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II. L*office chez les Anglo- Saxons

L'initiateur du mouvement et de la transformation à la suite desquels le rite, le cursus et le chant romains devaient pénétrer peu à peu dans tout l'Occident, fut le jeune peuple des Anglo- Saxons converti par les disciples de saint Grégoire. Les descriptions du vénérable Bède nous font suffisamment connaître l'impression que fit sur les païens du Kent le chant des Bénédictins de Rome*, chant que les disciples anglo-saxons de ces moines romains maintinrent pendant longtemps à Cantorbéry, comme nous le verrons bientôt, dans tout son éclat.

La liturgie romaine en Angleterre. — Mais ce n'est pas de la capitale du royaume de Kent, du moins ce n'est pas d'elle seule, que devait sortir la grande école de chant d'Albion , mais bien de Rome même, grâce à Benoît Biscop, descendant d'une noble famille anglo-saxonne comme Wilfrid. Une deuxième école devait être formée dans la lointaine Northumbrie, où se décida la lutte aiguë au sujet de la fête de Pâques, entre les partisans des moines irlandais et les chefs du peuple anglo-saxon récemment converti; lutte qui, finalement, se termina en faveur de l'observance romaine actuellement pratiquée. On dut ce résultat aux efforts de saint Wilfrid (synode de Whitby, 664).

Durant les longues années que Benoît Biscop passa à l'étranger, à Rome et à Lérins, son ami Wilfrid, sacré évêque sur ces entrefaites, séjourna souvent dans le Kent, et il y fut ravi par les beaux chants de l'église de Cantorbéry. Il connaissait très bien le chant des églises des Gaules, qu'il avait habitées longtemps; mais le chant de Cantorbéry devait lui rappeler celui qu'il avait entendu à Rome avec Benoît Biscop, aux jours de sa jeunesse. Il n'eut pas de repos qu'il n'eût obtenu deux chantres de Cantorbéry, pour introduire ce chant et la règle de saint Benoît dans son monastère de Ripon^. C'étaient les chantres Aedde et Aeo-

^ S. Beda Ven., Ilist. Eccl. angl., t. i, p. 25, 26.

* Sed et sonos cantandi in ecclesia, quos eatenus in Cantia noverant, ah hoc tempore (669) per onines Anglorum ecclesias discere cœperunt; primusque, excepta lacobo (diacre romain) de quo supra diximus , cantandi tnajister A^ordnnhi/mhrorum ecclesiis Aeddi cognomento Stephanus fuit.

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