Petr. Damian. Opuscul, xxxiv
l'oitice moderne. 199
s'il est permis de dire ce qui est, peu, bien peu^ ! » L'office moderne, c'est la première caractéristique qu'on lui reconnaîtra, avait dû s'accommoder à cette paresse des clercs, en s'abrégeant. Au xi*' siècle, nous l'avons vu déjà, on avait voulu ramener l'office nocturne du temps et des saints à ne compter plus que trois psaumes et trois leçons, comme c'était de rt'gle pour la semaine de Pâques et pour la semaine de la Pentecôte. Cette pratique était trop manifestement contraire à toute tradition pour prévaloir : on se rapelle en quels termes Grégoire VII la condamne. Mais si l'on ne touchait point au psautier, on pouvait toucher au lectionnaire, qui était compressible.
L'abréviation de l'office porta donc principalement sur le lectionnaire. Que l'on compare les homiliaires du ix^ siècle, par exemple l'homiliaire de Paul Diacre, aux homiliaires du xi® et du xii^ siècle, et l'on verra la différence de longueur des leçons indiquées à deux siècles de distance pour une même fête^. Un des points de la réforme de Cluny fut d'essayer de rétablir les longues leçons tombées désormais en désuétude : de faire, par exemple, de l'épître aux Romains la matière de six leçons, de lire toute la Genèse au chœur en une semaine. On se défiait de la tendance à abréger les leçons : on ne voulait pas que les plus brèves durassent moins de temps qu'il n'en fallait au frère, chargé d'aller une lanterne à la main s'assurer que personne ne dormait, pour faire le tour du