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CHAPITRE V

Le quatrième concile crOrléans en 541 , auquel assislaienl environ cinquante évêques de toutes les parties de la Gaule, du nord, du sud et de Touest (Aix, Troyes, Paris), ordonna que la fête de Pâques serait annoncée au peuple chaque année dans l'Église, par Tévêque, au jour de l'Epiphanie. On ne devait jeûner que quarante jours, et non pendant le temps de la Quinquaiiésime ou de la Sexagésime (coutume créée par l'abandon du jeûne le samedi, en Orient), mais seulement durant le temps quadragésimal proprement dit. On se trouvait ainsi en conformité avec la pratique de Rome^ , mais cela montre aussi que la Sexagésime régnait au vi^ siècle en Occident.

Le synode de Braga (d'après Hardouin en 561, d'après Hefele seulement le l*^"" mai 563), le même qui établit la lettre du pape Vigile à l'évêque de Braga, Profuturus (ou Euthérius), comme règle pour l'Espagne et le Portugal^, porta plusieurs

qnia non solum in sede apostolica, sed etiam per toiam Orientem et totam Africam vel Italiam propter hsereticorum astutiam, qui Dei ftliiim non semper cum pâtre fuisse, sed a tempore fuisse blasphémant, in omnibus clausulis post Gloriam Sicut erat in principio, dicatur, etiam et nos in universis ecclesiis nostris hoc ita dicendum esse decrevemus (cf. Hefele, op. cit., p. 740-742).

1 Le quatrième concile d'Orléans prescrit : Can. 1 : Pascha secundum laterculnm Victori ab omnibus sacerdotibus uno tempore celebretur; quse festivitas annis singuUs epyfaniorum die in ecclesia populis nuntietur. — Can. 2 : Quadragesima ab omnibus ecclesiis sequaliter teneatur, neque Quinquagesimum aut Sexagesimum ante pascha quilibet sacerdos prsesumat indicere ; sed neque per Sabbata absque infirmitate quisquis absolvat quadragesimale ieiunium, nisi tantum die Dominico prandeat, etc. {Monum. Germ., loc. cit., p. 87; Hardouin, foc. c(ï., col. 1436; Hefele, op. cit., p. 780).

* Relecta est auctoritas sedis apostolicœ ad quondam Profuturum directa episcopum. — Placuit, ut eodem ordine Missse celebrentur ab omnibus, quem Profuturus quondam huius Metropolitanse Ecclesiœ episcopus ab ipsa apostolicse sedis auctoritate accepil scriptum (c. iv [Hardouin, loc. cit., t. m, col. 350] : cf. can. 5 [Ibid., p. 351; Hefele, op. cit., t. m, p. 18]). Dans cette lettre du pape Vigile (Hardouin, loc. cit., t. ii, col. 1430-1432), il était ordonné que le Gloria Patri, après les psaumes, ne pourrait être changé par la suppression d'un et après Filio, et que VOrdo precum (c'està-dire le canon) ne serait changé in celebritate Missarum nullo tempore nulla in festivitate ; on ajouterait seulement quelques petites prières à Pâques, à l'Ascension, à la Pentecôte, à l'Epiphanie et à une grande fête de saint, prières qui auraient pour objet le mystère de la fête : Singula capitula diebus apta subiungimus, quibus commemorationem sanctœ solemnitatis aut eorum facimus quorum natalitia celebramus ; cetera vero ordine consueto prosequimur. Quapropter et ipsius Canonicse précis textum direximus supra dictum, quem Deo propitio ex apostolica tradi-

canons relatifs à la litury^ie en général et d'autres pour l'office des Heures, et il signale les tendances universelles à cette époque à l'unité liturgique. L'on observera partout le même ordre de la psalmodie, soit pour les Matines, soit pour les Vêpres, sans y mêler les coutumes des monastères. Et par là il était reconnu que les moines pouvaient et devaient suivre un rite différent de la psalmodie des autres églises (cathédrales ou églises paroissiales). Aux messes et aux ^'igiles des jours solennels [solemnium dierum, y compris les dimanches), on récitera partout, c'est-à-dire dans toutes les églises de la province ou du pays, les mêmes leçons; les évêques, pour le salut liturgique, n'emploieront point d'autre formule que les prêtres, mais tous diront: Dominus sit vohiscum, comme on lit au livre de Rulh (il, 4), et le peuple répondra : Et cum spiritu tuo, selon la pratique de tout l'Orient, fondée sur la tradition apostolique, et non pas à la manière des Priscillianistes. On ne chantera dans l'église aucune poésie , hors les psaumes et les saintes Écritures de l'Ancien et du Nouveau Testament, comme l'ordonnent les saints canons. Ceci est une erreur; car le concile de Laodicée seul l'ordonne, tandis que partout ailleurs le contraire a lieu. Le canon est une nouveauté, mais c'était peut-être chose locale et temporaire en Espagne, rendue nécessaire par les Priscillianistes, qui, comme ailleurs d'autres hérétiques, cherchaient à faire pénétrer leur poison dans le service divin par le moyen de compositions poétiques. Les sous-diacres seuls, et non pas les lecteurs, peuvent porter les vases sacrés. Les lecteurs ne porteront point d'habits séculiers quand ils chantent dans l'église^.

tione suscepimus. El ut caritas tua cognoscat, quitus locis aliqua festivitatibus apta connectes, Paschalis diei preces similiter adiecimus {Dat. Kalendis Martii, Wilisario et Joanne, viris clarissimis, consulihus [Hardouin, hoc. cit., col. 1432]).

1 Unus atque idem psallendi ordo in matutinis vel vespertinis officiis teneatur; et non diversœ ac privatse , neque monasteriorum consueludines cum ecclesiastica régula sint permixtae (can. 1). Il s'agit ici d'une régula ecclesiastica pour Laudes et Vêpres. — Per solemnium dierum Vigilias et Missas, omnes easdem et non diversas lectiones in ecclesia legani (can. 2). — Non aliter episcopi aliter preshyteri salutant. Sed sicut in lihro Ruth legitur... (can. 3). — Extra psalmos vel canonicarum scripturarum novi et veteris testamenti, nihil poelice compositum , in ecclesia psallatur, sicut et sancti prœcipiunt canones (can. 12 [Hardouin, loc. cit., t. m, col. 350-351]).

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