Sur Foinard (f 1743), Moreri, t. V, p
quel Voffice divin, sans en changer la forme ordinaire, serait particulièrement composé de l'Ecriture Sainte, instructif, édifiant, dans un ordre naturel, sans renvois, sans répétitions et très court, avec des observations sur les anciens et les nouveaux Bréviaires ^ .
Foinard ne faisait que reprendre une idée émise par Grancolas dans son Traité, et développée par lui dans son Commentaire. Ensemble Grancolas et Foinard se rencontraient pour proposer : 1" de privilégier rolïice du dimanche, en sorte qu'il ne cédât désormais qu'à une fête de Notre-Seigneur; 2*^ de privilégier le temps du carême, en sorte que l'office férial n'y cédât à aucune fête, pas même à l'Annonciation, qui serait retranchée; o"" d'abréger l'office férial, « car dès que l'office de la férié ne sera pas plus long* que celui des fêtes, comme il est plus diversifié et plus affectif que celui des saints , il n'y a personne qui n'aime mieux le dire que celui des fêtes 2 » ; 4'^ de distribuer les fêtes en cinq classes : une classe supérieure pour les fêtes de Notre -Sei-
1. Comparez Biblioth. de l'Arsenal, manuscrit 2040 : « Projet d'un nouveau Bréviaire universel, Paris, Pierre Simon, 1728. »
2. Cf. GUANCOLAS, Comment, p. 199 : « Offîcium Festorum simpliciuni, quale Romae fit, unicum est, quod juxta ritum in breviariis nostris habeamus. Quare numquam majori gaudio affici soleo, quam cum per anni curriculum Festa liujusmodi, occurrunt, atque miilies conceptis votis exoptavi, ut aliquando potissima Festorum duplicium et semiduplicium pars in hanc classem redigeretur. Atque hoc polissimum fere est caput, quod Pontifici Breviarium Romanum emendari cupienti proponendum esset. »
gneur, daas laquelle ne sera admise aucune fête de la Vierge ni des saints; une classe solennelle mineure pour le Corpus Christi, TAssomption, saint Jean-Baptiste, saint Pierre et saint Paul, le saint patron; une classe de doubles pour les apôtres, de semi-doubles pour les docteurs, de simples pour les martyrs, les confesseurs n'ayant droit qu'à une mémoire, et leur olTice plein ne devant être célébré que dans leur diocèse s'ils ont été évêques, dans leur ordre s'ils ont été religieux, dans les lieux où ils se sont sanctifiés pour tous les autres saints ou saintes; 5" ne recevoir, dans les leçons du sanctoral, que des histoires bien approuvées*. Comme Harlay, Grancolas et Foinard ne voulaient que d'indiscutables légendes, en quoi ils n'avaient pas tort. Et ils n'avaient pas tort, non plus, en réclamant un retour à l'office temporal, tombé en une si excessive désuétude, alors comme aujourd'hui encore. Mais pareil retour entraînait un bouleversement du sanctoral : la difficulté n'était pas nouvelle, la solution manquait d'autorité.
Il se trouva un archevêque de Paris ^, Charles de Vintimille, pour exécuter le projet de Grancolas et de Foinard, en enchérissant sur leurs propositions. M. de Vintimille chargea de la constitution d'un nouveau Bréviaire de Paris un oratorien suspect de jansé-