‹ Histoire du Bréviaire romainChapitre 138 sur 218 · Grancolas, p · texte numérisé non relu

Grancolas, p

3. Bulle Quod a nobis : « Abolemus quaecumque alla Breviaria..., illis tamen exceplis, quae ab ipsa institutione a Sede Apostolica approbata, vel consiietudine quae, vel ipsa instilulio, ducentos annos antecedat... »

4. GuÉiiANGER, t. I, p. 430. Baeumer, t. II, p. 227. Cf. Dom MoiiiN, « L'année liturgique à Aquiléc antérieurement à l'époque carolingienne », Revue bénédictine, 1902, p. 1-12.

gardassent leur ordo propre traditionnel ^ Lorsque le chapitre de la cathédrale de Paris, en 1583, refusa à son évêque, Pierre de Gondy, de recevoir le Bréviaire de Pie V, — « ...Maxime quod recepta diidum tam illustris Ecclesiae coiisuetudo, non facile suum immutari officium pateretu?-'^ », — le chapitre de Paris entrait dans les vues conservatrices du Saint- Siège. « Nous sommes loin de le blâmer, écrit Doin Guéranger. Il était trop juste que cette liturgie romaine-française... que plusieurs ordres religieux avaient adoptée, qui avait pénétré jusque dans les églises de Jérusalem, de Rhodes, de Sicile, demeurât debout comme une de nos gloires nationales. Abolie déjà dans la plupart des cathédrales françaises par l'introduction des livres romains, Paris, du moins, ne devait pas la laisser périr. Rome elle-même avait préparé les voies à cette conservation par les clauses de sa bulle; si donc, aujourd'hui, cette belle et poétique forme du culte catholique n'est plus, demandonsen compte, non au Saint-Siège, mais aux Parisiens qui, cent ans plus lard, se plurent à renverser l'antique et noble édifice que leurs pères avaient défendu avec tant d'amour 3. »

1. Tel fut le cas de Milan, qui gaixla son oflîcc ainbrosien. et (le Tolède qui garda sou ofïice dit mozarabe.

2- Breviariam insignis Ecclesiae Parisiensis restitutiim ar emendatum R. in Christo Patris I). Pétri de Gondy Parisiensis Episcopi authoritate, ae eiusdem Ecclesiae Capituli consensu editum, Paris 1584. Préface de Gondy.

3. Guéranger, p. 452. Guéranger a tort de s'en prendre aux Parisiens du xvir siècle. C'est Pierre de Gondy, en 1584, qui fit corriger les livres parisiens et y « fit entrer la presque lo-

En promettant, dans la bulle Quod a nohis^ que le Bréviaire, « dans aucun temps, ne pourrait être changé, en tout ou en partie, et qu'on n'y pourrait ajouter ou enlever quoi que ce fût », le pape Pie V avait pris un engagement que ses successeurs ne devaient pas observer.

Son successeur immédiat, le pape Grégoire XIII (1572-1585), ne se crut pas lié par les termes de la bulle Quod a iiobis. Pie V n'ayant point institué d'office commémoratif de la victoire de Lépante (1571), et s'étant contenté d'insérer au 7 octobre la mention de sainte Marie-de-la-Victoire dans le Martyrologe romain, Grégoire XIII voulut davantage : par un décret en date du l*''' avril 1573, il institua la fête du Rosaire, la fixa au premier dimanche d'octobre, et lui donna le rite double majeur. II est vrai que cette fête n'était que pour les églises qui avaient un autel du Rosaire. Elle n'était donc pas étendue à TÉglise universelle, elle ne devait l'être que sous Clément XI (3 octobre 1716). Mais Grégoire XIII n'entendait pas moins tou-

lalilé du Bréviaire de saint Pie V » (Guéranger, loc. cit.). Noloiis celte autre conséquence de la bulle Quod a nobis, ({ui est d'avoir remis au Saint-Siège le monopole de régler toute liturgie, et d'avoir supprimé aux Évéques tout pouvoir sur la matière. Los évêques, au xvip et au xviir siècles, firent échec à ce monopole romain, Mais le principe n'en était pas moins entré dans l'enseignement théologique. Voyez les textes (Suarez, Salmanticenses, Lessius, Bonacina, Vasquez, Billuart, Gavanli, Benoît XIV, etc.) dans D. Bouix, De jure liturglco (4'' édit. Paris 1886), [». 233-264.

cher au Bréviaire de 1568. On le vit mieux, en 1584, lorsqu'il rétablit, en lui donnant le rite double, la fête de sainte Anne, que Pie V avait éliminée de son Bréviaire, et la mémoire de saint Joachim, dont Pie V avait supprimé toute mention ^

Sixte-Quint, après lui (1585-1590), porta de nouveau la main sur l'œuvre de Pie V. Il rétablit, en 1585, en lui donnant le rite double, la fête de la Présentation delà Vierge, fête abolie par Pie V ^. 11 rétablit de même la fête de saint François de Paule et celle de saint Nicolas de Tolentino. L'année suivante (1586), il rétablit la fête de saint Janvier et de ses compagnons, celle de saint Pierre martyr, et celle de saint Antoine de Padoue, supprimées par Pie V. En 1588, il donna à saint Bonaventure le titre de docteur, et il éleva sa fête au rite double ^.

Le pontificat de Clément VllI va sanctionner les mesures de Grégoire XIII et de Sixte-Quint, en les

1. Dans le Vatican. Ottohoni. 2366, fol. 73-75, une lettre dn card. Sirlelo, 13 mars 1579, sur la correction du Bréviaire el du missel, a trait seulement à l'indication des accents toniques. Baeumer, t. II, p. 23'i, renvoie au Vatican, lat. 6171, fol. 158, pour une intervention du card. Sirleto en faveur de la fête de sainte Anne. — Mentionnons pour mémoire l'édition officielle du Martyrologe romain de 158^i. A ce moment Bellarmin aurait voulu que des corrections fussent introduites dans le Bréviaire : lettre à Salmeron, 19 juillet 1584.11 semble que le vieux cardinal Sirleto (il mourut le 7 octobre 1585) n'ait pas été gagné à cette retouche. La lettre de Bellarrainest citée par Baeumer, t. II, p. 212,

2. Baeumer, t. II, p. 252, cite le Vatican, lat. 6171, fol. 100, une note qu'il attribue au card. Sirleto concluant à là restauration de la fête de la Présentation.

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