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CHAPITRE V

Ce qui accuse l'influence orientale ou de Jérusalem, comme nous le voyons par les passages, cités plus haut, de saint Basile, d'Ethéria et de Gassien.

Pour ce qui est des Laudes , il est simplement dit que le dimanche on les commencerait par un Directaneus (scil. Psalmus) ^ Exaltaho le, Deus meus et Bex meus (ps. cxliv); puis viendraient le psaume Confiiemini ^ le cantique Cantemus Domino^, le psaume Lauda anima mea Dominum (ps. cxlv), les Benedictiones [Benedicite omnia opera^), le Laudate Dominum de cselis (ps. cxlviii, cxlix et cl), le Te Deum laudamus , le Gloria in excelsis et le Capitellum^. D'après Aurélien il y avait encore le psaume lxii [Deus, Deus meus), le psaume xui [Judica me Deus)^ et au lieu du Te Deum on disait le Magnifical. Ici encore se trahit l'influence gréco-orientale.

Les petites Ileui'es et les Vêpres ne sont pas indiquées dans la règle de saint Césaire pour les moines ; mais il serait prématuré d'en conclure qu'on ne récitait pas ces offices dans son monastère. En efîet, dans la règle postérieure pour les religieuses écrite par le même saint évêque et dans celle plus postérieure encore de saint Aurélien, nous trouvons, concernant ces petites Heures, des ordonnances tout à fait dignes d'attention. Pour Tierce, au temps pascal, sont ordonnés douze psaumes et trois leçons, de même pour Sexte et None, puis les hymnes [lam surgit hora tertia, lam sexta sensum solvilur. Ter hora Irina volvilur) et les Capitella. Pour les Vêpres qui, comme aujourd'hui les Vêpres ambrosiennes , comprennent deux offices, le Lucernarium et le Duodecima, on chantait, conformément à l'usage égyptien, douze psaumes, deux leçons et des hymnes {Deus qui certis legibus, qui alternait avec le Deus, creator omnium) ^ mais fréquemment on chantait dix-huit psaumes''; pour les Vigiles : en été dix-huit

qu'il semble, étaient chantés alternativement antiphone et responsorie. Telle est l'ordonnance pour les jours ordinaires. Pour les dimanches, on récitait six leçons (trois pour chaque nocturne"?), dont la première était toujours la leçon de la résurrection.

* Exod., c. XV.

2 Dan., c. III.

3 Sur la sig:nification du Capilellum , cf. p. 230.

* Césaire (Ad virgines] et Aurélien (Ad monachos) ordonnent que le ps. cm {Benedic anima mea Domino) ou une partie de ce psaume {sol cognovit occasum suum, etc.) sera dit à Vêpres. Un sermon de cette

ou dix-neuf psaumes, eu hiver pas moius de trente-six (dix-huit pour chacun des deux nocturnes), avec les Direcianei et les Capilella et deux hymnes ( 0 Rex œleriie Domine et Magna et mirahdia), et des oraisons; à Prime, chaque jour douze psaumes, I hymne Fulgentis auclor œtheris et deux leçons prises dans l'Ancien et le Nouveau Testament. Aurélien parle en outre d'une prière de nuit, d'une espèce de Complies , récitées dans le dortoir, et dont le psaume xc faisait partiel

On voit suffisamment par ce qui précède comment peu à peu le pensum servitutis s'était démesurément accru et comment, non seulement les grands offices, Matines, Laudes et Vêpres, mais aussi les petites Heures avaient été surcharg-ées d'une foule de psaumes, de leçons et de prières, toutes choses qui exigeaient une réforme. Elle fut entreprise par saint Benoît, et sa distribution discrète des psaumes entre les jours de la semaine et les huit offices de chaque jour fut prise comme modèle.

Quelques autres indications de la vie et des discours de saint Gésaire prouvent que la prière des Heures canoniales fut aussi

époque et de cette contrée, dans le Codex Lemovicensis 175, actuellement Parisiniis lut. 2768 A, porte la remarque : Item de eo quod scriptum est : sol cognovit occasum miiim. Psalmus ille , fratres carissimi, qui per omnem mundurn (cela peut signifier : toute la Gaule et au delà) dicitur et in ecclesiis et in monasteriis ad duodecimam horam , ita pœne omnibus hominibus notas est, ut eum ma.rima pars humani generis memoriter teneat. [Dans le numéro de juillet 1899 de la Revue bénédictine, le savant D. G. Morin a apporté un correctif à cette note. Nous nous plaisons à la transcrire ici : h En parlant de ce texte inédit que je m'étais plu à lui communiquer, mon confrère D. Baumer a fait justement ressortir Texa- ;,'eration dont ces paroles sont empreintes. Il eût été néanmoins à propos de signaler une coïncidence singulière qui justifie jusqu'à un certain point l'assertion de Gésaire. Aujourd'hui encore, chez les Grecs, l'office du soir, ou Hesperinos, commence par le chant du ps. cm, lequel est suivi de la reprise des versets 19 et 24 : '0 ri).!^; è'yvti) xriv ôûenv aûtoO y., t. X. et de la doxologie. Dans notre Bréviaire monastique, aux Vêpres du dimanche, on retrouve comme répons bref ce même verset 24 : Quant magnificata ■sunt opéra tua Domine! omnia in sapientia fecisti. Dans les mss., il est parfois précédé des mots : usque ad Vesperam, du verset 23; notamment dans le Collectaneum de Leofric; Brit. Mus., ms. Harl. 2961, fol. 55; et dans les fragments d'anciens Antiphonaires réunis dans les œuvres de Tommasi, t. IV, p. 346. L'office mozarabe a conservé de nombreuses traces du même usage : cf. P. L., t. lxxxvi, col. 314 a, 322 d, 328 c, 348 b, etc. Tout cela semble indiquer une tradition ancienne et plus largement répandue que ne l'avait peut-être soupçonné notre regretté confrère. » D. Morin. Tr.]

' Gf. S. Basile, p. 115 sq.

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