‹ Histoire du Bréviaire romainChapitre 178 sur 218 · RosKOVANY, ^. J)%l-%. Analecta, p · texte numérisé non relu

RosKOVANY, ^. J)%l-%. Analecta, p

quelques textes des Pères, rien qui ne fût de l'Écriture, aucune légende. Benoît XIV avait-il changé de sentiment, ou se réservait-il? Il est plus probable que le pape était revenu de son premier sentiment.

Les consulteurs se remirent à l'œuvre passé les vacances d'automne. Il y eut séance le 27 novembre et le 30 décembre, pour discuter les offices du temps. Lercari, Antonelli et Giorgi étudiaient les homélies, les leçons et les capitules; Sergio, Baldini, Giuli et Valenti étudiaient les antiennes et les répons, les hymnes et les versets. L'examen du lectionnaire ne suscita qu'un petit nombre d'observations ; celui des antiennes, des répons, etc., souleva quelques doutes seulement; encore ne maintint-on pas les résolutions prises. L'office du temps était en somme hors de cause. Un consulteur proposa de remplacer la leçon brève de prime par la lecture de quelque canon de concile. L'idée était empruntée au bréviaire de M. de Vintimille. Benoît XIV, instruit par Valenti, fit dans les vingt-quatre heures rappeler aux consulteurs qu'il s'agissait dans sa pensée d'une réforme et non d'une innovation du Bréviaire^. Il est donc incontestable que Benoît XïV ne songeait plus à donner un nouveau Bréviaire romain.

Le 16 janvier 1745, on entreprit le propre des saints : le 9 juillet on y travaillait encore... Valenti explique comment les consulteurs s'étaient partagé le travail, avec quelle conscience et quel soin ils s'y appliquaient, et quel souci ils avaient tous de l'en-

l. RosKOVANY, p. 569. Analecta, p. 530.

tente commune. Il insiste sur le respect qu'ils sentaient tous en eux pour l'antiquité, et il en donne un exemple. Un des consulteurs, après avoir fait observer que roffice de la Conversion de saint Paul avait des antiennes et des répons, pièces excellentes sans doute et tirées de l'Ecriture sainte, mais qui ne s'appliquaient point directement à la fête, entreprit d'en composer qui fussent tirés également de l'Écriture, mais qui eussent trait à la conversion de l'apôtre. Le travail était bon, pourtant la congrégation ne l'accepta point, et, comme dit Valenti en un beau langage, « retenta est antiquilas et i-epro^ bâta novitas, hoc est, nihil plaçait immutari ^ ». Malgré tant de circonspection et de respect, les corrections se multiplièrent... Puis soudain le travail s'interrompit.

Qui croirait, dit Valenti, que des consulteurs qui étaient cependant des hommes d'expérience, et qui avaient tant de fois déjà éprouvé la ferme intention du Souverain Pontife, se pussent laisser émouvoir du bruit répandu une seconde fois par la cabale, que Benoît XIV ne voulait en réalité pas de réforme du Bréviaire? Les bruits les plus faux ont souvent ces apparences de vérité qui suffisent à surprendre les yeux les plus sagaces et les esprits les plus prudents! Ce bruit s'était répandu, non seulement hors de Rome, mais dans Rome même; il s'était accrédité. On exploitait le silence du pape... Les consulteurs se découragèrent, et, du 9 juillet 1745 au

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