Analecta, p
nocturne de la Purification, était substitué un sermon de saint Bernard. Ainsi, au sermon apocryphe de saint Augustin encore, au second nocturne de la fête de la Chaire de saint Pierre à Rome, un fragment du De unitate ecclesiae de saint Cyprien. Ainsi, un sermon apocryphe de saint Jean Chrysostome*, au second nocturne de la fête de la Visitation, par un sermon de saint Bernard. Ainsi, une homélie de saint Jean Chrysostome était, au troisième nocturne de l'office de saint Jean Gualbert, mise à la place des trois leçons actuelles que le Bréviaire attribue à saint Jérôme, alors que la première seule est de lui, et que les deux autres sont tirées d'un sermon apocryphe de saint Augustin^.
1. Analecta, p. 904 : « ... illi subsliluendus sermo S. Bertiardi, etsi isto utantur etiam in eodcm festo Breviaria Lugdiilieuse et Parisiense. »
2. Analecta, p. 907. — Cette partie de la revision des consul- Icnrs de Benoît XIV est très incomplète. Dom Morin l'a reprise récemment et a signalé un total de 50 homélies ou sermons ii|)ocry[)hes dans le Bréviaire romain actuel. II est vrai de dire que la meilleure part de ces apocryphes est d'introduction récente. Dom Morin écrit : « Dans la plupart des offices ajoutés récemment au Bréviaire, on ne semble pas avoir apporté autant de soin [que précédemment] à ne choisir en fait de sermons ou d'homélies que des pièces authentiques. C'est ainsi, par exemple, que,' malgré les diverses refontes auxquelles il a été soumis à si peu d'intervalle, l'office de flmmaculée- Gonception, si important au point de vue dogmatique, offre comme leçon du second nocturne un passage de la fameuse pièce soi-disant hiéronymienne Cogitis me, dont les esprits fins du IX* siècle avaient déjà révoqué en doute l'authenticité, et que tous les critiques sans exception, depuis Baronius, ont rejetée comme manifestement apocryphe. » Revue bénédictine, 1891, pp. 270-280. Travail repris par Baeumer, t. II, p. 452-460. — L'office de l'Immaculée Conception, composé à
412 HISTOIRE DU BRÉVIAinii ROMAIN.
Le commun des saints ne subissait que deux corrections sans importance. Dans le commun des évangélistes, on substituait un texte différent de saint Grégoire; dans le commun de plusieurs martyrs 2° loco^ un texte différent de saint Grégoire. Ces deux textes homilétiques, pensait la congrégation, étaient mieux adaptés au texte de l'Evangile, et plus pieux ^
On ne nous demandera pas de discuter une à une les diverses corrections proposées par la congrégation de Benoît XIV. Mais nous ne saurions nous soustraire à l'obligation de juger l'ensemble de cette réforme projetée du Bréviaire, et de dire pourquoi elle n'a pas été réalisée.
D'abord, on constatera le respect de la congrégation pour les éléments antiques du Bréviaire romain, j'entends pour le psautier tel qu'il s'y trouve distribué, et pour l'office du temps. La congrégation n'y propose aucune correction : elle se défend de tou-
la suile de la définition de 1854, était l'œuvre du P. Pas^-;iglia, S. J. Il fut en usage de 1855 à 1863, et remplacé (27 août 1863) par l'office actuel, que Baeumer (t. II, p. 411) croit dépendre d'un projet remontant à Gavanli. Ne ciaignons pas de dire qu'il appelle une sévère correction de son leciionnaire. Le sermon de saint Jérôme au second nocturne du 8 décembre est apocryphe, autant l'homélie de saint Épiphanc au troisième nocturne du 15. Quant aux homélies de saint Germain (8 déc), de saint Sophronius (9 et 14), de saint Tharasius (12), elles appartiennent indubitablement à la plus mauvaise rhétorique.