CHAPITRE II
LES ORIGINES DE l'oFFICE ROMAIN
Nous avons étudié la liturgie des heures, sa formation et son développement hors de l'Église romaine, pour être mieux à même de distinguer ce qui, dans Fusage intérieur de l'Eglise romaine, appartient à la tradition locale de ce qui appartient à la tradition universelle ^ . Nous voici désormais à Rome : à l'aide des textes antérieurs au viii® siècle que la littérature romaine fournit, nous avons à décrire le développement de la liturgie des heures à Rome, les états successifs par lesquels elle a passé avant d'arriver à se fixer dans cet ordo psallendi tout ensemble emprunté et original qui sera l'office canonique romain du temps de Charlemagne.
L'organisation intérieure particulière à l'Église de Rome devant conditionner l'histoire de l'office divin à Rome, il importe d'en rappeler les éléments.
On trouve à Rome quatre sortes d'églises, d'abord
1. J'ai négligé le document qui porte en titre Origo cantuum et cursuum ecclesiasticorum (P. L. lxxii, 605), dont on a un ms. du VIII* siècle (British Muséum, Nero, A. II), mais qui est un document sans valeur pour notre sujet. Baeumer, t. I, p. 5 et 235.
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les églises qui porteront un jour le nom de basiliques îpatriarcales : la basilique constantinienne du Latran, la basilique libérienne ou Sainte -Marie -Majeure, la basilique sessorienne ou Sainte-Croix en Jérusalem, la basilique constantinienne du Vatican sur le tombeau de l'apôtre saint Pierre, la basilique constantinienne de Saint-Paul sur la voie d'Ostie au tombeau de l'apôtre saint Paul, la basilique constantinienne de Saint-Laurent sur le tombeau du grand martyr romain, enfin la basilique de Saint-Sébastien ad catacumbas au lieu où furent déposés un temps les corps de saint Pierre et de saint Paul ; — basiliques exceptionnelles, dont les unes, celles de l'intérieur de la ville, le Latran, la Libérienne, la Sessorienne, étaient pour Rome ce que les « grandes églises » étaient à Alexandrie, à Antioche, à Carthage, les autres, les suburbaines, étaient d'augustes basiliques cimitériales, et plus que toutes auguste et vénérée, la basilique du Vatican ^
Puis viennent les titres ou tituli : on en comptait vingt-cinq au vi^ siècle, et le nombre, qui paraît s'être fixé dès le iv^ siècle, s'élèvera à vingt-huit, mais très tard, au xi*' siècle. Ces titres, dispersés dans l'enceinte de Rome, sont comme des églises paroissiales, des quasi-diocèses, dit le Liber pontificalis : ils assurent le service baptismal, le service pénitentiel et le service des sépultures des fidèles de Rome. Chaque titre a un prêtre à sa tête.
1. Augustin. Epistul. xxix, 10 : « ... de basilica beati apostoli Pétri..., qiiod remotus sit locus ab episcopi conversatione... »
Troisièmement les diaconies. Depuis le iii^ siècle, la ville de Rome est partagée en sept régions ecclésiastiques, ayant chacune un diacre à sa tête. Ces sept diacres n'étaient, à l'origine, attachés à aucune église; ils administraient des sortes de bureaux de charité, et leur compétence s'étendait à la gestion des hospices de pauvres et de pèlerins, à la distribution des aumônes. Plus tard, c'est-à-dire postérieurement au v" siècle et avant la fin du vii% le nombre des régions restant toujours de sept, le nombre des diaconies s'élève graduellement jusqu'à seize, et sous le pape Hadrien il est porté à dix-huit. En même temps chaque diaconie aura une église à elle, qui portera le nom de diaconie.
Enfin les divers sanctuaires des cimetières suburbains constituent un quatrièriie groupe d'églises, dont la desservance appartient au clergé des titres.
