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CHAPITRE V

sept Heures canoniales , Prime sous le nom de secundee Matu-

Chez Arnobe le Jeune (vers 470), on trouve dans l'explication du Psaume cxLvm une note concernant l'office et se rapportant apparemment à la place de ce psaume aux Laudes^. Quelques indications, peu importantes, il est vrai, se trouvent encore dans des écrivains du v« siècle , par exemple dans Sidoine Apollinaire , dans Fauste de Riez et dans Gennade ; mais ces renseij^nements isolés ne nous fournissent aucun nouvel éclaircissement, et souvent ils ne rapportent qu'une coutume locale ou nationale; par suite, il est impossible de faire de ces disiecta memhra un corps homogène et de lui donner la vie^. Sous ce rapport, les recherches entreprises dans les auteurs du vi® siècle récompenseraient mieux nos efforts.

Cassien. — Il en est autrement avec Cassien, et c'est lui qui doit servir de base à nos discussions sur les usages postérieurs de l'Occident, pour ce qui concerne les Heures canoniales. Tout d'abord quelques passages de ces écrits nous éclairent sur le développement que l'office a pris en Occident sous l'influence de l'Orient. C'est ainsi qu'il rapporte qu'en Occident aussi les moines, suivant en cela les usages orientaux, récitaient une

1 Acta. SS. BolL, nov., t. i, p. 802 {die 3 novemhr. S. Hub.). Cf. Vita SS. Iuliani et Basilissœ (du y» siècle, sinon plus tard), t. i, p. 573, 579 (die 9 ianiiar.).

2 Quotidie hiiiiis psalmi tuba per totiim mundum, mox ni cœperit aurora diei inchoare principiiim , universa qiiœ in cœlo et in terra sunt, ad laiidandum et henedicenduni Deiim provocamus (Arnobii iun., Comment, in ps. CXLVIII; P. L., t. LUI, col. 566 c).

3 Sidonius Apollinaris {■{■ 487), Epist., iv, n. 11 (dans l'épitaphe de Claudien), et Epist., v, n. 17, où il dit : Conveneramus ad sancti Iiisti .tepulcriim... processio fuerat anteliicana, solemnitas anniversaria... Cultu peracto Vigiliariim, qiias alternante mulcedine monachi clericique psalmicines concelebraveranl , quisque in diversa secessimus; non procul tamen , utpote ad Tertiam priesto fnturi, cnm sacerdotibus res divina facienda [P. L., t. i.vin, col. 547). — Gennadius (-j- vers 495) parle dans son ouvragée De ecclesiasticis dogmatibiis des obsecrationes sacerdotales, quse ab apostolis traditœ in loto mundo atqiie in omni catholica Ecclesia uniformiter celehrantur; puis il cite les prières qui étaient récitées à la Missa fideliiim (immédiatement après le renvoi des catéchumènes) et à la fin des Laudes et des Vêpres (d'après les Const. apost., S. Jean Chrysostome et Sylvia), de même qu'aujourd'hui le vendredi saint à la Missa Prœsanctificatoriim, pour tous les fidèles et les besoins de toute l'Eglise [De eccl. docjm., c. .\x.\; P. L., t. lviu, col. 987-988).

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prière après chaque psaume; puis il explique comment cette pratique s'interprétait autrement en Gaule : on se prosternait après chaque psaume, et on récitait toutes les prières intermédiaires à genoux*. Les Egyptiens faisaient une courte génuflexion et récitaient les collectes debout. En Gaule, on récitait beaucoup plus de psaumes qu'en Egypte ( dum voliimus excedere modum qui anliquiliis a maionhus statutus est).

Une autre fois, il raconte qu'en Italie dans toutes les églises, à la fin des hi^mni malutinales i Laudes i, on chantait le psaume l', ce qu'il regarde comme une imitation de la pratique orientale^, et qu'on disait les psaumes cxLvin, cl, lxii et lxxxix en Gaule ou en Occident (m hac regione) à Laudes. Prime et Tierce, Sexte, None, naturellement aussi Vêpres, existaient dans son pays, en Occident''. C'était également la coutume qu'en Gaule, à la fin de chaque psaume, alors même qu'il était chanté par un seul, tous les assistants chantassent ensemble le Gloria Patri, etc.^.

On voit, par le chapitre iv du livre IH, qu'en Gaule l'office de nuit se récitait tous les jours, que les Matines ne le suivaient pas immédiatement, mais n'étaient séparées de lui que par un intervalle de quelques instants". A la fin du même chapitre, il dit encore une fois expressément que Prime , établi peu de temps auparavant en Palestine et introduit déjà de son temps en Occident, était emprunté aux monastères palestiniens (Bethléem) : Denique cum hic idem typus de Oriente procedens hucusque fuerit utilissinie propagatus ' . Cependant il trouve blâmable que quelques-uns en Gaule [expletis matutinis hymnis) retournent

1 De inst. cœnob., lib. II, c. vu (Petschenig, loc. cit., p. 23; P. L., loc. cit., col. 91).

2 Ibid., lib. III, c. VI (Petschenig, loc. cit., p. 40 ; P. L., loc. cit., col. 135).

3 S. Basilius, epist. ccvii (P. G., t. .x.xxii, col. 760).

* De inst. cœnob., lib. III, c. ii (Petschenig, loc. cit., p. 34; P. L., loc. cit., col. 112 sq.).

5 Ibid., lib. II, c. VIII (Petschenig, loc. cit., p. 24; P. L., loc. cit., p. 94) : Illud etiam quod in liac provincia vidimus, ut uno cantante in clausula psalmi omnes adstantes concinant , cum clamore Gloria Patri et Filio et Spiritui Sanclu , uncjuam per omnem Orieniem audivimus.

6 Solemnitate matutina, quse expletis nocturnis psalmis et orationibus post modicum temporis inlervallum solet in Galliae monasteriis celebrari, cum quotidianis vigiliis pariter consummala , reliquas horas refectioni corporum deputatas a maioribus nostris invenimus (Petschenig. loc. cit., p. .iS'-SO; P. L., t. XLix, col. 127 \

7 Petschenig, loc. cit., p. 39-40: P. L.. loc. cit., col. 131.

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