ROSKOVANY, pp. 533-537. Analectn, pp
LES PIIOJETS DE HKNOIT XIV. 373
l'erreur; dans la distribution des psaumes, tels psaumes qui revenaient sans cesse, tels autres qui n'étaient jamais récités, et les plus longs qui s'accumulaient aux olfices du dimanche et des fériés; dans les antiennes, trop de textes qui n'offraient aucun sens à l'esprit ou qui s'accordaient mal avec les offices oi^i on les exécutait ; parmi les fêtes des saints récents, trop de doubles, alors que les fêtes de saints anciens et insignes étaient de rite semi-double ou simple, et que la fréquence des fêtes doubles empêchât de célébrer l'office dominical, lequel était pourtant consacré à honorer les mystères de la vie de Notre Seigneur. De là venait, suivant l'auteur français, que tant d'ordinaires avaient abandonné le Bréviaire romain et adopté des Bréviaires particuliers, pour le mal et la perturbation de la liturgie. Il était temps de donner au Bréviaire romain une forme nouvelle, qui remédiât à ces défauts et parât ces dangers '. — Au contraire du mémoire français, le mémoire italien ne demandait pas une refonte, mais une simple expurgation du Bréviaire romain. Ce Bréviaire, en effet, se compose d'éléments essentiels qu'on ne saurait modifier sans supprimer le rite romain en soi, ainsi le nombre, l'ordre et la disposition des heures, des nocturnes, des psaumes, des antiennes, des leçons, des collectes. Autant d'éléments nécessaires et intangibles. Mais le calendrier, mais les antiennes et les répons, mais le texte des leçons, tout cela supportait et demandait correc-
1. Valenli nous a conservé le loxle de ce mémoire, c'est, la seconde des pièces justificatives de son dossier : Monumentum IL
tien ^ — Benoît XTV transmit les deux mémoires à la congrégation-.
Elle se réunit pour la première fois le 14 juillet 1741, dans la demeure de Valenti, et dès le premier instant on put constater que les consulteurs n'étaient guère plus d'accord que les deux mémoires. Les uns voulaient que l'on discutât d'abord la question de la distribution des psaumes : ils louaient la distribution des psaumes qu'avaient adoptée depuis peu quelques Églises de France, et l'usage de ces mêmes Eglises de réciter les psaumes fériaux à l'ol'fice des saints (un petit nombre de fêtes de saints excepté), de façon à réciter en une semaine tout le psautier. D'autres, cependant, et leur opinion prévalut, observèrent que l'Eglise romaine avait été toujours et devait être tenace dans ses traditions propres ; qu'il convenait de se défier des nouveautés ; que la distribution romaine des psaumes était antique et ne pouvait être abandonnée légèrement ; qu'il s'agissait, au demeurant, non d'une refonte, mais d'une simple correction du Bréviaire romain ; et que, la question du psautier réservée, on devait d'abord discuter le calendrier. Cette proposition fut adoptée à l'unanimité ^.
Puis donc qu'il s'agissait d'une simple correction, il importait de savoir quelle avait été l'idée maîtresse de la réforme du Bréviaire par Pie Y, et de s'y tenir. Valenti soumit à la congrégation un document re-
1. Le mémoire italien en question est la troisième pièce justificative de Valenti, Monumentum III.