Ainsi le clergé romain est partagé en deux clergés : le clergé des titres, le clergé des régions : à ces deux clergés, au moins à dater du iv'^ siècle et jusqu'au viii^, va incomber l'office divin, quitte à ce qu'un jour vienne où l'on fasse appel à un tiers clergé, qui sera le personnel monastique ^ .
1. Voyez, sur cette distribution du clergé romain, le Liber pontificalis (éd. Duchesne), t. I, p. 164 et 364. Mabillon, Musaeum italicum, t. II, p. xi et suiv., et le premier paragraphe des Ordines romani les plus anciens : « Primo omnium observandum est septem esse regiones ecclesiastici ordinis urbis Romae », etc.
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fants y est encore conservé et vénéré comme une relique, aussi bien que son antiphonaire authentique. Par une clause insérée dans l'acte de donation, il régla sous peine d'anathème que ces propriétés seraient réparties entre les deux fractions de la Scola comme récompense du service quotidien ^ » Le Liber pontificalis (sa notice de saint Grégoire est du vu'' siècle) ne dit pas un mot de cette prétendue fondation 2. — On a les décisions d'un concile tenu en 595 à Rome par saint Grégoire, et qu'y lit-on? Que « dans la sainte Eglise romaine, c'est une coutume ancienne et fort répréhensible » de faire chanter les diacres et autres personnes engagées dans le ministère du saint autel ; il s'ensuit que, dans la promotion au diaconat, on se préoccupe souvent moins des cœurs que de la voix; grave abus, auquel on coupera court en intersaint Grégoire était mort. Voyez dans De Rossi, Inscriptiones, t. IL p. 227, le texte de l'itinéraire dit de Salzbourg : « Perge ad porticum Petronellae, gaudensque ascende ad Gregorii lectura patris sancti, in quo spiritum reddidit Deo... Au \iv siècle, on ne parlait pas du lit sur lequel Grégoire se reposait en donnant des leçons de chant un fouet à la main !
1. lOAN. DiAC. II, 6 (P. L. LXXV, 90) : « ... antiphonarium centonem cantorum studiosissimus utiliter compilavit; scolam quoque cantorum, quae hactenus eisdem institutionibus in sancta romana Ecclesia modulatur, constituit; eiquecum nonnullis praediis duo habitacula, scilicet alterum sub gradibus basilicae beati Pétri apostoli, alterum vero sub Latcranensis patriarchii domibus fabricavit, ubi usque hodie lectus eius in quo recubans modulabatur, et flagellum ipsius quo pueris minabatur, veneratione congrua cum authenlico antiphonario reservatur... »
2. Rien dans la Vila anliquissima publiée par dom Gasquet, A Ufe of pope St. Gregory the great (Westminster 1904), composée vers 713 par un moine du monastère de Whitby.
disant aux diacres de chanter, et en les confinant dans le ministère sacré ; quant au chant, il sera exécuté par les sous-diacres, ou, « si la nécessité l'exige », par les ordres mineurs ; « Psalmos çero ac reliquas lectiones censeo per subdiaconos çel si nécessitas fuerit per minores ordines exhiheri^ . » Remarquez bien le s>el si nécessitas fuerit : les psaumes et les leçons (autres que celles de l'Evangile, à la messe) seront dans la sainte Église romaine de droit la partie des sous -diacres, et par exception, ou quand on ne pourra faire autrement, celle des lecteurs. Assurément, il y a dans cette ordonnance de saint Grégoire, non pas en tant qu'elle enlève le chant aux diacres, mais en tant qu'elle l'attribue aux sous-diacres, une disposition singulière, et il ne paraît pas qu'elle ait eu un effet ni plein ni durable : mais il reste que cette ordonnance va contre l'hypothèse de l'institution par saint Grégoire d'un collège de lecteurs ou même de simples chantres. — Que donc le pape saint Grégoire le Grand (à moins que ce ne soit le pape Grégoire III, 731-741) ait doté V Orphanotrophium, et
1. P, L. LXXVII, 1335 (Jaffé, 5 juillet 595) : « In sancta romana Ecclesia..., dudum consuetudo est valde reprehensibilis exorta, ut quidam ad sacri altaris ministerium cantores eligantur, et in diaconatus ordine constituti modulationi vocis inserviant, quos ad praedicationis officium eleemosynarumque studium vacare congruebat. Unde fit plerumque ut ad sacrum ministerium dura blanda vox quaeritur, quaeri congrua vita negligatur, et cantor minister Deum moribus stimuiet, cum populum vocibus détectât. Qua in re praesenti décrète constituo ut in hac sede sacri altaris ministri canlare non debeant, solumque euangelicae lectionis otficium inter missarum solemnia exsolvant. Psalmos vero », etc.
