CHAPITRE VII
de Rome même, car la fête romaine de la Noël lui sert de base, ou du moins elle a pour auteur un occidental (JcM^ôme?); la deuxième partie provient d'Orient, elle est un supplément de la première. L'auteur de cette deuxième partie a probablement apporté quelques modifications à la première, car la série des fêtes, après la naissance du Christ, n'est pas entièrement conforme à celle que l'on connaît par saint Grégoire de Nysse et par saint Jean CHysostome. Ce dernier paraît supposer une fête particulière de saint Paul. Duchesne, en s'appuyant sur d'autres raisons, a montré : 1° que le martyrologe syriaque est la copie modifiée, en quelques points enrichie, mais en grande partie abrégée , d'une liste de saints qui se trouve plus complète dans les plus anciennes recensions du martyrologe hiéronymien , que nous conservons encore, mais qui ont, il est vrai, des additions; 2° que cette liste de saints est antérieure à Tannée 400 (d'après nous, on peut remonter entre 363 et 382) ; 3" que l'auteur a utilisé l'Histoire des saints d'Eusèbe de Césarée, qui se trouvait dans le livre, aujourd'hui perdu, sur les martyrs avant Dioclétien (Suvaytoy-ir] twv àp/atiov [xapTupiwv), et le livre du même auteur que nous possédons encore : De martyrihus Palestinse. D'après Duchesne, le lieu de la composition du recueil serait Nicomédie, ou du moins l'ouest de l'Asie Mineure*.
Calendrier de Philocalus. — Il a déjà été question plus haut du calendrier de Philocalus , de la Depositio episcoporum et de la Depositio martyr um , qui datent de la première moitié du ive siècle. Nous nous demandons seulement ici jusqu'à quel point ce calendrier avait été continué et complété lorsqu'il servit de base principale au martyrologe hiéronymien. Il comprend les Depositiones episcoporum urhis Romœ jusqu'à Boniface I^"" (-}- 422) exclusivement^, et quelques Dedicationes ecclesiarum
1 Duchesne, Les sources du Martyrologe hiéronymien, avec jjréface de Jean- Baptiste de Rossi {Extrait des Mélanges d'archéologie et d'histoire, publiés par l'Ecole française de Rome, Rome, Tuggiani, 1885, p. 9-25). Une édition critique du Martyrologium hieronymiim, basée sur les plus anciens manuscrits, a paru dans le deuxième volume de novembre des Acta Sanctorum bolland., par les soins de de Rossi et de Duchesne. Nous n'avons pas pu en profiter. [Elle a paru en 1894. Martyrologium hieronymianum, ad fidem codicum, adiectis prolegomenis , ediderunt Joh.-Bapt. de Rossi et Ludov. Duchesne, dans Act. SS., novembr., t. ii, Bruxellis.]
2 Hilaire, mentionné encore au 10 septembre, ne peut être le pape de ce nom (461-468). Cf. Duchesne, loc. cit., p. 31.
sive basilicarum bâties ou restaurées sous Sixte III (432-440), ainsi la Dedicatio haplisterii Lateranensis, au 29 juin; S. Pétri ad vinciila, au 1'^'' août; Sanctœ Marise Maioris, au 5 août; SS. Sixli , Ilippolyli et Laurentii (sive hasilica S. Laurenlii Maior) , au 2 novembre. Mais il ne renferme pas les Dedicaliones des trois grandes basiliques, du Latran, de saint Pierre et de saint Paul , qui sont cependant plus anciennes que les précédentes, d"où il suit qu'il reçut des additions sous Sixte III. En conséquence, la première source du martyrologe a été le recueil d'Eusèbe, en particulier pour rOrient, et sa continuation; la deuxième doit se chercher dans les calendriers romains; une troisième dans les listes africaines de martyrs , qui furent achevées avant le milieu du v" siècle*. La fête de saint Pierre et de saint Paul paraît alors au 29 juin, ce qui a pu être un changement fait à Rome même, car elle correspond ainsi à l'usage plus ancien pratiqué dans cette ville. Déjà Philocalus a fixé à ce jour la depositio des saints Apôtres, et le 29 juin est expressément confirmé comme date de leur mort par l'indication de leur martyre dans les fastes consulaires : Nerone II et Pisone, his coss. passi sunt Petrus et Paulus Romse III Kal. Iulias. A l'origine, il n'y avait de marqué au l^*" mai dans V Indiculiis Apostolorum que saint Philippe; mais, vers 560, sous Pelage I^"" (555-560) ou Jean III (560- 573), une basilique fut consacrée aux saints Apôtres Philippe et Jacques, qui depuis lors furent fêtés ensemble. En Gaule également, il y eut des additions ; on ajouta les fêtes de la Circumcisio Domini (au lieu de VOclava Domini des livres romains), du Natale S. Pétri episcopatus , en janvier (au lieu du 22 février comme à Rome et en Afrique); de la Depositio Beatse Marias Virginis , au 18 janvier, et quelques autres fêtes déjà introduites par saint Perpétue, au témoignage de saint Grégoire de Tours.
Au vie siècle, on trouve une édition augmentée du calendrier, avec des extraits détaillés des Actes ou des Passions, du moins pour un grand nombre de saints, et une autre édition abrégée qui se borne à l'indication du nom des martyrs ou des confesseurs, du lieu et du jour de leur martyre ou de leur mort. La première, qui a comme préface une épître de saint Jérôme à Ghromatius
* Duchesne, loc, cit., p. 33.