SUR LA PREMIÈRE PÉRIODE
En terminant cette première période, revoyons une fois encore brièvement quel développement avait déjà pris à la fin du vie siècle Tannée ecclésiastique ou le cycle des fêtes chrétiennes, quelle influence elle avait eue sur l'office des Heures et comment elle avait enrichi ce dernier; puis nous reviendrons sur quelques canons de conciles qui dans leurs prescriptions liturgiques avaient en vue le rite mozarabe et le rite gallican, tous deux presque identiques, du moins quant aux ordonnances concernant la célébration de la Messe. La période suivante sera spécialement consacrée au développement du rite romain.
Noël. — Nous avons à mentionner comme fêtes du Seigneur : la Noël ou fête de la naissance du Christ, au "25 décembre. Comme nous l'avons déjà dit, elle fut introduite à Rome au commencement du iV- siècle. Que le mystère du jour ait été célébré dès le vi^ siècle dans les oraisons des Matines, des Laudes et des Vêpres ; qu'il ait trouvé place dans l'office et qu'il l'ait influencé, c'est ce qui ressort en particulier du /Ïo/h/h^, ou Opistografo de Ravenne, qui se trouve en la possession du prince Antonio Pio de Savoie et qui contient des prières manuscrites du ve, du ix^ et du x"? siècle. Parmi les plus anciennes, on trouve environ quarante oraisons pour l'Avent ; par exemple : Exaudi preces popiili tui , omnipotens Deus : et radianie de cxlo iustitia, omnis (erra germinet Iseiitiam, ut [in] Filiiiiii, Redemptoris miindi, adventum (sic) qiiœsumiis desiderantes anijnse nostne henedictione pinguissima repteantur. Quelques-unes de ces oraisons se disent encore aujourd'hui dans le rite ambro-
sien aux Laudes et aux Vêpres du v« dimanche de lAvent; d'autres se trouvent dans le Sacramentaire léonien, dans le gélasien. Dans un autre fragment inédit de VAmhrosiana à Milan, qui est une suite du Bolulus , et qui ne parut qu'après la publication de Gériani*, on trouve parmi d'autres l'oraison suivante : la Vixfiliis Nalalis Domini [le titre est écrit en rouge) : Deus, qui velatus corporeo iacis in tegmine, et revelalus inlacta claustra relinques in Virgine : procède iam, qusesumus, salus mundi , redemptor humani generis, ut geminam gloriœ tuse suhslantiam adorantes, unius te maiestatis Deum integritate fidei conlaudemus. Qui vivit (sic) et régnas, Deus. Puis le fragment : Nostri Salvatoris [cuna)bula cura umnis (hymnis) et laudihus solemniter adorare. Elle appartient sans doute à l'office des Heures. Un discours de saint Grégoire de Nysse au sujet de son frère saint Basile, et prononcé le le"" janvier 380 ou 382, renferme une indication importante sur les fêtes qui suivent immédiatement la NoëP.
1 A. Ceriani , Il rololo opistografo , estratlo del Archivio Storico Lomhardo , anno xi, fasc. I, marzo 1884. On peut aussi prouver l'existence d'une célébration de l'Avent au vi« siècle par les discours et les écrits de saint Césaire d'Arles. Nous n'entrons pas ici dans les détails, parce que le Père G. Morin de Maredsous prépare une édition critique de ses œuvres, où la liturgie du vi« siècle sera étudiée avec un soin particulier.
2 II se trouve dans P. G., t. xlvi, col. '88 sq., et contient au début de l'introduction ce qui suit : Ka).r|V ÈnéâYjxev à 0£oç triv tôIiv Taîî âTrjsîot; TaÛTai; ■r^\L^•)^/ èopraî? , a; 6iâ tivo; XETaYfiév/i; àxo).oy6ta; xaxà xà; riLiÉpac xKÛxaç rfii] x£ rjyâyo(jL£v, xa^t TiâXiv ayoîiev. 'H 6è xâ^t; x. x. X. — Bonura imposuit Deus ordinem anniversariis his nostris feriis, quas per ordinatam quaiulam vicissitudinem et seriem his diebus et iam celebravimus el rursus celebramus. Ordo autem nobis spiritualium. celebritatam atque conveiituum is est, qnœ magnus etiam Paulus docuit, superne atque cœlitus eiusmodi rerum cognitionem adeptus. Ail enini ille, in primis quidem apostolos et propfielas constitutos el ordinalos esse, post illos vero pastores el doctores (I Cor., xii , 28). Convenit igitur ordo solemnium conventuum et celebritatum cum apostolica hac ordinatione. Sed primam celebritatem una cum aliis non numéro (c'est la Nativité, 25 décembre, qu'il appelle 6£o;pave{a xoO [xovoy£vo'Jî 0£oC : 'H yàp lii\ vq ôeocpavEta xoO [lovoYEvoOç YtoO -/âpi;, tj 6tà xric àx IlapôÉvou Y£vvT|(T£a);). Nam quœ propter dioinam unigenili Filii apparitionem, per partnm Virginis a mundo festivitas inslituta est, ea non simpliciter sancla celebritas est, sed sancta sanclarum, et celebritas celebritalum ( TravriyMpiç TravYjyypEfov). Igitur eas, quœ liane consequuntur , numeremus. Primum nobis aposloli el proplietae .spintuitlis ca'lns iniliuni fecernnf. f'trnqve euim prorsus circa eosdem