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CHAPITRE

nan, tous deux d'origine anglo-saxonne, comme Wighard, leur compagnon, qui fut envoyé à Rome pour y être sacré évêque de Gantorbéry. Sans doute, ils avaient* été aussi instruits par les disciples romains de saint Grégoire dans toutes les branches de la science et de la discipline ecclésiastiques^. Gela se passait en 668 ou au plus tard dans les premiers mois de Tannée suivante.

Dix ans après (678), Benoît Biscop, qui avait achevé sa nouvelle fondation de Wearmouth , fit son quatrième voyage à Rome, afin d'y obtenir ce qui lui semblait encore nécessaire pour le parfait établissement de son monastère. Il obtint du pape Agathon (678-682) l'autorisation d'emmener avec lui en Angleterre Jean, archichantre de Saint- Pierre et abbé de Saint-Martin, qui devait enseigner le chant à ses moines. Jean reçut aussi du pape l'ordre d'étudier l'état de l'Eglise anglo-saxonne et d'en adresser un rapport à Rome.

L'abbé Jean consacra en grande partie les deux années de son séjour en Angleterre (678-680) à enseigner le chant dans le monastère de Wearmouth, « comme Vos Révérences se le rappellent encore, » disait vers 700 un anonyme , dans un discours adressé aux moines de ce monastère , en l'honneur du bienheureux Biscop, peu de temps après sa mort. Jean y enseignait « la façon canonique du chant et de l'office divin d'après le rite de

invitatas de Cantia a reverentissimo vivo Vilfrido (S. Beda, loc. cit., t. iv, p. 2; P. L., t. xcv, col. 174 h). — Egberctus quoque , rex Cantuariorum relief iosus, pontificem nostrum (Wilfrid) ad se accersivit , et illic (dans le Kenl) presbyteros multos... ordinavit. Ideo autem venerabiliter vivens, omnibus carus, episcopalia officia per plura spatia agens , cum canloribus Aedde et Aeonan... regionem suam cum régula S. Benedicti , instituta ecclesiarum Dei bene meliorabat { Vita Vilfridi, auctore Eddio Stephano, éd. Raine, The historians of the Church of York, London, 1879, t. I, p. 22). On voit que ce deuxième passage est une autobiographie.

1 Ce fut le cas pour leur compagnon W'ighard et pour Putta, évêque de Hrofi (Rochester, 669 à environ 675), auparavant moine de Gantorbéry, que l'historien de son temps appelle maxime modulandi in ecclesia more Romanorum, quam a discipulis beati papse Gregorii didicerat, péritum (S. Beda, loc. cit., t. iv, p. 2; P. L., loc. cit., col. 175 a).

* Eo autem. tempore miserai Eghertus Cantuariorum rex de Brittania electum ad episcopalus officium virum nomine Uigghardum, qui a Romanis beati papse Gregorii discipulis in Cantia fuerat omni de ecclesiastica institutione sufficienter edoctus ( Vita S. Benedicli, auct. Ven. Beda, c. m in Beda, Opéra historica, éd. Stevenson, Londini, 1841 [English historical Society], p. 141; P. L., t. xciv, col. 715 a).

rÉglise romaine et apostolique* ». Beaucoup d'autres monastères profitèrent de la présence de Tabbé romain en Angleterre et envoyèrent des moines à Wearmouth pour y recevoir ses leçons ; d'autres l'invitèrent chez eux, pour l'entendre et s'instruire. De plus, avant son retour à Rome, Jean laissa à Wearmouth^ un ordo écrit pour les fêtes de toute l'année ecclésiastique. Le chant et Vordo enseignés par l'abbé étaient sans nul doute ceux qui étaient employés alors à Rome, et correspondaient exactement à Vordo que l'on a vu en vigueur sous le pape Agathon.

Le précieux Codex était eiîcore conservé à l'époque du vénérable Bède (-{- 735) dans la bibliothèque de ce monastère, et dans le voisinage beaucoup l'avaient transcrit (Beda, loc. cit., a mullis circuinqiiaqiie) .

Un monastère , fi-ère de Saint-Pierre de Wearmouth , Saint- Paul de Jarrow, fut construit par Benoît en 682 et mis sous la direction de l'abbé Ceolfrid , son disciple dans le inonastère de Saint-Augustin de Cantorbéry (669 et 670). La façon de chanter et de réciter les Heures enseignée à Wearmouth fut introduite dans ce nouveau monastère '^ On raconte que pendant le dernier voyage à Rome de Benoît Biscop , son remplaçant l'abbé Sigfrid rappela à Wearmouth tous les moines du nouveau monastère, de sorte qu'il ne resta à Jarrow que l'abbé Ceolfrid et un enfant [unus piierulus) ^ l'auteur lui-même du récit ou celui qui lui en a rendu compte. Après que la communauté eut quitté la

1 S. Beda, Opéra hist., éd. Stevenson, t. i, p. 336 (P. L., t. xcv, col. 199 sq.).

2 Et ordinem videlicet ritiimque canendi ac legendi viva voce prsefali monasterii cantores edocendo, et ea , quœ totius anni circulus in celehratione dierum festorum poscebal liieris mandando , quœ liactenus in eodem monasterio sercata , etc. (Beda, Hist. Eccl. angl., t. iv, p. 18 [P. L., t. .xcv, col. 200]; cf. Vita S. Benedicti, dans Stevenson, loc. cit., p. lli : Quse haclenus in eiusdem monasterii hihliotheca mémorise gratia servanlur [P. L., t. .\civ, col. 717 c; cf. col. 721 c]). L'ancienne Hist. abb. Gyrvensium contient ce qui suit : lohannem... qui nos ahundanter ordinem cantandi per ordinem et tu'i'.a voce simul et litteris edocuit. Ce livre fut écrit très peu de temps après la mort de Wilfrid (717). Le héros de cet auteur était Ceolfrid, tandis que Bède fait de Benoît le principal personnage de son récit.

'' Eundem cantandi legendique ritum omnem canonicum, quem in priori monasterio (Wearmouth) servabant, ibi quoque celehrandum suscepit... psalmos cantare... légère... antiphonas sive responsoria dicere {Hist. abb, Gyrvensium, loc. cit., p. 322).

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