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CHAPITRE IV

Damase avait chargé Jérôme de ce travail, à l'occasion de la présence de ce dernier au concile de Rome en 382'. Le solitaire de Bethléem s'était rendu à Chypre, sur le désir du pape, en compagnie des évêques Paulin d'Antioche et saint Epiphane de Salamine; à Jérusalem, dans le voisinage immédiat duquel le Stridonite avait établi sa solitude, près de la grotte de la naissance du Sauveur, le grand saint Cyrille était encore évêque, et il venait souvent à Bethléem dans Tannée, comme nous l'avons vu par [Ethéria], pour y célébrer Torfice solennel. Puis nous savons, par saint Jean Chrysostome et par les saints Grégoire de Nysse et de Nazianze, qu'après 382 la l'été romaine de la Nativité fut introduite en Orient; Ethéria rapporte qu'à Jérusalem le développement de la liturgie avait fait de grands progrès.

Quelques années après 382, le chant antiphoné des psaumes et des hymnes fut établi par saint Ambroise, qui assistait au concile de Rome de 382, où se trouvèrent au moins huit évêques^, orientaux, syriens et grecs [Conciliuni multorum episcoporiim). Il est évident que ces évêques , réunis à Rome en grand nombre de toutes les parties de l'univers, de l'Orient et de l'Occident, connaissaient très en détail la liturgie , la pratique de leur pays et de leur diocèse respectif. Ils furent en rapport durant des semaines et des mois, ils célébrèrent les mystères et récitèrent l'office en commun; dès lors, l'occasion s'offrait d'elle-même de comparer entre eux les dilTérents rites et de mettre en parallèle les diverses pratiques. Il devait en résulter tout naturellement des discussions. Parmi toutes les incertitudes et les points controversés qui sont l'objet de discussion dans l'histoire de la litur-

le psautier employé au Bréviaire , était la même que celle de Saint-Pierre de Rome. Ceriani a prouvé qu'il n'en était pas ainsi; le psautier employé dans la liturgie milanaise est une recension provenant de Milan ou des environs et faite vers le milieu du iv^ siècle comme correction de Vllala latine sur la base de l'édition grecque de Lucien (■{- 311). Cf. A. Ceriani, Critica bihlica. Le recensioni dei LXX e la versione latina delta Itala {Rendiconti del Reale Istiliilo Lombardo di Scienze e Lellere, Milano, 1886, sér. II, vol. xix, fasc. 4, p. 206).

1 Hefele, ConcUiencjeschichte , 2^ éd., Freiburg, 1875, t. n, p. 40.

2 Ibid. [Les Actes du célèbre concile de 382 ne nous sont malheureusement pas parvenus , sauf quelques décrets réédités et amplifiés dans la suite par les papes Gélase et Hormisdas. La portion qui remonte à Damase, et dont l'authenticité est hors de doute, a été publiée plusieurs fois, notamment par C. H. Turner, dans le Journal of llieol. stiidies, juillet 1900, t. I, p. 556 sq. Tr.l

gie, ua point reste hors de doute, c'est que la période qui suivit immédiatement se signala dans la production et les réformes liturgiques par une activité très grande.

Quelque tendance qu'il y ait eu auparavant dans ce sens, nous avons ici pour la pi'emière fois, à l'occasion du mouvement qui se produisit à cette époque, la certitude de cette multiplicité et de cette variété presque infinies de compositions liturgiques, qui sont la marque caractéristique des rites occidentaux. Pour qu'il soit permis d'admettre qu'une aussi riche activité créatrice et un mouvement si fécond soient demeurés stationnaires à Rome seulement, il faudrait apporter des preuves positives et non pas seulement des conjectures et des hypothèses. Il est donc tout naturel d'admettre, avec Bianchini ',que dans le concile qui mit en rapport actif les évêques d'Orient et d'Occident, il fut aussi question de liturgie et du chant des psaumes dans les Heures canoniales ; en d'autres termes, la vraisemblance parle en faveur d'une participation active au mouvement et non pour un état stationnaire. Malheureusement les Actes de ce concile ne sont pas venus jusqu'à nous ; par suite, on ne peut rien affirmer de certain. Du reste, nous n'avons pas besoin de supposer qu'on porta des décrets proprement dits, nous ne parlons que de discussions et d'échanges de vues. Mais, selon toute vraisemblance, le canon des saintes Ecritures que mentionne le pape Innocent I*"' dans son épître du 20 janvier 405 à E.xupère de Toulouse^ fut fait dans le concile de 382, tenu sous Damase^, et c'est pourquoi il est indiqué** et publié par les synodes d'Hippone de 393 (canon 36) et de Carthage de 397 (canons 4 et 5).

Que le pape saint Damase ait travaillé sur le terrain de la liturgie (les ariens avaient intercalé dans les prières quelques expressions qui sentaient l'hérésie) à une réforme et à une restauration du Sacramentaire (préface, ancienne prière d'actions de grâces, etc.), c'est ce qui paraît presque hors de doute^, et une expression du canon 21 du concile d'Hippone de 393 :

' Bianchini, notes au Liber pontifie. [P. L., t. cxxviii , col. 85 c et 87, li|î. 23 à 89 d).

- P. L., t. XX, col. 501.

3 Sui- Damase, auteur du décret sur le Canon des saintes Écritures, cf. Thiel, Epistolee Romanor. pontif., Brunsbergae, 1868, p. 454, n. 3.

* Hefele, op, cit., t. ii, p. 59, 66, 67.

5 Cf. Probst, dans Katholik , Mainz, 1S79, p. 488-494.

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