CHAPITRE VII
Comme la fête de Noël fut introduite pour la première fois à Rome au commencement ou au milieu du iv^ siècle et pour la première fois en Orient après le milieu de ce même siècle, la disposition des fêles de saints, réglées parla fête de la naissance du Christ au 25 décembre, ne remonte pas au delà du milieu du iv^ siècle, ainsi, entre 350 et 380 ; très vraisemblablement elle a été faite à Rome et adoptée ensuite par l'Orient : 25 décembre, naissance du Christ; 26 décembre, sancius Stephanus , protomartyr et Apost.; 27 décembre, sancius Petrus, princeps Apostolorum; 28 décembre, sanctus Jacohus Apostolus ; 29 décembre, sanctus Joannes Apostolus; 30 décembre, sanctus Paulus Apostolus; 31 décembre, vacat; \^^ janvier, sanctus Basilius. Aux fêtes s'ajoutèrent à Jérusalem la fête de la Présentation du Seigneur ou de la Purification, au 15 février, laquelle, en Orient comme à Rome et dans tout l'Occident, était célébrée depuis la fin du ye siècle au 2 février, et la fête de l'Assomption à partir de la fin du vc siècle*. Cette dernière fête est mentionnée dans la vie de sainte Théodose de Sabas (-]- 529) comme fête du mois d'août,
snnt dona {zà. 6ûo yàp itivTo); Trepl toÙ; ay-où; èatt -/apicriiaTa, c.-à-d. ceux-ci sont à la fois apôtres et prophètes), et apostolicus spiritus et spirilus prophétise. Sunt autem hi : Stephanu/i , Petriis , Jacobus , loannes , Paulus; deinde post tios conservato ordine suo, pastor et magister prsesentem nobis celebritatem auspicaiur. Quis est fiic? Dicam nomen, an nominif: vicem gratta atque feslicitas supplet ad virum oslendendum? L'uni enim de magistro atque pastore post apostolos audiveris , inlellexisti prorsus eum, qui apostolos consequitur pastor et doctor. Hune dico , qui vas est electionis, sublimem illum et vila et sermone Basilium, gratum et acceptum Deo, etc. 1 Cf. Usener, Der hi. Theodosius, Leipzig, 1890, p. 38, 144. — L'idée qui a servi de base à l'ordonnance de ces fêtes est exprimée dans le passage suivant : Cfiristo régi munduni ingredienti adesse iubentur tamquam proceres aulici, divinorum consiliorum participes, ministri atque adiutores. Le roi doit faire son entrée avec une suite digne de lui, àÇttuç Ttapa- TtEfAipÔEti;. Pour les martyrs postérieurs, on savait la plupart du temps en quel jour ils avaient souffert, et on les fêtait le jour anniversaire de leur mort. Mais il n'en était pas de même pour les apôtres et les premiers martyrs; c'est pourquoi on unissait leur jour de fête {natalitia] à celui de la naissance du Christ. Lorsque plus tard, dans certaines Eglises et dans certains rites, on sépara ces jours de fête des apôtres de la solennité de Noël et qu'on les transféra au jour certain ou supposé de leur mort, ce fut surtout pour pouvoir les célébrer avec des Octaves solennelles. Ces fêtes furent transportées au jour de la translation de leurs saints ossements ou reliques ou au jour de la consécration d'une église en leur honneur; c'était toujours dans la pensée quo se facilius ac splendidius explicare solemnitas posset (Nilles, Kalendarium manuale utriusque Eccl.,
dès avant 1" Aînée 507 \ et Tempereur Maurice l'élendit à tout l'empire romain. Dans la liturg-ie g-allicane , on a comme fête, au 18 janvier, la Dormitio B. M. V.
Martyrologe syriaque de Wright. — En 1865 et 1866, le célèbre orientaliste ^^^ ^^'ri^ht^ a édité, d'après un manuscrit de Nitrie, un Martyrolog^e syriaque, qu'il assigne à l'année 412, sous le pontificat d'Innocent h'' (402-417). Ce martyrologe se compose de deux parties dont l'une, commençant au 26 décembre, renferme les martyrs de l'empire romain : « Le premier confesseur à Jérusalem Etienne, lapôtre , le chef des confesseurs. » Au 27 sont : Jean et Jacques de Jérusalem (peut-être est-ce saint Jacques le Majeur dont il est ici question); au 28, Pierre et Paul dans la ville de Rome. Ceci correspond à l'indication de saint Grégoire de Nysse citée plus haut. Et, d'après le sermon de saint Jean Chrysoslome, délivré aux calendes de janvier 387, il y avait une fête de saint Paul très peu de temps avant le nouvel an^. Il ressort clairement de ce qui précède, qu'à la fin du ive siècle il existait un martyrologe , fondé sur le calendrier romain. La deuxième partie du martyrologe syriaque contient les martyrs de S^-rie, de Babylonie et de Perse, mais non rangés par date. Comme ce martyrologe fait mention de plusieurs martyrs de l'époque de Julien l'Apostat, on ne peut pas en placer la composition avant 363, date de la mort de ce dernier. La première partie provient vraisemblablement d'Occident, peut-être
t. I , p. 195 ). On consultera sur ces questions les deux volumes de ce savant ouvrage. — Le saint Jacques du 28 décembre est Jacques le Mineur, àSeXçôeso; (Nilles, loc. cit., t. i, p. 366, 372; t. ii, p. 5il, 629), puisque les fastes consulaires portent au 28 décembre cette note : lacohus apostolus in Hierosolymis de pinna templi deiectus est a ludwis (Egli, Âltchristliche Sludien, Ziii-ich, 1887, p. 6). Saint Jacques le Majeur, frère de saint Jean l'Evangéliste, auquel on pourrait à la rigrueur songer, est fêté, dans l'Eglise romaine, relativement tard, au 25 juillet; mais ailleurs, au printemps, à l'époque de son martyre qui, d'après les Actes, eut lieu vers la fête de Pâques (Nilles, loc, cit., t. i, p. 148; t. ii, p. 643). Du reste, la fête de saint Jacques le Majeur se trouve aussi, dans Tantiquité, durant l'Octave de la Nativité.
* Cf. aussi Funk, dans Tiihinger Qiiartalschrift, 1891, p. 528.
2 Wright, An ancieni Syrian Martyrology , dans The Journal of sacred lilerature and biblical records, London, oct. 1865 et janv. 1866.
^ np(jir|V yoOv r,\i.Sy'j £Yxw[X'.aÇ6vTWv xbv piay.ipiov IlaùÀov, o-jtw; èaxcpTriffaxe {Hom. in Kalendas lan., a. 387, n. 1 ; P. G., t. xlviii, col. 953; Montfaucon, loc. cit., t. I, p. 854).