Texte de Marini, plus loin, p
samedis, hors les quatre-temps, les vigiles et le carême ^ On ne toucherait pas aux nocturnes de l'office dominical, si longs fussent-ils, mais l'office dominical de prime serait allégé des psaumes (Ps. xxi-xxv) qui suivaient alors le Beati immaculati, et que l'on décida de distribuer entre les fériés de la semaine. Ainsi la congrégation entendait ramener à une juste mesure les surérogations qui aggravaient l'ordre ancien^.
On voit à ces déclarations de Marini quel sentiment animait la congrégation. On ne saurait dire si elle restait en deçà ou si elle allait au delà du programme de
1. Pie V attachera cent jours d'indulgence à la récitation de l'office des morts, autant à l'office de la Vierge, cinquante jours aux psaumes de la pénitence, autant aux psaumes graduels. Les Preces ferlâtes ne seront plus d'obligation qu'à laudes, prime et vêpres, de l'avent, du carême, des quatretemps et des vigiles. Les preces de tierce, sexte, noue et compiles étaient réduites au Kyrie et à deux versets.
2. Grancolas, Comment, p. 122 : «.Pater, Ave et Credo, quae ad finem completorii sunt, secreto recitantur, neque pars officii sunt, Sunt autem addita a Pio V, iisque adhuc recentius est Sacrosancfae, neque priscis Ecclesiae precibus respondet; videtur enim in eo J. Christi divinitas ab humanitate separari, atque eadem gloriae celsitudo Beatis atque Deo tribui, » La prière Sacrosanctae est dans nos éditions modernes donnée comme introduite ou approuvée par le pape Léon X, — Les Pater- Ave-Credo de matines et de prime, comme aussi bien de compiles, apparaissent dans les Bréviaires romains du commencement du xvr siècle ou de la fin du xv^ Baeu- MER, t. II, p, 201-202. Ce sont donc des surérogations modernes dont une correction critique du Bréviaire appellerait la suppression. — On en peut penser autant des suffrages de la croix, de la sainte Vierge, des apôtres Pierre et Paul, pro pace enfin, qui pour être plus anciens, n'en sont pas moins adventices.
306 HISTOIRE DU BRÉVIAIlli: ROMAIN.
Paul IV; il est plus probable qu'elle le dépassait. Mais on ne saurait trop observer combien les imprudences du cardinal Quignonez l'avaient rendue circonspecte, timorée même, préoccupée peut-être excessivement de ne rien abolir. Pie V sera plus décisif, lorsque de son autorité souveraine il rendra facultative l'obligation, que maintenait strictement la congrégation, — et que marquent encore aujourd'hui les rubriques, — de réciter à certains jours l'ofTice de la Vierge, l'office des morts, les psaumes pénitentiels et graduels ^ C'étaient là, en effet, des éléments adventices [aliéna)^ que l'on ne devait pas hésiter à éliminer.
La congrégation montra les mêmes scrupules dans l'élimination des éléments reprochables [incerta] du vieux Bréviaire. On a reproché au vieux Bréviaire, écrit Marini, que de ses légendes de saints il en est qui sont apocryphes, ou scandalisantes, ou mal écrites. La congrégation est d'avis de retenir les faits les plus authentiques, en les mettant en un meilleur style, pour l'édification et le contentement des lecteurs. Elle pense aussi que bien des vies de saints qui sont au vieux Bréviaire sont excellentes^, empruntées qu'elles sont à des auteurs anciens ou aux actes sincères des