‹ Histoire du bréviaireChapitre 124 sur 224 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

leur couche pour la prière'. D'après d'autres coniiiicntateurs, le saint veut indiquer ici, au début du jour, que la vie ou la journée du moine est une lutte spirituelle. Saint Benoit ajoute ensuite une solennelle invitation et exhortation à louer Dieu, en faisant chanter le psaume xciv [Venile, exuUemus Domino) avec de belles antiennes. Quelques litur<^istes croient que ce psaume appartenait déjà à l'office romain, mais seulement aux jours de dimanches et de fêtes, quand le peuple assitait à l'office de nuit. — [On rapporte la même chose d'Alexandrie et de l'Orient^.) — Benoît l'aurait étendu à tous les jours de la semaine. Mais la façon dont s'exprime le saint léjj^islaleur permet de supposer qu'il l'introduit comme une nouveauté dans l'office de nuit^. Nous ne possédons aucun renseignement sur la composition de l'office romain noctuinie à cette époque, qui nous permette de contrôler plus exactement ce fait. A l'invitatoire fait suite une hymne, appelée amhrosi.inum.

Puis suivent pour les jours sur semaine douze psaumes, qui sont divisés en deux nocturnes de six psaumes chacun. En hiver, entre le premier et le deuxième nocturne, on dit trois leçons tirées des saintes Ecritures avec de grands répons; en été, propter hrevilatem noclium, seulement une leçon tirée de l'Ancien Testament et des répons brefs. A la tin du deuxième nocturne, un capitule et les prièi'es finales accoutumées avec la collecte, comme aux petites Heures. Les jours de dimanches et de fêtes le pensum des Matines sera plus considérable. Toutefois, pour ne pas excéder le nombre de douze psaumes (abstraction faite des psaumes m et xcivde l'introduction), que les Egyptiens tenaient pour sacré, fons et principium totiiis monasd'cœ disciplina, on n'ajoutera pas de psaumes, mais l'addition consistera dans un accroissement de leçons et d'autres prières. Le nombre des leçons pour chacun des deux premiers nocturnes sera porté à quatre, et il y aura un troisième nocturne formé de trois can-

* Ideo tertius psalmiis quia de soinni surreclione dicil (llildemar, loc. cit., p. 280). Ahsque eviç/ilatione nostra resurreclionem Domini monstrul, ac per hœc nos<ra;)i ( Anialar, loc. cit.. in siippl.).

2 Notre article Invilatoriuiu , dans Wetzer et Weltes, Kirchenlexicon , 2« édit., t. VI, p. 863-867, donne c[uelques détails à ce sujet.

3 Post hune psalmns nonar/esiuins cinarliis ciim anliphona aut cerle decanlandus (c. ix). Qtieni propler hoc onininn siihtrahendo et morose volumus dici, scil. ut ad ipsnm omnes po.^sint in chortini occurrere c. xt.iii).

tiques des prophètes et de quatre autres leçons. On ajoutera encore le Te Deiim et la lecture de ri<]vanf;-ile faite par l'abbé, riiymne Te decet laiis , que nousconnaissonspar les Consliliilions apostoliques, et une oralio ou Lenediclio. Les leçons du premier nocturne sont empruntées à la sainte Ecriture, in codice, et régulièrement à l'Ancien Testament ; celles du deuxième nocturne é<,'^alementàla sainte Ecriture, ou aux commentaires, homélies et sermons des Pères orthodoxes, nominafissimi el orlhodoxi calholici</iiePa(res /cellesdu troisième nocturne, auNouveauTestament, aux Actes, aux Epîtres apostoliques ou à l'Apocalypse de saint Jean. L'Evangile, que labbé doit réciter lui-même, et pendant la lecture duquel tous se tiennent debout (ciini honore et tremore, et à la fin duquel, comme témoignage de leur foi ou comme expression de leur déférence envers le saint Evangile, tous répondent amen), n'est pas désigné plus explicitement ; mais il est bien permis de supposer que saint Benoît avait en vue la péricope des jours de dimanches ou de fêtes, usitée déjà à cette époque dans son pays, et telle qu'elle était chantée à la sainte Messe. En été, il n'y a pas de grande leçon à Matines; c'est pourquoi les lectures privées durant le jour el celle qui est faite en commun avant Complies sont j)lus longues*.

Les psaumes sont chantés avec antiennes ou Alléluia; on ne dit jilus Alléluia pendant le carême (la Septuagésime n'existait pas encore;. Pour les autres Heures et pour le temps pascal nous trouvons, en ce qui concerne les antiennes et les répons, la même ordonnance qu'aujourd'hui^. Les psaumes qui sont récités pendant les sept nuits de la semaine sont les psaumes compris entre le xx*' et le cvnic, à l'exception de quelques-uns employés à Laudes et à Complies (xc).

Les Laudes [Matutime) ont tous les jours d'abord \\\\ psalnuis (lirecfaneus, psaume lxvi, puis le psaume i. et deux autres variant selon le jour de la semaine, cxvu et lxii, v et xxxv, xui et lvi, lxui et i.xiv, Lxxxvn et lxxxix, i-xxv et xci; le samedi, le cxui et une partie •lu Canticum Deulcronomii . Puis suit un des sept cantiques de l'Ancien Testament attribués par l'Eglise romaine à chacun des jours de la semaine. Tous ces psaumes contiennent un ou

1 jÏ). Regul., c. x, xlm , xlviii.

2 Ibid., c. XV. Cf. c. IX, X, xi.

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