CHAPITRE III
L'arrêt relatif que nous remarquons dans l'histoire du développement de la liturgie et de l'office après saint Grégoire s'explique ainsi : la liturgie est l'expression de la vie de l'Eglise, et les changements, les créations nouvelles sur ce terrain sont un point dans le grand drame de la perfection des saints de ce monde; ils sont intimement unis aux événements de l'histoire séculière et de l'histoire ecclésiastique. Mais le caractère du vii^ et du viii« siècle dans l'Etat est celui d'une époque de décadence. L'Empire est un corps usé, qui se décompose dans ses parties; de tous côtés les Barbares, comme des loups affamés, arrachent l'une après l'autre les pièces du grand empire. Partout, cet Empii-e est ouvert aux hordes sauvages, qui s'y précipitent comme des flots indomptés. En de pareils jours, on ne peut songer à une création nouvelle; il s'agit, avant tout, de préserver ce qui a été épargné par la tempête; les pasteurs des églises doivent consacrer tous leurs efforts à faire bénéficier les nouveaux venus des bienfaits du christianisme, à les initier au sentiment esthétique, à l'art du chant, au sens du beau et du sublime, et pour cela la liturgie leur est d'une grande utilité. C'est pourquoi voyons comment, dans les siècles suivants, les idées de Grégoire furent acceptées et réalisées avec énergie en Angleterre, dans les Gaules, en Germanie.
six hérésies correspondantes ; la septième serait l'opposition des Irlandais, dont on avait beaucoup de choses à redouter. Le dernier pape dont il est parlé est saint Martin !«■■, qui mourut en exil pour n'avoir pas cédé aux Byzantins. Les travaux des papes postérieurs , ou du moins de quelquesuns d'entre eux, jusqu'à Hadrien et Léon III, auraient bien pu trouver une mention à la fin du viii» siècle. Les deux premiers abbés, Catalenus et Maurianus, s'appellent simplement « abbés de Saint-Pierre »; le troisième, Virbonus, porte le qualificatif de domnus, ce qui indique qu'il était encore en vie (cf. Recf. S. Bened., c. lxiii). Ce document, qui, comme on l'a remarqué plus haut, a été jeté dans la discussion il y a peu de temps, a l'attrait de la nouveauté, et, comme le nouveau est souvent surfait, on doit se garder ici d'attendre trop de ses indications pour notre sujet. Ces renseignements fournis sur les trois abbés produisent, dans tous les cas, l'impression d'un plaidoyer pro domo en faveur des intérêts familiaux ou scolaires, dans le but de glorifier des supérieurs monastiques vénérés.
Brév., t. L 21