CHAPITRE VI
pace populoruin et regiuUy pro iter facienlihiis, etc.), alternent avec des versets tirés des psaumes, conformément à la prescription : Ciini vcrsiculorum augmenlo , que nous font connaître la Règle de saint Colomhan et antérieurement les Conslilalions apostoliques. Du reste, des collectes sont ajoutées à chaque heure et en partie à chaque psaume et aux cantiques, et de plus il y en a quelques-unes pour des besoins particuliers. Ces oraisons, d'après leur titre : Post Benedictioneni [Benedicite] , Post « Cantemus Domino », Post « Laudate piieri Doniinuni », Post très Psalnios [Laudate, etc.) et d'autres semblables, portaient le nom d'un psaume ou étaient rangées en groupes de psaumes; c'était, nous l'avons vu d'après le texte de Gassien, l'habitude des Egyptiens. Parmi les hymnes, on en trouve de composées sur les saints irlandais, comme Gompill, Camelacus, Patricius; une in natale Martyrum : Sacralissinii Martyres sunimi Dei, hellatores fortissimi Christi, etc. (fol. 12); puis une hyninus apostoloruni : Precamur Patrein regem (fol. 4) et une imnum sancti Hilari de Christo, qui commence ainsi : Hymnum dical lurha frafruni Ininuni cantus personent. Elle était déjà connue par Bède , ainsi que Yhymnus quando commonicarent sacerdotes : Sancti venite , Christi corpus sumite (fol. 10), qui doit être chantée durant la distribution de la sainte communion à la Messe. Il y a encore deux autres hymnes pour l'office de nuit, le dimanche. Cf. la prescription qui se trouve dans la règle de saint Aurélien : Omni dominica... post Terliam vero Pater nosler dicile, et psallendo omnes communicate. Sic et in festivitatihus facile^. L'hymne ambrosienne bien connue : Médise noctis tempus est, prophetica vox admonet (fol. 11 ), est notée comme hymne de minuit; et comme hymne de Matines, on a : Spriritus divinse lucis gloriœ'^ (fol. 13).
Une hymne mérite une mention particulière, c'est celle-ci: Quandocœria henedicitur [M. Il) -.Igniscreatorigneus, — Lumen donator luminis — Vitaque vitœ conditor , — Dator salutis et salus, — IVe tioctis huius gaudia — ^^'^«^ lucernadeseraf, — Qui hominem nonvis mori, — Da nostro lumen pecturi, — Ex -^gypto migrantihus — Indulges geminam gratiam. — Xubis vela-
' Holstenius, loc. cit., t. ii, p. 68. 2 Voyez la note à la fin du chapitre.
Brév., t. I. 16
meii exliilcf!, — Noctiirniiin liiincn /xirrer/is, etc. loi. 11). Une prière { Collecta ou Anliphonn) lui correspond : fid cerenm henedice {-re ou -ndam) (fol. 36) : In iiocle lu fuisli columiin i(/iiis Domine... in isla nocte sculo fidei défendus nos ulnon time/innisa timoré noclurno, qui régnas in siecula. ( )ubicn puvhenedictio cerei on doit entendre la bénédiclion du cierge pascal dans la nuil du samedi saint, ce quindiqueraienl les e.vpressions huius noclis et l'allusion à Fh^j^yple ; ou bien encore VAscensio sive henediclio lucerme au commencement des N'èpres : Lucernnrium (cf. Prudentius : Invenlor rutili dux hone luminis [ Cathem. 5 ]). Dans ce dernier cas, les Irlandais auraient eu le Lucernarium avant les Vêpres, lel qu'il était dans les rites ambrosien et mozarabe, et dont il est question dans la Régula sancti Aureliani citée plus haut : Ad lucernarium omni fempore et feslis et r/uotidianis diehus imprimis directaneus, postea aniiphonie dux , fertia semper cum Alléluia dicalur. Ili/mnus una die u Deux qui certis legihus », alia die «. Deus, creator omnium » et capitellum. Ad duodecimam (^^êpres) psalmos decem et octo , antiphonam et hqninum et leclionem et capitellum^.
Saint Benoit. — La rèf,de de saint Benoît nous donne la première exposition complète et détaillée de l'oftice canonique des cinq ou six premiers siècles. Saint Benoît n'avait en vue que Toflice monastique ou le rite pour la psalmodie des moines de son monastère; dans sa profonde humilité il ajoutait, à la fin de ses ordonnances relatives à roITice, qu'il ne prétendait imposer sa manière de voir à personne et qu'il laissait à l'abbé ou au prieur toute latitude pour la modifier, s'il trouvait quelque chose de meilleur. Mais la postérité l'a mieux jug^ée. L'ordonnance établie par saint Benoît était si excellente, que l'Eg^lise lui a donné sa complète approbation et que l'I'^glise romaine a disposé l'ordre de sa propre psalmodie et de ses heures d'après les prescriptions du saint. Ce dernier point est admis par les liturg-istes et par les historiens^.
1 Holstenius, loc. cil., t. ii , p. 67.
2 Qu'il suffise de citer Duchesne, qui écrit [Origines du culte chrétien, Paris, 1889, p. -436-437) : Quant à l"ori;anisalion précise de ces offices
canoniques de jour et de nuit), quant à la distribution des psaumes, antiphones ou répons, des prières litaniques ou collectives, des lectures même, entre les heures de l'office et le temps de l'année, on varia beaucoup d'une Éïlise à l'autre... Les conciles provinciaux s'efforcèrent de régler les détails