Pont. Vita Cypriani
2. RuiNART, Acta sincera, p. 109. Cf. Concil. carthag. III (anno 397), can. 47 : « Liceat legi passiones martyrum, cum anniversarii dies eomm celebrantur » (Mansi, t. III, p. 891).
3. CoNSïANTiNi IMP. EpistuL dans Euseb. Vita Const. ii, 40 : Toùç TOTTOuç oï Toîç awtxaat Tûv {jLapTupwv'teT({xyivTai. Cf. ibid. IV, 23 et H. E. VII, 11, 11 et 13, 3.
4. Tertull. Ad uxorem, ii, 4. Tertullien suppose le mari païen d'une femme chrétienne : « Quis sinat coniugem suam... circuire? Quis nocturnis convocationibus, si ita oportuerit, a latere suo adimi libenter feret? Quis denique solemnibus paschae abnoctantem securus sustinebit? » Tertullien dit ailleurs « coetus antelucani ». Apologet. 2.
même que les Juifs jeûnaient « deux fois par sabbat », les chrétiens jeûnaient deux fois par semaine : la Didache^ à la fin du premier siècle, mentionne déjà ces deux jours de jeûne; le Pasteur d'Hermas, vers Fan 140, en parle aussi en leur donnant pour la première fois le nom de station (ffjj^yj^). Au troisième siècle, les stations du mercredi et du vendredi étaient dans l'usage catholique ^ Or une station n'allait pas sans une vigile. Ce fut pendant une vigile de vendredi que saint Athanase fut attaqué dans Féglise de Théonas, la nuit du 8 au 9 février 356^.
Vigiles dominicales, vigiles cimitériales , vigiles stationales, on ne trouve pas trace d'autres assemblées eucologiques publiques dans la littérature des trois premiers siècles.
Nous disons prières publiques. Car assurément les vigiles dominicales, stationales et cimitériales n'étaient qu'une partie de la prière chrétienne : c'était la prière solennelle, en commun, présidée par l'évêque et ses clercs. Chaque fidèle, dans le recueillement de sa demeure, était libre et même requis de prier.' La prière privée comptait au moins une prière du matin et une prière du soir. Tertullien en parle comme d'un
1. Doctv. apost. VIII, 1. Herm. Similitud. v, 1 et 2. Ter- TULL. De ieiiin. 14. Ad uxorem, ii, 4. De oratione, 19.
2. Athanas. Apologia de fiiga, 24 : Nù? [xèv yàp y^ôyi ^v, xal Toû XaoO xiveç èuavvuxiîîov upoffSoxa)(Aévyi; auvà^etoç : des fidèles passaient à veiller la nuit qui précédait la synaxe.
devoir naturel : « Omni die guis dubitet prosternere se Deo çel prima saltem oratione qua lucem ingredimur? » Il en parle comme d'exercices auxquels on ne peut se dérober : « ... legitimis orationihus, quae sine ulla admonitione debentar ingressu lucis et noctis » ^. Nous verrons que les fidèles avaient le zèle d'y ajouter parfois une prière à la troisième, à la sixième et à la neuvième heure du jour. Mais tous ces exercices étaient purement privés, et distincts des séances qui réunissaient la communauté des fidèles dans une église urbaine, ou, hors les murs, sur une tombe de martyrs, pour la solennité d'une vigile.
Ainsi en fut-il jusqu'au iv^ siècle. Mais maintenant ce service public de la prière va changer. L'ère constantinienne s'ouvre, des conditions matérielles et sociales nouvelles vont produire dans la liturgie des développements nouveaux.
Le iv^ siècle, en effet, voit naître une architecture ecclésiastique. Le cadre étroit et pauvre où s'est si longtemps resserré le culte chrétien, dans l'exiguïté des églises anciennes, — telle celle du mont Sion à Jérusalem, ou le vieux Saint-Théonas à Alexandrie, ou Saint-Théophile à Antioche, — ce cadre s'élargit soudain dans la magnificence des basiliques constantiniennes : ainsi la Basilica aurea de Saint-Jean de Latran, ainsi le Dominicum d'Alexandrie, ainsi l'Anastasis de Jérusalem, ainsi les Saints-Apôtres de Constantinople, et tant d'autres. Quelle joie religieuse ces beaux édifices devaient verser dans Tâme des