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sorte qu'en une même province ou dans un même diocèse, il n'y ait point uniformité d'office, ou encore que l'office consacre des sermons non authentiques des saints Pères, ou, sous le nom d'actes des saints, des fables. Unité et dignité de l'office divin : telle a été la préoccupation des anciens conciles, mais surtout des pontifes romains comme Innocent P'", comme Grégoire VII, et plus nouvellement Pie V, Clément YIIl, Urbain VIII. Ces derniers ont mis tous leurs soins et une infinie sollicitude à ce que l'office divin fût ramené à l'ancien usage, et à ce que rien de cet ancien office ne fut abandonné, ordonnant que l'on reproduisît ce qui avait été supprimé et que l'on réformât ce qui s'était corrompu. Le pape Benoît XIV, glorieusement régnant, a pour le culte divin le même zèle que ses prédécesseurs ; frappé des plaintes que lui ont exprimées quelques personnes considérables, émues, disaient-elles, de voir le Bréviaire romain déchu sur plus d'un point de son antique simplicité et de son éclat, étant d'ailleurs lui-même sensible plus qu'aucun autre à ces taches et désireux plus qu'aucun autre de les effacer, Benoît XIV a décidé, au début même de son pontificat, de mettre la main à une réforme et à une correction du Bréviaire, et de confier à quelques excellents connaisseurs de l'antiquité ecclésiastique le soin de répondre à ce désir. Bien souvent, poursuit Valenti, Benoît XIV daigna m'en entretenir et me demander mon sentiment dans ce grave dessein. Enfin il se résolut à choisir plusieurs prélats instruits et plusieurs théologiens, qui, réunis en congrégation, étudieraient le projet. Ces prélats
étaient : le secrétaire de la Propagande, Philippe- Marie Monti^ ; le secrétaire du Sacré-Collège, Nicolas Antonelli; un chapelain du pape, Dominique Giorgi. Et ces théologiens : Thomas Sergio, consulteur de l'Inquisition ; le somasque François Baldini, consulteur des Rites; Antoine-André Galli, chanoine régulier de Saint-Jean-de-Latran : Antoine-Marie Azzoguidi, des Mineurs conventuels. Le pape voulut que Valenti fut secrétaire de la congrégation 2.
En principe, assure Valenti, les membres de la congrégation étaient à peu près unanimes à reconnaître la nécessité d'une réforme du Bréviaire romain. Restait à fixer au préalable la nature de cette réforme.
Le pape Benoît XIV avait reçu deux mémoires concernant le Bréviaire, l'un en français, l'autre en italien. L'auteur français exprimait le regret qu'il y eût, dans le texte du Bréviaire, plus d'une assertion historique qui avait échappé à la diligence des correcteurs anciens, et dont la critique avait surpris
1. Moiili {'[ 1754), prélat académicien, venait de publier de> Elogia cardinalium pietate doctrina et rébus pro Ecclesia grstis illustrium(llk\). —Antonelli (f 1767), ériulit lourd : on lui doit une consciencieuse édition princeps du commentaire grec sur les psaumes, qu'il croyait être de saint Athanase (1746). cl que Migne a reproduit; il donnera en 1756 un Vêtus missalc romanum praefationibus et notis illnstratum. — Giorgi (f 1747 , savant de l'école de Muratori, était en train de publier son grand ouvrage. De liturgia romani poiiti/icis in solemni celcbratione missarum (1731-1744). — Baldini (f 1767), un anliquaire, publiera en 1743 une édition estimée des Numisiitala imperatorum romanorum de Vaillant. — Azzoguidi (f 1770) s'intéressait aux œuvres inédites de saint Antoine de Padouc, dont il écrivait la vie.