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que Jean Diacre, en 872, ait vu le document de cette dotation, rien n'est plus plausible : le reste des informations de Jean Diacre sur l'origine grégorienne de la Scola représente l'opinion de la seconde moitié du IX® siècle, et cette opinion, nous allons le voir, dépend de l'attribution à saint Grégoire du « chant grégorien ».
Si le souvenir de l'institution par saint Grégoire de la Scola cantorum est une tradition tard précisée, que faut-il penser de la tradition qui attribue à ce pontife la création du texte et de la musique des antiennes et des répons de l'office? — Dom Morin a réuni tous les textes qui font de saint Grégoire l'auteur de cette création ^ Le lecteur sans prévention y peut voir ceci : de même que Vordo de la messe était attribué à saint Grégoire, de même les pièces de chant qui faisaient partie de cet ordo lui étaient attribuées ; l'authenticité du sacramentaire grégorien entraînait celle de l'antiphonaire. Ainsi l'entend Egbert, évêque d'York (732-766), le plus ancien auteur qui témoigne de l'origine grégorienne de l'antiphonaire. Parlant du jeûne des quatre-temps, il écrit : « C'est saint Grégoire qui, dans son antiphonaire et son missel, a désigné la semaine qui suit la Pentecôte comme celle où l'Église d'Angleterre devait l'observer : non seulement nos antiphonaires à nous l'attestent, mais aussi ceux que nous avons con-
1. G. Morin, Les véritables origines du chant grégorien: (Maredsous 1890), p. 7-33. Le mémoire de Dom Morin est une réponse à F. A. Geyaert, Origines du chant liturgique de l'Eglise latine (Gand 1890).
suites avec leurs missels correspondants dans les basiliques des saints apôtres Pierre et Paul : Nostra testantur antiphonaria, sed et ipsa quae cum missalibus suis conspeximus apud apostolorum Pétri et Pauli limina^. » Tant vaut l'authenticité du sacramentaire, tant vaut l'authenticité de l'antiphonaire : or l'on sait quels droits restreints a le sacramentaire à s'appeler grégorien, puisqu'il est partie plus ancien, partie plus récent que saint Grégoire 2. — Mais quand le sacramentaire serait absolument grégorien, et quand l'antiphonaire le serait aussi, nous ne serions pas en droit de dire que la composition des antiennes et des répons de l'office est de saint Grégoire, car dans la langue du viii® siècle, et précisément dans le texte cité d'Egbert d'York, antiphonaire désigne le recueil des pièces notées de la messe, notre Liber gradualis^ et non le recueil des pièces notées de l'office. Et, par là, toute la question de l'origine du recueil des antiennes et répons de l'office reste en dehors de la perspective d'Egbert, et donc pour nous sans solution.
