Dq ord. antiph
v^ siècle, sous Xistus III (432-440). Avec Noël, pour la première fois, nous sommes en présence d'un office nocturne, qui n'est ni le dominical, ni le férial : un triple nocturne, neuf psaumes et neuf leçons^. La présence du pape ajoutait l'éclat d'un cérémonial majestueux à celui des psaumes antiphonés^. C'était, une vigile glorieuse, qui méritait d'être ce qu'elle était dès lors, la fête liturgique modèle, dont toutes les autres, Pâques et la Pentecôte mises à part, ne seraient que des répliques^.
1. Ordo de Montpellier, fol. 87 : « In vigilia natalis Domini incipiente nocte mox ingrediuntur ad vigilias, deinde cxpletis psalmis viiii cum lectionibus vel responsuriis seu et inalulinis cum antiphonis ad ipsum diem pertinentibus, expectantes domnum apostolicum modice requiescunt. Adpropinquante vero gallorum cantu, ipso domno apostolico cum episcopis vel reliquis sacerdotibus cum cereis vel multis luminibus procedente, surgentes préparant se qualiter ad missas iugrediantur, et mox ut gallus cantaverit domnus apostolicus cum omnl ordine sacerdotum ad missas ingreditur. »
2. Amalaire {De ord. antiph. 15) note qu'il a trouvé dans l'antiplionaire romain, pour la nuit de Noël, deux offices nocturnes. Le premier était chanté par le pape à Sainte-Marie- Majeure. Le second était ctianté par les clercs à Saint-Pierre. Chacun de ces offices avait ses répons et ses antiennes. Amalaire nous apprend {ih. 19) que l'office de Saint-Pierre a été, en France, attribué à l'octave de Noël, c'est-à-dire à la tète dite de la Circoncision. L'Orrfo de Montpellier (fol. 93) ne connaît qu'un même office pour Noël et l'octave : « Post nativitatem vero Domini usque in ociabas praeler sanctorum festivitatibus psalmi antiphonae responsuria seu lectiones in nocle et in die de ipso Domini nalali sunt canendi. In octabas autem Domini quod est kal. ianuar. ordinem que Domini natale in omnibus observant. »
3. De ord. antiph. 15 : « Sicut per novenarium numerum, qui celebratur in nativitate Domini grattas agimus de Del descensione..., ita per eumdem numerum grattas agimus in festivitatibus sanctorum. »
l'office romain du temps de charlemagne. 139
L'Epiphanie était plus que toute autre une réplique de Noël. La station était ce jour-là à Saint-Pierre; et l'office était, comme le 25 décembre, un office de neuf psaumes et neuf leçons, avec tous ses psaumes antiphonés ^ .
Le carême romain, dès le iv^ siècle, comptait six semaines ; l'usage d'assigner une station à chacun des jours de ces six semaines, de même qu'aux trois dimanches in quinquagesima, in sexagesima, in septuagesima^ n'a pas d'attestation plus ancienne que le VII'' siècle environ^. La Septuagésime, comme un dernier regard jeté sur Bethléhem, était un dimanche de joie, où antiennes et répons retentissaient encore de l'alleluia de NoëH : rubrique qui persista à Rome jusqu'à l'époque d'Alexandre II (1061-1073) '*. Mais, passé la Septuagésime, l'Eglise entrait dans sa tristesse; plus d'alleluia^. Les jeûnes allaient s'y ajouter^. Puis, à partir du dimanche de la Passion, plus même de Gloria Patri aux répons.
1. L'omission de l'invitatoire était un usage frank. « Nostra regio in praesenli ofïicio solita est... omittere... invitatorium. » De ord. antipli. 21.