Pallaek Dialog. hist
cètes et les vierges étaient plus nombreux que nulle part ailleurs, cet office public quotidien prit une solennité plus grande aussi.
Une pèlerine espagnole, qui visita les saints lieux vers 385-388 et dont nous possédons le journal de voyage ^ , nous a laissé une description détaillée du service quotidien de la grande église de Jérusalem, VAnastasis'^.
Voici pour l'office vespéral, qu'elle place vers quatre heures du soir :
A la dixième heure, écrit-elle, l'heure que l'on appelle ici « licinicon » et que nous appelons chez nous a lucernare », la foule se porte à l'Anastasis. Tous les cierges sont allumés, il fait une lumière infinie. On chante alors les psaumes du soir [psalmi lucernares), qui sont des psaumes longuement antiphonés^. Au moment voulu, on a prévenu l'évêque ; il descend ; il s'assoit sur son siège élevé, les prêtres autour de lui à leurs places. Le chant des psaumes et des antiphones s'achève : alors l'évêque se lève et il reste debout devant la balustrade, pendant qu'un diacre fait la commémoraison de chacun, et que les pisinni
1. J.-F. Gamurrini, 5. Silviae aqiiitanae peregrinatio ad loca sancta (Rome 1887). Je cite l'édition de P. Geyer, Itinera hierosolymitana (Vienne 1898). En 1903, Dom Férotin a fait la preuve que la Peregrinatio devait être attribuée, non à sainte Silvia d'Aquitaine, mais à une vierge espagnole, Etheria. M. Karl Meister a depuis (1909) voulu dater la Peregrinatio du vr siècle : nous ne croyons pas qu'il ait convaincu personne. Voyez Revue biblique, 1910, p. 432-445.