1. Egbert. De instUuiione calh. xvi, 2 {P. L. LXXXIX, 441). MORIN, p. 28.
2. DucHESNE, Origines, p. 117-119 : « Une autre erreur dont il faut se garder, c'est de considérer ce livre [le sacramentaire grégorien] comme l'œuvre de saint Grégoire lui-même... On fera bien de prendre le sacramentaire grégorien comme correspondant à l'état de la liturgie romaine au temps du pape Hadrien « [772-795]. Dom Morin, p. 69 : « Le travail de Grégoire fut [pour le chant grégorien] une œuvre d'organisation et de refonte plutôt que de composition proprement dite... Je crois que le travail opéré sur le sacramentaire nous fournit la plus juste idée de ce qui fut fait pour le chant.'*
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L'opinion qui attribue exclusivement à saint Grégoire la lettre et la note des antiennes et des répons de l'office romain étant écartée \ voici ma thèse : Il était bien plus dans le vrai ce liturgiste anonyme du viii^ siècle, plus ancien par conséquent que Jean Diacre et peut-être qu'Egbert d'York, plus familier aussi, il semble bien, avec les souvenirs et les usages de la basilique Vaticane, quand il attribuait, non pas à un pontife, mais à plusieurs, à saint Léon (-f- 461), au pape Gélase [j- 496), au pape Symmaque (f 514), au pape Jean (-[- 526), au pape Boniface II (f 533), et seulement enfin à saint Grégoire (590-604), la création collective de la cantilène romaine des antiennes et des répons. Encore n'est-ce point entre les mains de saint Grégoire que cette création s'achevait : elle allait se continuer par les soins du pape Martin {f 653), et plus encore par les soins de maîtres obscurs, dont notre liturgiste donne les noms, Catalenus, Maurianus et les autres ^. Sans doute, il ne faut pas prendre
1, Cette conclusion négative n'est pas si nouvelle qu'on a bien voulu dire. Le sage Grancolas disait déjà, voici deux siècles, Comment, p. 93 : « Antiphonarium romanum plerumque s. Gregorio tribuitur, verum id certo affirmare non possumus. » Dom Leglergq, art. « Antiphonaire «, du Dict. arch. chrél. t. I, p. 2443-2461, donne un très érudit exposé de la controverse depuis le xyh" siècle jusqu'à nos jours, et se rallie à ma solution, qu'il qualifie de « solution éclectique, point rigide du tout et assez accommodante pour mettre tout le monde d'accord ».
2. Anonym. Gcrbert. v, 6. Voyez le texte plus loin, p. 177. Dom MoRiN, p. 23 : « Ce fragment si curieux sent plutôt le Yiii* siècle pour le style comme pour le fond : il est évidemment apparenté à VOrdo des monastères bénédictins de Rome publié par D. Martène d'après un ms. de Murbach du
à la lettre toutes les affirmations de ce liturgiste anonyme. Quand il affirme que le pape Damase, avec l'aide de saint Jérôme, introduisit à Rome Vordo psallendi de Jérusalem, il s'inspire des lettres apocryphes attribuées à Damase et à Jérôme que nous avons dénoncées plus haut, et qui, du reste, n'ont pas trait à l'office romain, non plus qu'à la cantilène romaine. Ce qu'il dit du « cantus annalis » institué par saint Léon, par le pape Gélase, par le pape Symmaque même, s'accorde mal avec les textes que nous avons étudiés. Retenons ce seul fait, mais qui est capital, à savoir que notre liturgiste tenait ce « cantus annalis » de l'Église romaine pour une création ancienne, pour une création successive et collective, pour une création dont saint Grégoire n'avait été avec beaucoup d'autres que le collaborateur \
Cette opinion s'accorde avec celle du plus grand
viiie siècle... )) {P. L. LXVI, 998). Et p. 67 : « Ce document est l'œuvre de quelque moine frank du viir siècle, qui est allé examiner de près l'usage et la tradition des monastères romains... Il semble tout particulièrement au fait des traditions qui avaient cours dans les monastères situés près de Saini- Pierre. C'est là apparemment qu'il a dû puiser ces détails trop peu remarqués jusqu'ici sur les divers personnages qui ont élaboré le chant liturgique de Rome. » Baeumer, t. I, p. 320. incline à croire ce document plus ancien. Le dernier pape mentionné est le pape Martin (f 653), aucune allusion au pape Hadrien (772-795). On pourra dater le document de l'entredeux.
