Baron. Annal, t. III, p
2. Il est curieux de constater la même tendance à Rome chez le cardinal Tomasi. On possède, en effet, de lui un opuscule intitulé : De privato ecclesiasticoriim officiorum Breviario extra chorum, composé en 1706, imprimé avec des coupures d'abord par Bianchini, puis intégralement, en 1754, par Vezzosi, au tome VII des Thomasii opéra omnia (p. 62-68) : cet opuscule serait, s'il faut en croire Bianchini (ici. p. 68, note), un projet de réforme de l'ofTice privé, projet présenté par Tomasi à la Congrégation des Rites. Le Cardinal, remontant à l'antiquité chrétienne, croit pouvoir établir que, antérieurement au ix'' siècle, l'otïice privé était pour les clercs différent de l'olfice du chœur, et beaucoup plus simple. Il conclut : «< Hinc videtiir ipsum privatum offîcium revocandum esse ad pristinam normam conslantem ex psalmis et lectionibus sacrae Scripturae, remotis antiphonis et responsoriis, quae ut eorumdem nomina demonstrant coelum canenlium reqnirunl. » Tomasi réclame le retour à l'office lemporal, afin ffuainsi le .psautier soit dit intégralement chaque semaine. Il veut que l'Écriture sainte abonde dans les leçons : on lira en un an les quatre évangiles, voire tout le Nouveau Testament; on lira les livres sapientiaux en entier, les principaux récits de l'histoire sainte (création, déluge, vocation d'Abraham, etc.), les pages des prophètes les plus capables de former les mœurs. On remplacera les collectes par l'oraison dominicale; ainsi, dit-il, que Durand assure que le voulait l'usage d\iLRivan(Rational. iv, 14, 17). Tous les jours, au nocturne unique, trois leçons scripturaires, la troisième toujours de l'É-
Ce retour fut provoqué par une série de publications parues coup sur coup au début du xviii*' siècle, concurremment avec la Fronde ecclésiastique qui suivit la bulle Unigenitus ^ . Signalons le Traité de la messe et de l'office divin (1713) de J. Grancolas - ; le Commentaire historique sur le Bréviaire romain {il21) du même; en 1720, le livre de F. M. Foinard^ intitulé Projet d'un nouveau Bréviaire, dans le-
vangile. Tomasi complète son projet par un calendrier (p. 70-72) qui distribue les fêtes en trois groupes, les Festa maxima, les Festa maiora, les Festa minora : seize fêtes dans le premier groupe, vingt-neuf dans le second, ce sont des fêtes privilégiées, obligatoires partout. Les fêtes mineures, fêtes sanctorales, ne sont obligatoires que si le saint a son nom inséi»' dans le canon de la messe; elles sont, sans cela, facultatives. Extra Urbem Romam pro libito celebrari possunt, vel omitti. ) — Le projet de Tomasi fut-il soumis réellement a la Congrégation des Rites? On n'en sait que ce que Biancliini en a dit : « Hoc est votum Gongregationi Rituum a V. Thomasio oblatum. » Quant au sentiment personnel de Biancliini, on le connaît : « Institutio huius privati ecclesiasticorum ofTicioruni Breviarii extra chorum, licet pia videatur, nunc temporis lamen non expediret. » Vezzosi, en 1754, n'était pas de ce sentiment : « Ego autem, écrit-il, in ea sum sententia, ut statuait i et hoc tempore potissimum vel maxime expedire Breviarium illud pro diurno cursu privato extra chorum ea ratione dispositum, quam Thomasius proponit, si a Summo Pontifice, ad quem adtinet similibus in rébus de Ecclesiae disciplina disponere, adprobarctur » (p. 66, note). — J. W. Legg, The refovmed Breviary of cardinal Tommasi, cdifed with an introduction, translation, notes and appendices (London 1904).
1. Voyez cependant Claude Joly, Tractatus de rcformandis horis canonicis (Paris 1644 et 1675). Voyez aussi L. Delisle, « le Bréviaire de Colbert » [1679], dans la Bibliothèque de l'École des Chartes, 1882, p. 146-149.
2. Sur Grancolas (f 1732), voir la notice du Grand dictionnaire historique de Moreri, t. V (1759), p. 827.