GUÉRANGER, t. II, p
2. Joignons-y pour mémoire l'archevêque de Rouen (1728), l'évêque d'Orléans (1731), l'archevêque de Lyon (1738). En 1791, le Bréviaire romain avait été abandonné dans 91 diocèses de France.
nisme, le P. Yigier, et subsidiairement deux régents du collège de Beauvais, François Mésenguy et Charles Goffin, tous deux appelants de la bulle Unigenitus. Le Bréviaire de M. de Vintimille parut en 1736 : il devait rester en usage jusqu'à nos jours ^.
Le Bréviaire de M. de Vintimille donnait au dimanche la prérogative d'exclure toutes sortes de fêtes, à l'exception de « celles qui ont dans l'Eglise le premier degré de solennité ». En second lieu, une prérogative du même genre était accordée au carême, « ayant jugé équitable de rappeler l'ancienne coutume de l'Eglise, qui ne jugeait pas que la solennité joyeuse des fêtes s'accordât assez avec le jeûne et la salutaire tristesse de la pénitence » ; on ôtait « du carême toutes les fêtes, à l'exception de celles dans lesquelles on s'abstient d'œuvres serviles ». En troisième lieu, on récitait les psaumes de la férié à toutes les fêtes, à l'exception des fêtes consacrées aux martyrs ou à la sainte Vierge. En quatrième lieu, c'était l'innovation la plus notable, et comme un retour direct à Quignonez, on avait divisé le psautier de façon à pouvoir assigner des psaumes propres à chaque férié et même à chaque heure, en coupant ceux qui étaient trop longs : d'où il résultait que le psautier pouvait presque toujours être lu en entier dans l'espace d'une semaine.
1. Breviarium parisiense lit. et Hev. in Christo Patris DD. (^.aroli-Gaspar-Giiillelmi de Vinlimille, c comitibus MasslUae Du Luc, Pariensis Archiepiscopi... auctorifate, ac Vcnerabilis eiiisdem Ecclesiac CapituU conscnsu editiim. Paris 1736. — Le Bréviaire parisien fut relire par ordonnance du cardinal Guibert, archevêque de Paris, du l*"- novembre 1873.
L'office du temps ainsi restauré, il fallait alléger le calendrier. On supprima d'abord une série de fêtes : la Chaire de saint Pierre à Antioclie ; les octaves de saint Etienne, de saint Jean, des saints Innocents, de saint Jean-Baptiste, des saints Pierre et Paul, de la Conception; les fêtes de saint Vital, sainte Domitille, saint Alexis, sainte Marguerite, sainte Praxède, saint Calliste, sainte Félicité, etc. D'autres fêtes furent réduites à des mémoires : saint Georges, saint Martin pape, saint Silvestre, etc.
L'hymnaire, par une concession au goût du temps, n'avait point été supprimé, mais renouvelé et développé : Ilabert, Tourneux, surtout Coffin en avaient fait les principaux frais, mêlant à leur inspiration poétique de subtiles réminiscences de VAugustinus^. Nous aurions cependant mauvaise grâce à ne pas reconnaître que plus d'un des hymnes de Paris est d'une très pure beauté. Le lectionnaire, en ce qui est des légendes des saints, avait le mérite d'être marqué au sceau de « la nouvelle critique », comme s'exprime un peu aigrement Do m Guéran-
1. Los hymnes do Claude de Santeul (1628-1684), du séminaire de Sainl-Magloire, et les hymnes de son Irèrc Jeaii-Baplisle de Santeul (1690-1697), du couvent de Sainl-VicLor, avaient été composés pour le Bréviaire de M. de Harlay, el passèrent de là dans le Bréviaire de M. de Vinlimille. Moreri, t. IX, p. 147. U. Chevalier, Hymnes et proses inédites de Claude Santeul (Paris 1909), p. x. Claude n'avait donné que six hymnes au Bréviaire de Harlay, les autres sont de Jean-Baptiste. ~ Sur Charles Coffin (1676-1749) (jansénisme à part), lisez sa notice dans Moreri, t. III, p. 793. Les autres auteurs dos hymnes étaient Nicolas Tourneux, Isaac Ilabert, Guillaumo de la Brunetière, etc.
ger ' . Le lectionnaire et le responsoral étaient fournis par l'Écriture sainte uniquement, plus d'une fois et très malignement interprétée dans le sens janséniste et appelant, dit encore Dom Guéranger^. Quant au gallicanisme de l'œuvre, il suffit d'en donner un exemple : on avait remplacé l'invitatoire Tu es pastor ovium princeps apostolorumy de la fête de la Chaire de saint Pierre, par celui-ci : Caput corporis Ecclesiae Dominum çenite adoremus.
Le Bréviaire de M. de Vintimille provoqua des pro testations véhémentes , dont on trouvera le détail dans Dom Guéranger. Ce que Ton sait moins, c'est que le Saint-Siège intervint : dès juillet 1736, le Bréviaire parisien était déféré à l'examen de la congrégation du Saint-Office ^.
A Rome, l'impression était fâcheuse, d'abord par l'effet (f de la prévention où on est ici contre tout ce qui part de France en matière de religion », ainsi qu'écrivait pour lors un de nos compatriotes résidant à Rome, « prévention prise premièrement d'après nos maximes que Rome ne peut jamais se lasser d'improuver, et confirmée par les erreurs des derniers temps, qui, à la vérité, n'ont été que trop ré-