Benedigt
Tel est le cérémonial d'une statio noctarnalis comme celle qui se célèbre à la fête de saint Pierre. Ces longues et solennelles vigiles nocturnes ne vont pas sans illuminations : il y a deux cent cinquante lampes allumées dans la basilique. Le peuple vient en foule. A certaines fêtes, le sénéchal du palais apostolique doit jeter des poignées de deniers sur les rangs compacts de la foule, pour la disperser et ouvrir ainsi un passage au cortège pontifical ^
Or, et nous reprenons ici la suite de la discussion, ce cérémonial du xii*^ siècle s'applique à un office qui est, dans ses grandes lignes, le même que celui du viii^ siècle, le même pour le nombre des psaumes, des leçons, des répons, le même pour les rubriques de l'incipit et de la conclusion de l'ofTice, le même surtout pour l'absence des éléments que nous verrons être caractéristiques de l'office moderne. Ne sommes-nous pas en droit de conclure à l'identité de l'office basilical du temps d'Amalaire et de l'office pontifical du temps du chanoine Benoît et de Cencius?
Mais à cette identité on fait une grave objection.
Les liturgistes, leur opinion a été embrassée par le pape Pie V ^, les liturgistes sont d'accord pour attribuer au pape Grégoire VII une réforme de l'office romain. Dom Guéranger rend ainsi compte de cette réforme : « Les grandes affaires qui assiégeaient un pape, au xi® siècle, les détails infinis d'administration