SCHMID, p. 637.MERGATI, AppUTltl, p
2. La Présentation a été importée d'Orient au xiv® siècle. « On a une lettre de Charles Ven l'an 1375 pour la faire céléhvev en France, comme on avait commencé de faire à Rome. Ce fut le chancelier de Gypre qui persuada aux Latins d'imiter en cela les Grecs. Elle n'es toit pas au Bréviaire romain avant l'an 1585. » Tillemont. //. E. t. I, p. 463.
3. Grancolas, p. 87 : « Romanum psalterium a Pio V Romae abolitum, adhuc perdurât in Vaticana ecclesia, atque praeterea in Mediolanensi, et VenetaS. Marci, licet nonnullo inter se discrimine;... in nonnullis pariter Toletanae urbis in Hispania Ecclesiis psalterium romanum canitur. »
310 HlSTOllU: DU BRÉVIAIRE ROMAIN.
le premier nocturne était faite conformément au décret dit de Grégoire VII, et en réalité dans ses grandes lignes conforme à la distribution dont nous avons au VIII® siècle constaté l'usage ^ Chaque jour avait sa leçon scripturaire, et ces diverses leçons étaient choisies, à quelques exceptions près, parmi les pages les plus simples de la Bible.
L'antiphonaire et le responsoral demeuraient intacts, c'est-à-dire conformes, à quelques détails près, au texte traditionnel, y compris ses textes scripturaires.
Le lectionnaire, au second nocturne des fêtes fixes, subit de notables changements^. On donna des leçons nouvelles aux fêtes de saint Hilaire, saint Paul ermite, saint Jean Chrysostome, saint Ignace d'Antioche, saint Mathias, saint Joseph, saints Soter et Caius, saints Clet et Marcellin, saint Athanase, saint Grégoire de Nazianze, saint Basile, la Visitation, l'octave de saint Pierre, sainte Marie-Madeleine, saint Pierreaux-Liens, l'Invention de saint Etienne, saint Dominique, sainte Marie-aux-Neiges, la Transfiguration,
1. Isaie pour l'aveiit; Genè-se au printemps; Actes, Apocalypse, Épîtres non paulines, au temps pascal; Rois en élé: Sapientiaux en août; Job, Tobie, Judith, Esther en septembre : Machabées en octobre; Ézéchiel et petits prophètes en novembre ; Épîtres paulines au temps de Noël.
2. En ce qui concerne les sermons et les homélies, Baeumeiî. t. II, p. 204, énonce que le travail de Paul IV a fut adopté pai la commission sans changement essentiel», et il cite à l'appui le Vatican, lat. 6471, fol. 80. Le choix de ces sermons et homélies (à quelques pseudépigraphes près) a été fait avec une extrême sagesse.
saint Laurent, toute l'octave de l'Assomption, saint Barthélémy, saint Augustin, la Décollation de saint Jean-Baptiste, l'octave de la Nativité, saint Mathieu, saint Jérôme, saint François ^ saints Simon et Jude, saint Martin, saint Damase. Une douzaine d'homélies : au troisième nocturne furent remplacées ou introduites : pour sainte Agnès, saints Vincent et Anastase, saint Ignace, sainte Agathe, sainte Marthe, saint Mathieu, saint Bernard, saint Augustin, saint Jérôme, saint Nicolas, sainte Lucie, etc. — Mais c'est ici la partie caduque de la réforme de Pie V. Ses liturgistes n'avaient pas hésité à supprimer les leçons que le Bréviaire de 1550 donnait à la fête de sainte Marguerite, de même les leçons de sainte Thècle, de même les leçons de saint Eustache, de même les leçons de sainte Ursule : c'était trop peu supprimer. Et quant aux leçons nouvelles, si nous en jugeons par celles de saint Barthélémy, par celles de l'Invention de saint Etienne, par celles de sainte Marie -aux- Neiges, c'était trop admettre^. Et combien d'autres qui, dans leurs sources ou dans leur rédaction, restaient incontestablement reprochables ! La bonne volonté des liturgistes de Pie V n'est pas en cause :
1. Sur les sources dos leçons liisloriqucs du Bréviaire, De Smedt, Introdiictlo generalis ad historiam ecclesiasticam crilice trackmdani (Gand 187(j), p. 483-487. Partie des leçons historiques du Bréviaire de Pie V sont prises (après retouclies) au Bréviaire de Quignonez. Zaggaria, Bibliotheca ritiiulis (Rome 1776-1781), (. I, p. llG-118. La liste en est reproduite par Baeumeu, t. II, p. 181-182, et suivie d'observations intéressantes, p. 184-189. — Ibid. p. 182-183, Baeumer donne la liste des leçons nouvelles.
