Amalar. De ord. antiph. 53 et suiv
2. De ceci. off. IV, 9 : « Sequentes très psalmi cum anliphona... très novissimi psalmi cum alléluia... Sedetur ad lectionem post psalmos, praecedit versus lectionem. »
l'office romaïn du temps de chahlemagne. 125
deux nocturnes, comme au premier, la psalmodie se terminait par un verset, lequel était suivi de même des leçons. On lisait les saints Pères : « Tractatus sanctorum Hieronymi, Ambrosii, caeierorumque pair um prout or do poscit leguntur », dit l'Anonyme de Gerbert. Cet usage était sûrement antérieur au pape saint Grégoire, qui le mentionne expressément ^ ; saint Benoît le prescrit dans sa règle.
Un exemplaire de la sainte Bible suffisait aux besoins du premier nocturne ; pour les deux autres nocturnes, au contraire, une véritable bibliothèque n'eût pas été de trop. Aussi voyons-nous le pape Zacharie (741-752) faire don à la basilique de Saint-Pierre de tous les manuscrits qu'il possédait pour servir à l'office nocturne des dimanches et des fêtes : « Hic in ecclesia principis apostoloriim omnes codices domui suae proprios qui in circulo anni leguntur ad matutinos armariorum ope ordinaçit'^ . » — En ce même siècle cependant, siècle de codification liturgique, on entreprit de publier des recueils de sermons. De là
1, Gregor. Epistul. XII, 24 : « Die [Marianiano episcopo] ut commenta psalmorum legi ad vigilias faciat. » Benedict. Regul. 9 : « Codices autem leganlur in vigiliis tam Veteris 'J'estamenti qiiam Novi divinae auctoritatis, sed et expositiones carum quae a nominatis doctorum orthodoxis catholicis patribus faclae sunt. » Voyez le précieux lectionnaire vii^-viii^ siècle de Fleury, Orléans ms. 154 {olim 131).
2. /.. P. t. I, p. 432. Cf. t. II, p. 132 et 195. Le ms. Vatican, lat. 3835 et 3836 (viir siècle) est un homiliaire en deux volumes, écrit par un copiste qui signe « Agimundus pbr » et copié pour une église de Rome, la « basilica apostolorum Philippi et lacobi » (Saints-Apôtres). Voyez-en la description dans H. Ehrensberger, Libri liturgici Bibliothecae Apostolicae Vaticanae (Freiburg 1897), p. 148-149.
les homiliaires et sermonnaires, dont on sait s'ils sont nombreux dans nos bibliothèques : Omeliae swe iractatus beatorum Ambrosii, Augustini, Hieronymi, Fulgentii, Leonis, Maximiy Gregorii et aliorum caiholicorum et venerahilium patrum legendae per tolius anni circulum, lisons-nous en tête d'un de ces homiliaires pris au hasard (ms. n° 29 de la bibliothèque de Montpellier, ix" siècle). Quelques-uns de ces recueils ont un nom. Le nom d'Alain, qui fut abbé de Farfa dans la seconde moitié du vin*^ siècle (f 770), est resté attaché à un homiliaire compilé par lui, et dont on a un manuscrit de la fin du viii*^ siècle ^ Autant en avait fait Bède [\ 735) et aussi Alcuin [\ 804) 2. Le nom de Paul Diacre, le plus lettré et le plus renommé des moines du mont Cassin, et l'un des meilleurs érudits de 1' « officine des lettres » de Charlemagne, a fait la fortune d'un autre homiliaire, publié à l'instigation et avec une préface de Charlemagne en personne. Charlemagne avait donné à Paul Diacre la mission « utstudiose catholicorum Patrum dicta percurrens, veluti e latissimls eorum pratis certos quosque flosciilos léger et, et in unum quaeque essent utilia quasi sertum aptaret... » ^. L'homi-
1. Munich, 4564. Baeumer, t. I, p. 410. Voyez le texte de l'homiliaire d'Alain dans P. L. LXXXIX, 1198. Cf. A. Ratti, (( L'omeliario detlo di Carlo Magno e l'omeliario di Alano di Farfa », dans les Rendiconti del R. Istiluto lombardo. '1900. cité dans Baeumer, loc. cit.
2. Dom MORIN, « L'homiliaire d'Alcuin retrouvé » (c'est le ms. lat. 14302, xir* siècle, de la Bibl. ISiâl.), Revue bénédictine, 1892, p. 491-497.