Abaelard. Epistul. X
2. Ilist. lut. de la France, t. XIV, p. 218-222. Le texte du Rationale, tel qu'il est imprimé depuis le xvr siècle, et reproduit dans P. L. GGII, 13-166, est sujet à caution. — Il convient de rapprocher du Rationale de Jean Beleth le De ecclesiasticis officiis de Jean d'Avranches {P. L. GXLVII, 27-62). Jean d'Avranches est mort archevêque de Rouen en 1079. Son traité liturgique est dédié à l'archevêque de Rouen Maurille (f 1067), à qui il succéda.
198 HISTOIRE DU BRÉVIAIRE ROaiAlN.
Il décrit roffice pratiqué à Paris vers le milieu du xïi'^ siècle. Ce lui est une occasion de nous apprendre que les clercs de son temps étaient loin d'être aussi exactement fidèles que le devoir l'eût voulu. Sans doute ils n'allaient pas jusqu'à imiter ces prélats et ces clercs du xi^ siècle dont parle la Benedictio Dei, qui s'attardaient la nuit à boire jusqu'au chant du coq et exécutaient l'office nocturne Dieu sait comme, avant de se coucher, et le matin s'acquittaient de l'office diurne en même temps que de leur toilette ^ Ils ne commettaient pas davantage la faute contre laquelle saint Pierre Damien met en garde les clercs du XI*" siècle, tentés de réciter le matin en une fois tout l'office, pour aller ensuite plus librement à leurs affaires séculières^. Mais la tiédeur des contemporains de Jean Beleth n'en était pas moins attristante à son cœur dévot. « Hélas ! écrit-il, la raison d'être du culte divin est à ce point perdue de vue, que les écoliers se lèvent aujourd'hui de meilleure heure que les ministres de l'Église, et que les passereaux chantent plus tôt que les prêtres, tant la charité s'est refroidie dans le cœur des hommes! » Et ailleurs : « Combien en est-il parmi nous qui se lèvent allègrement avec le soleil pour l'office? A ce point, ici, nous ressemblons aux prétendants de Pénélope, nali in medios dormire diesl Et que parlé-je de l'office nocturne? Combien en est-il qui s'acquittent consciencieusement de l'office diurne? Non vraiment,