IsiDOR. De eccl. off. m
l'office rOxMAin du temps de charlemagne. 123
sorium intégralement comme devant. A Rome, des papes modernes, dit Amalaire, avaient donné à chaque répons un Gloria, tandis que la règle de saint Benoît (ch. 9) ne donne de Gloria qu'au troisième et dernier répons. Après la doxologie, le chœur répétait le responsorium ^ .
En passant de Rome en France, le responsoral romain a subi plus d'une mutilation. Amalaire nous apprend que dans sa province, pour abréger, on ne répétait pas le responsorium intégralement, mais on le reprenait i( per latera », c'est-à-dire au milieu, ou au tiers. Il fallait donc avoir des versets qui s'accommodassent à ces rentrées : première cause de remaniements^. Puis à Rome, nombre de répons avaient non pas un verset, mais deux, mais trois, davantage peut-être. Ces versets faisaient corps avec le répons, et n'étaient pas tous, comme le suppose Amalaire des versets de rechange pour les répons qui revenaient plusieurs fois une même semaine. Si
1. De ord. aniiph. prolog. : « ... Altero ordine cantamiis nostros responsorios quam Romani. Illi a capite incipiunt responsorium finito versu : nos versum finilum informamus responsorium per latera eius. » Ici. 1 : « Priscis temporibus non cantabalur Gloria post versum, sed repetebatur responsorius... A modernis aulem apostolicis additus est hymnus [Gloria Palri] post versum. » \yALAFRii). Stra». De reb. eccl. 25 : « Ilunc itaque hymnum [Gloria P.] nonnuUi omnibus pêne psalmis, et interdum incisionibus psalmorum coaptant, responsoriis vero paucioribus, ut illi (pu staluta patris Benedicti in horis sequuntur canonicis. Romani eum in psalmis rarius, in responsoriis crebrius itérant. » L'usage gallican a prévalu sur le romain.
2. Voyez la lettre de Hélisachar à Nidibrius publiée dans .1/. G.) Epistolae harolini aevi, l. III (1899), p. 307 309.
tel est resté le beau répons Aspiciens a longe, si ce répons a trois versets, et si les Romains ont pu dire à Amalaire que c'était « propter honorent magnae festis>itatis », il est vraisemblable que d'autres fêtes n'étaient pas moins honorées. Nous entrevoyons ainsi que le responsoral qui nous est parvenu est bien écourté, appauvri, en comparaison de ce quïl a dû être.
La lettre des répons était coordonnée à l'Ecriture occurrente. On avait les répons prophétiques; on avait les répons tirés de la Genèse; on avait les responsoria Regum, les responsoria de Sapientia, les responsoria de lob, de Tobia, de ludith, de Ilester, de Maccabaeis. Les responsoria de p salmis accompagnaient les leçons du Nouveau Testament. L'ensemble des répons tirés d'un même livre s'appelait Historia ^ .
Sur le troisième répons de la troisième leçon , le nocturne était achevé. Douze psaumes, trois leçons, trois répons constituaient donc le nocturne, tant dominical que férial. Mais, tandis que c'était là tout l'office nocturne férial, à l'office nocturne dominical s'ajoutaient encore six psaumes, six leçons et six répons partagés en deux séances ou nocturnes. Les trois psaumes de la première séance étaient antiphonés comme ceux des vêpres; les trois psaumes de la seconde étaient alleluiatisés, c'est-à-dire qu'ils avaient un alléluia pour toute antienne 2. A chacun de ces