1. Coïncidence très frappante, le sentiment de ce liturgiste frank, qui lui a été inspiré par ce qui se disait et se savait dans les monastères de Rome voués au chant liturgique, se raccorde à ce qui se lit dans les prologues en vers qui, plus tard, apparaissent en tête du Liber gradualis de Rome, et dont
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liturgiste de l'école carolingienne, au ix® siècle, celui-ci encore antérieur à Jean Diacre : Amalaire, parlant de l'office romain d'après ce qu'il en a étudié à Rome même, affirme que les répons de l'office romain ont été composés « a magistris sanctae romanae Ecclesiae^ ».
le plus célèbre est celui qu'on attribue au pape Hadrien I"
Gregorius praesul meritis et nominc dignus, ^
unde genus ducit summum conscendit honorem :
qui renovans monumenla patrum ianiorque priorum [?]
munere caelesti fretus ornans sapienter,
composuit scolae canlorum hune rite libellum,
quo reciprocando moduletur carmina Ghristo.
MoRiN, p. 26. L'expression « renovans monumenta patrum » reparaît dans un autre prologue, donné par l'antiphonaire de Saint-Gall :
Ipse patrum monumenta sequens renovavit et auxit. carmina in ofTiciis retinet quae circulus anni.
MoRiN, p. 69. Ainsi au temps d'IIadrien P'- encore on voyait dans le Liber gradualis une œuvre de saint Grégoire et de compositeurs plus anciens. On ne retint bientôt plus que le nom de Grégoire. Puis on attribua au Liber responsalis le même auteur qu'au Liber gradualis.
1. Amalar. De ordine antiphonarii, 43. Amalaire distingue « auclores Lcclionarii et Antiphonarii, ac missalis, enim auctorem credimus esse beatum papam Gregorium ». De eccl. off. IV, 30. Agobard (779-840) connaît l'attribution à saint Grégoire du Liber resp., et il la présente comme l'opinion de « quelques-uns » qu'il ne croit pas devoir endosser. Agorard. De correct, antiphon. 15 : « Verum quia Gregorii praesulis nomen titulus praefati libelli praetendit, et hinc opinione sumpta putant eum quidam a beato Gregorio romano pontifîce et illustrissimo doctore compositum... » Les mots « Gregorii praesulis nomen » trahissent l'influence du prologue Gregorius
Je me résume : le Liber responsalis de Rome est l'œuvre de tradition des maîtres chanteurs de l'Église romaine, il est fixé au vii^-viii'^ siècle, et il n'a été attribué à saint Grégoire qu'à partir du ix*' siècle, par assimilation avec le Liber gradualis grégorien.
« Omni tempore per singidos dies, a primo gallo usque mane, cum omni ordine clericorum, vigilias in ecclesia celebrare^ », telle était la formule de l'usage, que nous avons vu en vigueur à Rome au vi^ siècle. Il n'a été question jusqu'ici que de clercs. Le moment est venu où pour la première fois dans l'histoire de la liturgie romaine, l'influence monastique apparaît.
On sait quel accueil les clercs romains avaient fait à saint Jérôme, le premier prédicateur du monachisme à Rome : saint Jérôme ne s'est pas fait faute de nous l'apprendre, et du même coup de rendre à ses adversaires peau pour peau. On connaît moins telle et telle préface du sacramentaire léonien^, préfaces que l'on croit pouvoir faire remonter au déclin du iv^ siècle, qui, en toute hypothèse, ne sont pas postérieures à la première moitié du vi'', et où des prêtres romains ne craignent pas d'exprimer liturgi-
praesul, et la confusion qui en est née. Walafrid Strabon (807-849) dépend lui aussi du prologue Gregorius praesul. Dom MORIN, p. 14-15.