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CHAPITRE V

Grancolas et ïhomassin sefîorcent de prouver' que déjà, à cette époque, les prêtres et les suhiacentes clen'ci étaient tenus à la récitation privée de l'office, s'ils ne pouvaient assister à la célébration solennelle à l'église. On n'était alors dispensé que des leçons, car on ne pouvait porter sur soi les gros manuscrits des saintes Ecritures ou des homélies des Pères, tandis qu'on pouvait dire par cœur les psaumes, les hymnes et les prières plus courtes.

Nicetius de Trêves. — Le saint évêque de Ti'èves Nicetius, qui mourut en 566, écrivit deux traités liturgiques : un petit livre. De Vigiliis servornm Dei, et un autre. De psahuocliie hono^. On a disputé à saint Nicetius la paternité de ces ouvrages; ils appartiendraient dans tous les cas à cette époque et sont les œuvres d'un prélat qui vivait dans ce pays. Ils sont en réalité pauvres en particularités précises ; ce sont plutôt des exhortations à fréquenter avec zèle les Vigiles (et par ce mot on doit entendre non seulement les Vêpres, mais aussi l'office de nuit) et des encouragements aux moines, à ce qu'il semble, relativement à l'obligation de la psalmodie. On peut aussi conclure des paroles de l'évêque qu'à l'office du matin on disait les Cantica Moi/sis, Annse, Isaise, Habacac, leremiœ (peut-être devrait-on lire Ezechiee^) ^ Ioji,v et trium puerorum.

* Grancolas, Commentarius hisloricus in romanum Brevinriiim , Venetiis, 1734, lib. I, c. xxxii; Thomassin, Vêtus et nov. Eccl. discipl., lib. II, c. Lxx, Lxxi sq. Ils s'appuient sur saint Jérôme. Nous avons un témoignage plus certain dans la règle de saint Benoît, vers 530, qui prescrit, au ch. l, que ceux qui travaillent en dehors du monastère ou qui sont en voyage agant ibidem opus Dei, à l'heure prescrite, et ul passant, agant ihi (Ruinart, In prsef. ad 0pp. S. Gregor. Turon.; P. L., t. lxxi, col. 36-40).

2 P. L., t. Lxvui, col. 365-376. [Cf. dom Morin , Le De Psalmodise bono de l'évêque saint Niceta, rédaction primitive d'après le ms. Vatic. Ô7-29, dans Revue bénédictine, t. xiv, 1897, p. 385-397. L'auteur de ce traité est Niceta, évêque de Remesiana. Tr.]

3 Et ne vespertinas tanlum lioras noctes sestimes appellatas , occurrit et dicit : « Media nocte surgebam » (Nicetius, De vigiliis serv. Dei, c. m). Hic cum David Domino confitemur quoniam bonus, cum Moyse potentiam Domini magnis illis caniicis (Exod., xv, et Deut., xxxn) personamas ; cum Anna, quse Ecclesise speciem gerit, olini sterilis nunc fecunda, in Dei laude corde confîrmamur ; cum Isaia..., cum Habacuc, cum leremia, cum lona sanctissimis valibus orando cantamus; cum tribus seque pueris . quasi in fornace positi, convocata omni creatura , Creatori omnium benedicenles psallemus (Nicetius, De psalmodiée bono, c. m; P. L., t. lxvhi, col. 373). UOratio lonse (c. ii, vers. 3-10) se ti'ouve dans plusieurs anciens psautiers comme canticum. Quid in psalmis non invenies ad utilitatem et ad œdificationem, ad consolationem humani generis... Psalmus tristes

Saint Grégoire de Tours et saint Perpétue. — Nous trouvons quelques renseignements sur la liturgie du vi^ siècle dans les ouvrages de saint Grégoire de Tours ( -j- 594) ^ Il y avait des \'igiles pour la Noël, pour Pâques (où on célébrait également la Messe durant la nuit), pour les grandes fêtes de saints, telles par exemple que celle de saint Martin à Tours ^.

Saint Perpétue ( -j- 490), évoque de Tours, d'après VHisloria Francoriim "*, rendit des ordonnances pour l'observation des jeûnes et pour la célébration des A'igiles, ordonnances qui avaient force de loi encore au temps de saint Grégoire, c'est-à-dire durant tout le vi^ siècle, et plus tard encore.

La discipline du jeûne est sans importance pour notre sujet, mais les Vigiles méritent au contraire une particulière attention. Elles étaient observées à Tours à la façon des stations, comme nous en avons parlé d'après du Molinet (p. 108) : 1° pour la Noël , elles avaient lieu à la cathédrale ; 2» pour la fête de saint Jean TEvangéliste, dans la basilique de Saint-Martin ; 3^ pour la fête de la Chaire de saint Pierre [Natale sancti Pefri episcopaius) , dans la basilique du prince des Apôtres ; 4» le 27 mars ( sexto Kalendas Aprilis Resurrectione Domini nos tri Jesu Christi) , dans la basilique de saint Martin; 5<> pour Pâques, dans la cathédrale [Pascha in ecclesia) ; G" pour l'Ascension, dans la basilique de Saint-Martin ; 7° pour la Pentecôte,

consolatur, Isetos tempérai, iraios miligal, pauperes recréât, divites ul se agnoscanl adinonet et ne siiperbiant increpat, omnibus se suscipientibus aptam medicinam co ilribuit psalmus; nec peccalores despicit, et quod his omnibus est excellenlius, Chrisli sacramentum canlat. Quid hac utilitate commodius , quid hac delectatione iucundius , quia et psalmis delectamur, et oralionibus iiric/amur et interpositis lectionihus pascimur. Oratio ipsa fil pinguior, dum mens recenli leclione saginatur, et currit per imagines divinarum rerum quas nuper audivit (P. L., loc. cit., col. 374, 375).

1 Lib. II Miraculorum, De miraculis S. Iuliani , c. xx (P. L., t. lxxi, col. 813), éd. Kruscli, dans Monum. German. scriptores rer. Meroving., 1. 1, ediderunt Wailz, Arndt et Krusch, Ilannoverae, 1885, 1. 1, p. 573.

2 De miraculis S. Martini, lib. III, c. xvi (P. L., t. lxxi, col. 975; Monum. German., t. i, p. 636); Ilistoria Francorum, lib. II, c. xxxiv (P. L., loc. cit., col. 232; Monum. German., t. i, p. 98, lig. 1); ibid., lib. V, c. xxiv (P. L., loc. cit., col. 571; Monum. German., t. i, p. 219, lig. 15); ibid., lib, X, c. XXXI, n. 19 (P. L., toc. cit., col. 571; Monum. German., t. i, p. 4i8, lig. 15); De mirac. S. lut., lib. II, c. xxiv (P. L., loc. cit., col. 816; Monum. German., t. i, p. 575, lig. 5).

' Lib. X, c. XXXI (P. L., loc. cit., col. 566 Monum. German., 1. 1, p. 445, lig. 10).

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