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De oratione, 23 et

LES ORIGINES DE l'oFFICE ROMAIN. 49

L'histoire des heures à Rome s'éclaire seulement à la fm du iv*" siècle ^ Pour saint Jérôme, l'observance de tierce, de sexte, de none, et tout autant de la psalmodie du lucernaire et de la psalmodie matinale, est, dans la vie d'une romaine comme Paula, comme Eustochium, comme Laeta, un exercice privé et individuel. Dans la solitude recueillie de la demeure maternelle, la fille de Laeta pratique ces exercices, en compagnie de la « ^irgo veterana » , nous dirions de l'institutrice, qui ne la quitte pas : « Assiiescat ad oratlones et psalmos nocte consurgere, mane hyinnos canere, tertia, sexta, nona hora stare in acte quasi bellatricem Christi, accensaque lucernula reddere sacriflcium s>espertinum'^ ». En dehors des messes,

1. Les Canons dits de saint Hippolyte que, voici une quinzaine d'années, on croyait pouvoir citer comme un document disciplinaire romain contemporain de TertulHen, ont, depuis, donné lieu à trop de doutes sur leur date, sur leur lieu d'origine, sur leurs sources, pour qu'il y ait aujourd'hui prudence à les citer en témoignage des usages liturgiques proprement romains. Nous ne leur emprunterons pas un seul trait. Observons toutefois que l'état liturgique qu'ils attestent est un état arcliaïque, qui, dans ses grandes lignes, répond bien à l'état antérieur à la paix constantinienne. Ms"" Duchesne, Origines du culte, p. 504-521, reproduit la version qu'en a donnée Dom Haneberg d'après l'arabe. Un texte meilleur (en allemand) est donné par W. Riedel, Die Kirchenrechtsquellen des Patriarchats Alexandrien (Leipzig 1900), p. 193-230.

2. Hieronym. Epistul. cvii, 9, à Laeta. Voyez aussi xxir, 37, à Eustochium. — Comparez ce qu'écrit Pelage, en 414, à la vierge Démétriade retirée à Rome : « Débet aliquis esse deter-

oO HISTOIIIE DU BRKVIAinE ROMAIN.

il n'y a point d'autre office public auquel elle ait à assister qu'aux vigiles K

Mais à ces vigiles solennelles des dimanches et des stations, qui se célèbrent dans telle ou telle église, tous les fidèles se transportent. La foule est considérable, l'attraction énorme, et quelquefois le désordre regrettable 2. Saint Jérôme recommande à Laeta de ne point permettre à sa fille d'y aller sans elle ; il lui prescrit de l'y tenir toujours à ses côtés : « Vigiliarum

minatus et constitutus horarum numerus... Optimum est ergo huic operi matutinum deputari tempus,... usqiie ad horam tertiam... In secretiori domus parte ora clause cubiculo tuo. » Epistul. ad Demetriad. 23 {P. L. XXXIII, 1115). — Rapprochez Vita S. Melaniae iunioris, 47 (éd. Rampolla, 1905, p. 26) : « Regulam vero nocturnis temporibus hanc instituerat, ut sine intermissione complerentur tria responsoria, très lectiones et, cum matutini fièrent, quindecim antiphonae ». Par responsoria on peut entendre des psaumes chantés en solo, et par antiphonae des psaumes chantés à l'unisson et à deux chœurs. Mélanie célèbre en outre tierce, sexte, none et Vhora lucernaria. Plus loin, 64 (p. 37) : « Gonsuetudo erat ei per vigilias sanctorum quinque légère lectiones ». Ainsi pour la vigile de saint Etienne, elle fait lire le récit de l'invention des reliques du saint, et tire des Actes des apôtres le récit de sa passion. — On remarquera que pour les heures, l'ordre suivi par Mélanie à Jérusalem est le même qu'indique Jérôme. Le card. Rampolla, p. 262, conjecture qu'elle suivait à Jérusalem l'usage pratiqué par elle à Rome.

1. Cf. Vita S. Melan. iun. 5 (éd. Rampolla, p. 5) : « Occasio evenit ut dies solemniset commemoratio sanctiLaurentii martyris ageretur. Beatissima vero fervens spiritu desiderabat ire et in sancti martyris basilica pervigilem celebrare noctem ; sed non permittitur a parentibus, eo quod nimis tenera et delicati corporis hune laborem vigiliarum ferre non posset. Atilla timens parentes et desiderans placere Deo, permansit tota nocte vigilans in oratorio domus suae. »

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