‹ Histoire du Bréviaire romainChapitre 35 sur 218 · Basil. Epistut. ccvii · texte numérisé non relu

Basil. Epistut. ccvii

3-. SoGRAT. //. E. vi, 8. Par contre, on en vint bientôt à se représenter le ciel comme un chœur chantant. Saint Augustin, Epist. GLix, 3, raconte le songe d'un chrétien qui croit entrer dans la cité céleste : « ... ubi audire coepit sonos suavissimae canlilenae, ultra solitam notamque suavitatem... hymnos beatorum atque sanctorum )>.

singularité de son fait dans l'Église de Césarée en y introduisant le chant antiplioné des psaumes ^ . « Cette psalmodie nouvelle n'est point une singularité, écritil, puisqu'elle est à cette heure (375) pratiquée dans toutes les Églises de Dieu : les clercs, qui sont tentés de rompre avec moi pour ce motif, devront rompre au même titre avec les Églises d'Egypte, de Palestine, de Syrie et de l'Euphrate. » L'antiphone était reçue à Constantinople du temps de saint Jean Chrysostome, à Jérusalem du temps de la Peregrinatio, à Milan du temps de saint Ambroise et par ses soins.

Il y a plus. Le chant antiphoné apparaît tout de suite comme une mélodie variée, pathétique. Le chant des psaumes, après avoir commencé par être une déclamation, est devenu de la musique. En 387, lorsque Flavien, évêque d'Antioche, se rend à Constantinople pour demander la grâce des habitants d'Antioche menacés de la colère de Théodose, pour mieux toucher le cœur du prince, il demande « aux jeunes gens qui ont coutume de chanter à la table du palais d'exécuter les psalmodies suppliantes d'Antioche ». C'étaient des mélodies de deuil et de supplication, c'était de l'art. Théodose est saisi par le caractère de cette musique religieuse si expressive et si nouvelle; des larmes d'émotion tombent dans la coupe qu'il tenait

1. Nicetas lui fait écho, De psalm. bono, 2 (éd. Burn, p. 68) : « Scio nonnullos non solum in nostris sed etiam in orientalibus esse partibus, qui superfluam nec minus congiuentem divinae religioni estiment psalmorum et hymnorum decantationem. »

à la main ^ . Lorsque saint Jean Chrysostome sera fait évêque de Gonstantinople, il installera la musique antiochienne dans son Église et donnera la direction des chœurs à un eunuque de l'impératrice 2, quelque chose comme le maître de chapelle de la cour.

Le chant antiphoné recevait à Milan un développement semblable à celui que nous constatons à Antioche. Saint Ambroise, pour augmenter l'éclat des vigiles quotidiennes de son Église, y faisait exécuter les psaumes v< secundum morem orientalium par^ tium ». Et cette innovation s'étendait rapidement à « presque toutes les Églises de l'Occident "^ ». « Combien j'ai pleuré, écrivait plus tard saint Augustin, combien j'ai pleuré au son de cette psalmodie, remué que j'étais par les voix de ton harmonieuse Église : Quantum flevi... suaire sonantis Ecclesiae tuae çocibus commotus acriter in hymnis et canticis tuis! Voces illae influehant aurihus meis et eliquabatur çeritas in cor meum, et exaestuabat inde af-

1. SOZOMEN. H. E. VII, 23 : cxéxeuov {Xc^toSiat; xtaiv ôXoçupTtxûç Tcpbç rà; Xixàç xexp^P^évoi.

2. SocRAT. H. E. VI, 8, Notons toutefois que la chorale de cet eunuque ne prenait part qu'aux vigiles du samedi et du dimanche.

3. Augustin. Confess. ix, 7 : « Tune [a. 385] hymni et psalmi ut canerentur secundum morem orientalium partium, ne populus maeroris taedio contabesceret, institutum est, et ex illo in hodiernum retentum, multis iam ac paene omnibus gregibus tuis et per cetera orbis imitantibus. » Paulin. Vita Ambrosii, 13 : « Hoc in tempore primum antiphonae, hymni ac vigiliae in ecclesia Mediolanensi celebrari coeperunt. Guius celebritatis devotio usque in hodiernum diem non solum in eadem ecclesia, verum per omnes paene Occidentis provincias manet. »

fectus pietatisy et ciirrebant lacrimae, et bene mihi erat cutn eis ^ ». Et cependant le même Augustin n'est pas loin de considérer cette psalmodie musicale comme une invasion inquiétante de l'art dans l'austérité traditionnelle du culte. « Pardonnez-moi ma sévérité si ma sévérité est une erreur, je voudrais bien souvent éloigner de mes oreilles, et des oreilles de l'Eglise elle-même, toute la mélodie douce de ces chants avec laquelle on exécute maintenant la psalmodie davidique. » Et ce lui est l'occasion de rappeler le mot de saint Athanase, — « qui tam modico flexu çocis faciehat sonare lectorem psalmi, ut pronuncianti çicinior esset quam canenti », — et d'ajouter : Le goût d' Athanase était le plus sûr 2.

Ce qu'était cette musique antiochienne et cette musique milanaise, il ne nous appartient pas ici de le rechercher. Nous ne devons que remarquer le scrupule dont était tourmenté le génie de saint Augustin. Il regrettait la simplicité première de la psalmodie, se rendant, semble-t-il, mal compte que cette simplicité n'était plus séante à la pompe du culte

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