et essecutoj'e di questo bel ordine de' iiffici » , dira-t-on plus tard de lui; Curtius de Franchi, chanoine de Saint-Pierre ; un théatin réputé pour sa connaissance de l'histoire ecclésiastique, Vincent Masso ; un élégant latiniste, Jules Poggiano; peut-être enfin Antoine Carafa, depuis cardinale Nous n'avons pour nous instruire des préoccupations et de la méthode de la congrégation du Bréviaire, que ce Bréviaire lui-même tel qu'il est sorti de ses mains, et deux documents : la bulle du pape Pie V, qui sert de préface au Bréviaire, et une lettre italienne que l'on croit avoir été écrite par Leonardo Marini, un des membres de la congrégation^.
1. ScHMiD, p. 628-631 ; P. Batiffol, La Vatlcane de Paul III à Paul V (Paris 1890), p. 25 et 65. — Dans le ms. Vatican. Ottoboni. 2366, fol. 67, se lit une déclaration de Foscarari, l'évêqiie de Modène, datée du 17 décembre 1564, peu de temps avant la mort du prélat. Il déclare qu'il a été unanime avec l'évoque de Lanciano (Marini) et l'évêque de Zara (Calinio), pour demander la suppression de l'office de la Vierge (ut ofïîcium sanctissimae Virginis intermitleretur) ; mais que, après mûre réflexion, et considérant les maux qui affligent l'Église, il supplie Sa Sainleté de ne tenir aucun compte de son avis et au contraire, de maintenir ledit office. Cette déclaration t(»uchante est un indice que les travaux de la commission du concile, à Trente, avaient été poussés assez loin.
2. Cette lettre (1566?), dont je donne plus loin (p. 340-345) le texte italien inédit, a été publiée dans une mauvaise traduction latine par Roskovany, t. V, p. 576-583. L'original italien est aux Archives du Vatican, Concil. Trid. n. 47, fol. 312 et suiv. Il en existe une copie dans le Vatican, lat. fol. 202 et suiv. et dans le dossier Valenti, Bibliothèque Corsini, ms. 29 (olim 362), fol. 15 et suiv. — On y joindra une note de Sirleto, qui se lit
Pie V rappelle que, après le décevant essai tenté par le cardinal Quignonez, nombre d'ordinaires avaient cru de leur droit de réformer eux-mêmes le Bréviaire; à leur usage, déplorable coutume [praça consuetiido) d'où était sorti le pire désordre; pour y remédier, le pape Paul IV d'heureuse mémoire a supprimé le privilège du bréviaire de Quignonez, et entrepris de ramener l'office à sa forme ancienne [ad pristinum morem) ; Paul IV étant mort sans mener cette entreprise à son terme, le concile de Trente a exprimé le désir de voir réformer le Bréviaire selon la pensée de Paul IV [ex ipsius Pauli papae ratione restituere cogilarunt) ; à son tour, le concile a délégué le soin de cette réforme à une congrégation qui achève enfin sous le pontificat de Pie V l'œuvre dont l'initiative revient à Paul IV. Et le pape ajoute : « Ayant cons-
dans le Vatican, lat. 6171, fol. 15-18. Ce sont des observalioiis sur le brouillon de la bulle Quod a nobis, observations soumises à la commission du Bréviaire. Sirleto ne veut pas que l'on dise que la commission a eu pour programme « ut Breviarium compilarent », parce que l'on ne peut laisser entendre qu'on a fait un Bréviaire nouveau, et ainsi encourir le reproche « che reprendiamo nel Breviario novo di Sanla Groce ». Le Bréviaire de Pie V « non e nienle mutato dal' antichoquanio aile cose essentiali ». Mais il diffère, cependant, trop des exemplaires antérieurs pour que l'on puisse autoriser les clercs à porter sur leurs vieux exemplaires les corrections introduites, « essendo state mutate homilie assai et vite di santi, et aggionic lectioni de la sacra Scrittura in le ferie de l'Advento, in modo che non me par che se possi fare questo... » Sur la fin de la note, Sirleto mentionne Accursio comme ayant pris part aux travaux de la commission, et Poggiano comme ayant mis la bulle en latin. Car parlant d'une addition à faire à la bulle, Sirleto écrit : « Il signer Poggiano potrà metterlo in stile latino, in modo che possi sodisfare al gusto di lettori. »
taté que dans raccomplissement de son œuvre la congrégation ne s'est pas écartée de la forme des antiques bréviaires des nobles églises de Rome et de notre bibliothèque vaticane; que, en éliminant ce qui était étranger et incertain, elle n'a rien omis de la somme essentielle du vieil office divin, nous avons approuvé son œuvre. » En d'autres termes, la congrégation romaine a eu pour mission, selon la pensée de Paul IV, de restaurer la tradition liturgique, et de la restaurer en l'étudiant dans ses monuments manuscrits anciens, en en éliminant ce qui lui était étranger ou ce qui était injustifié [remotis iis quae aliéna et incerta essent, de propria summa céleris officii di^>ini nihil omittere^). Ainsi du moins l'entend Pie V.
Lconardo Marini entre dans le détail des applications dont Pie V vient d'exprimer l'idée maîtresse. La congrégation, dit-il, convaincue que l'antique façon de prier était bonne, et qu'elle était devenue odieuse uniquement par le fait de certains offices qui s'y étaient surajoutés, entendait restaurer l'ordre antique et ramener à une juste mesure les adjonctions qui l'avaient aggravé.
Partant de ce principe, on maintenait la distribution traditionnelle des offices en offices de neuf leçons et en offices de trois leçons. Mais, pour faire une part plus large au psautier, on imposait à l'office sanctoral simple les douze psaumes du nocturne férial, comme le voulait la rubrique ancienne. Et, pour faire