Bulle Quod a no bis
2. Baeumer, t. II, p. 184, croit cependant que les leçons historiques du Bréviaire de Pie V sont ou nouvelles, ou prises à Quignonez, et que celles du Bréviaire romain préexistant furent pour la plupart sacrifiées. Ce point appelle un supplément d'enquête. Les indications fournies Marini (plus loin, p. 345) sont très précieuses.
martyrs, et que l'on doit leur donner la préférence, tout en les revisant au double point de vue de la vérité historique et de la correction littéraire. Ce soin a été confié d'abord à Foscarari, puis à Poggiano, qui ensemble ont à revoir toutes les légendes du sanctoral^ Ici encore les indications fournies par Marini vont à nous confirmer dans cette impression, que la congrégation entendait la réforme comme une correction, et cette correction comme devant être réduite au strict indispensable. Marini le dit, en terminant, d'un mot qui ne saurait laisser aucun doute : « Et in tutto quello si é fatlo, si é haçuto rispetto non si muti cosa alciina delli libri délie Chiese. »
Le Bréviaire romain, corrigé selon les vues que l'on vient d'exposer, parut en 1568, cinq ans à peine après la clôture du concile de Trente. 11 semble même que la correction en était achevée dès 1566, à en juger par une lettre du cardinal Borromée à Sirlelo^. A ce compte, l'exécution de la réforme aurait demandé à peine trois années. La bulle de publication de saint Pie V, Quod a nobis, est datée du 9 juillet 1568. Le nouveau Bréviaire était imprimé à Rome, et l'impri-
1. Cf. lalil Pogiani epistolae et orationcs (Rome 1756), l. II,
p. XL-LII.
2. Borromée à Sirleto, 4 sept. 1566 (Schmid, p. 654). — Renoiiard {Annales de l'imprimerie des Aide, Paris 1834, p. 190) signale comme imprimé par Paul Manuce en 1564 un Bréviaire romain ayant en titre : Breviarium Romaniim ex decreto sacrosancti Concilii Tridentini restitutum, PU IV, Pont. Max. iussu editum. In fol., Rome 1564. Je n'ai pas eu d'exemplaire de ce Bréviaire à ma disposition. Il serait très intéressant de le comparer avec le Bréviaire de 1568, et de vérifier l'opinion de Renouard qui le dit être le même que celui de 1568.
meur, Paul Manuce, reçut son privilège le 11 novembre 1568'. L'oiïice, selon le nouveau Bréviaire, put entrer en usage au début de l'année 1569. Le volume portait en titre : Breviarium Romaiium, ex decreto Sacrosancti Concilii Tridentini restitutum, Pu V Pont. Max. iussii editum. Romae. MDLXVIII. Cum privilégia PU V Ponti/îcis Maximi, inaedibus Populi Romani, apud Paulum Manatium.
La bulle Quod <7 nobis portait abolition sans restriction possible du Bréviaire de Quignonez; abolition de tout bréviaire plus ancien que le Bréviaire nouveau, à l'exception de ceux qui se pourraient prévaloir d'une approbation pontificale ou d'une coutume antérieure à deux cents ans ; enfin défense de changer en tout ou en partie le nouveau Bréviaire, d'y ajouter ou d'y retrancher quoi que ce fût.
Étant donné le scrupuleux esprit de conservation qui animait les liturgistes de saint Pie V, il ne faut point s'attendre à trouver dans le Bréviaire de 15()<S un bréviaire autre que le Bréviaire traditionnel de la curie, le Bréviaire tel qu'il s'imprimait depuis 147^i, mais ce même Bréviaire amendé et rendu tout ensemble plus manuel et plus poli^. Quignonez déclarait les anciennes rubriques obscures et inextricables : on fit
1. Par bref du 22 novembre 1568, le privilège fut concédé à l'imprimeur d'Anvers, Plantin, dont l'édition parut en 15()'j. Puis, en dépit de ces privilèges, il se produisit aussitôt des éditions en fraude, à Cologne, à Liège, à Anvers, à Venise. Baeumer, t. II, p. 192-193.
2. Cette assertion toutefois appelle des réserves. Baeumer, t. II, p. 215-220, entre dans le détail des corrections apportées au sanctoral, elles sont nombreuses et elles vont loin.
figurer en tête du nouveau Bréviaire cette exposition des rubriques générales de l'office que nous y lisons encore, excellente exposition en partie empruntée au Direclorium dwini officii publié par Ciconiolano Home 1540), avec l'approbation de Paul IIP. Quignonez déplorait l'invasion du temporal par le sanctoral : le calendrier des fêtes fixes fut allégé de plusieurs fêtes : saint Joachim, saint François de Paule, saint Bernardin, saint Antoine de Padoue, sainte Anne, saint Louis de Toulouse, sainte Elisabeth de Thuringe, la Présentation^. Plusieurs fêtes se virent réduire à des mémoires : sainte Euphémic, sainte Thècle, sainte Ursule, saint Saturnin. Le total des semi-doubles était maintenant de trente ; le total des doubles de tout rang était de cinquante -sept, et celui des mémoires de trente-trois. Les offices des saints, y compris les octaves, ne prendraient donc plus que cent et quelques jours sur l'office temporal.
Le texte du psautier et des leçons scripturaires était de la Vulgate^.
La distribution de l'Écri'ture sainte en leçons pour