L OFFICE ROMAIN DU TEMPS DE CHAIILEMAGNE
Actes des apôtres, les épîtres catholiques, l'Apocalypse; — puis, pour l'été, les Rois et les Paralipomènes ; — du commencement de l'automne au 1" décembre, les livres sapientiaux, Job, Tobie, Esther, Judith, Esdras, les Macchabées K
L'usage de lire l'Écriture sainte à la suite de la psalmodie nocturne datait, à Rome, du vn^ siècle, seulement, s'il faut s'en rapporter au témoignage (a. 787) de Théodemar, abbé du mont Cassin ^.
La leçon durait un temps convenable et jusqu'à ce que le président du chœur fît signe au lecteur de s'arrêter. Le lecteur terminait uniformément par la formule Tu autem..., à quoi le chœur répondait Deo gratias^. Les trois leçons du nocturne étaient chacune suivie d'un répons.
Ce serait une inexactitude que d'identifier le répons
1. On comparera la distribution {Onlo canonis decanfandi in ccclesia sancti Pétri) que donne l'Anonyme de Gerbert (dans notre Hist. du Bréviaire, 1'" et 2" édit., p. 339), et celle qu'Amalaire tient de l'archidiacre Théodore (/>e ord. antiph. prolog.).
2. Théodemar. Epistula ad Caroliim regem, P. L. XGV, 1584 : « ... necdum eo tempore in Ecclesia romana, sicut nunc leguntur, sacras Scripturas legi mos fuisse ; sed post aliquod lempus hoc instilutum esse, sive a bealo papa Gregorio, sive ut ab aliis adfirmatur ab Honorio. Qua de re maiores nostri instituerunt ut hic in sacro nostro coenobio, quod iuxta sanctum illius corpus iustitutum est, très cottidianis diebus aestivo in t'^- ^,ore ex Veteri Testamento lectiones in codice legantur, ne a sancta romana Ecclesia discrepare viderentur. » Duemm- LER, {M. G.) Epist. karol. aevi, t. II (1895), p. 510.
3. Mautene, De antiq. Eccles. discipl. p. 33 : « In Turonensi S. Martini basilica qui choro praeerat alta voce claniabat Fac finem, statimque lector parebat. Vidi in majori monasterio vêtus lectionarium in ci; jus leclionum fine legitur Fac finem. »
romain avec le psalmus responsorius de l'ancienne Eglise : nous avons retrouvé ce dernier très exactement dans rinvitatoire, or rien ne ressemble moins à rinvitatoire qu'un répons. Le répons est, en réalité, une sorte de graduel, et l'on sait que le graduel est à Rome la forme la plus ancienne du chant musical ecclésiastique ^ . Il s'est produit ici un déplacement de sens comparable à celui qui s'est produit pour le mot antienne : le graduel de la messe, qui n'était point un psalmus i-esponsorius, fut appelé répons, et Amalaire ne le désigne pas autrement ^. Puis l'usage s'en perdit : on eut le graduel de la messe, on eut le répons de l'office, et l'identité originelle du graduel et du répons finit par ne plus être remarquée. Il se pourrait que le répons, tant à la messe qu'à l'office, fût une création proprement latine, et dans ce sens s'entendrait le texte d'un contemporain de saint Grégoire, saint Isidore de Se ville : « Responsoria ah Italis longo ante tempore sunt reperta'^ ».
Trois éléments composaient le répons : le responsorium proprement dit, le verset, la doxologie. Les répons étaient exécutés de la manière suivante qui était la vieille manière, et, au dire d' Amalaire, la manière propre à Rome. Le préchantre chantait le texte initial du répons [responsorium) en solo, et le chœur après lui le répétait à l'unisson; puis le préchantre chantait le verset, et le chœur répétait le respon-