c'est la maturité de leur entreprise qui est en question, et leur critique, en défaut ^ Bellarmin et Baronius d'une part, Benoît XIV de l'autre, ne se feront pas faute de le leur reprocher.
Et cependant, au total, un grand progrès était réalisé. Cette restauration du vieux Bréviaire de la cour romaine, cette restauration respectueuse et timorée était la meilleure restauration qui se pût faire alors de l'office romain. Elle avait sauvé V ordo psallendiiv'àditionnel de l'Église romaine; elle avait sauvé l'antiphonaire et le responsoral du temps de Charlemagne; elle avait restauré Vordo canonis decantandi du viu*^ siècle; elle avait ramené le calendrier des fêtes fixes à une plus juste proportion, et véritablement remis en honneur l'office temporal. Si elle n'avait pas osé supprimer l'hymnaire, c'est que personne n'y eut pensé alors, et n'y a même pensé depuis.
La catholicité rendit justice à l'œuvre sage et sincère de Pie V^. L'Italie entière, toutes les Espagnes y compris le Portugal, la France plus lentement, à partir de 1580^, et grâce aux instances des
1. Voyez le reproche de Sigonio, lettre du 3 janvier 1575 à Paleotli, contre le récit de la fausse donation de Constantin, Baeumer, t. II, p. 211.
2. RosKOVANY, t. V, p. 237, et Baeumer, 1. II, p. 211, reproduisent une critique de Lindanus, évêque de Ruremonde, qui est plus vive que fondée.
3. Voyez pourtant la belle édition parisienne du Bréviaiiv de Pie V publiée à Paris chez Kerver, 1574, « cum privileu Caroli IX Francorum régis christianissimi ». Voyez aussi le Breviarium Romanum ex decreto sacrosancti concilii Tridentiiii restitutum... Avec les Rubriques traduites en Français par le commandement eœpres du Roy.. . Paris, Jamet Mettayer,
Jésuites, reçurent avec estime le nouveau Bréviaire romaine Si, écrit le sorbonniste Grancolas, « si, au IX® siècle, le Bréviaire romain mérita tant d'applaudissements et d'être préféré à tous ceux des autres Eglises, il parut avec plus de lustre après que le pape Pie V l'eut fait revoir; aussi peut-on dire que, depuis ce temps-là, toutes les Églises particulières l'ont tellement adopté que celles qui ne l'ont pas pris sous le nom du Bréviaire romain l'ont presque tout inséré dans le leur, en l'accommodant à leur rite'^ ».
Il est même permis de dire, avec Dom Guéranger, que le succès du Bréviaire de Pie V fut excessif. Le Saint-Siège entendait voir se perpétuer les liturgies remontant au moins à deux siècles ^. C'est ainsi que le Saint-Siège, par un rescrit du 10 septembre 1587, accorda à l'Église d'Aquilée de continuer à célébrer l'office divin selon son vieux rite patriarchin^*. Il eût été bon que les Églises, rentrant dans l'exception prévue par la bulle Quod a nobis^
1588 [B. N. In fol. B 543]. C'est le Bréviaire dit de Henri III.
1. RosKOVANY, t. V, p. 236-275, fait le relevé des réceptions successives par les conciles particuliers, par les grandes familles religieuses. Résumé et faits nouveaux dans Baeumek, 1. II, p. 221-233.