‹ Histoire du Bréviaire romainChapitre 25 sur 218 · LÈS ORIGINES DE L OFFICE ROMAIN · texte numérisé non relu

LÈS ORIGINES DE L OFFICE ROMAIN

pour être qualifiée de « modiilamen placidum^ ».

Ainsi, rÉglise romaine se montre, vers l'an 400, sensiblement en retard sur les autres Églises; elle a été longtemps fermée à l'influence du monachisme^, puis le clergé romain était attaché plus qu'aucun autre à ses usages liturgiques : la correction du psautier exécutée par Jérôme [a. 383), à la demande du pape Damase, trouva dans ce clergé une opposition très vive, et l'on sait à quelles injures s'élevait à ce sujet la verve de Jérôme. On n'a donc pas lieu de s'étonner que, en ces matières liturgiques, Rome ait été longtemps une Eglise plus archaïsante qu'aucune autre.

A quelle époque le « canendi mos orientalium partium », ou psalmodie chorale antiphonée, pënétra-t-il à Rome? On ne saurait le déterminer avec précision. Le Liber pontificalis semble attribuer cette innovation au pape Célestin (422-432) : ce pape, y est-il dit, fit chanter les cent cinquante psaumes de David avant le sacrifice de la messe, usage inconnu avant lui. La seconde édition du Liber ajoute que ce chant institué

1. De Rossi, Inscriptiones chrisUanae, t. II (1888), p. 450 : « Anonymus in codice Goloniensi 45, fol. 17, cecinit de Davide :

Myslica dulcisonis depromil carmina fibris... reddens mellifluum dulci modulamine cantum. »

Citons encore les vers qui servent de prologue à des psautiers carolingiens (ibid. p. 449) :

Psallere qui dociiit dulci modulamine sanctus"-

2. Voyez cependant Augustin. De moribus Eccl. cath. i, 33. Gard. Rampolla, Sancta Mèlatiict giutiiore senatrice romana (Rome 1905), p. 155.

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par Célestin était le chant antiphoné ^ . La psalmodie chorale passait donc à Rome, au vi^ siècle (vers 530), pour une institution du pape Célestin. L'indice tardil" fourni par le Liber est en somme très léger, et je m'y arrête d'autant moins que ce malheureux texte a prêté aux interprétations les plus contradictoires^.

1. A. P. t. I, p. 230 : « ... Conslituil ut psalmi Darid (X aiite sacriflcium psalli antephanatim ex omnibus, quod aille non flebat. )>

Cette même seconde édition du Liber interpole dans la notice du pape Damase les lignes que voici : « Gonstituit ut psalmos die noctuque canerentur per omncs ccclesias, qui hoc praecepit presbiteris vel episcopis aut monasteriis. » M-"" Duchesne (t. I, p. 215) croit que cette interpolation e^i due à l'influence de la correspondance aix)cryphe soi-disant échangée entre Jérôme et Damase. Je le crois aussi, et peutêtre cette correspondance a-t-elle compté une pièce de plus, une lettre de Damase adressée « presbiteris, episcopis, monasteriis )), perdue.

La correspondance apocryphe de Damase et de Jérôme compte deux lettres. La première est de Damase (Jaffé, 242: p. L. XIII, 440), demandant à Jérôme, supposé être alors à Jérusalem, de lui faire connaître la « Graecoriim psallentiam )>, parce que, à Rome, on en est encore à lire le dimanche une épître de l'apôtre et un chapitre d'évangile « et nec psallentium mos (onetur nec hymni decus in ore nostro cognoscitur ». — Jérôme (7^. L. XXX, 294-295) répond à Damase qu'il a traduit pour lui le psautier sur les Septante « propter fastidium Romanorum ». Il ajoute : « Precatur ergo cliens tuus ut vox ista psallentium in sede romana die noctuque canatur. et ut in fine cuiusque psalmi, sive matutinis horis sive vespertinis, coniungi praecipiat apostolatus tui ordo : Gloria Patri. » Jérôme demande enfin que, aux heures de nuit, on use comme répons de VuUeluia, « ut in omni loco communiler respondeatur nocturnis temporibus ».

Ces deux lettres apocryphes sont antérieures à la rédaction du Liber (vers 530), mais pas de beaucoup, croirais-je.

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