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IV. Récits légendaires

Des récits comme ceux qui précèdent forment une transition naturelle aux légendes et aux anecdotes postérieures, très prolixes , concernant le changement de la psalmodie dans l'empire franc. Ces légendes et anecdotes rejetèrent bientôt dans l'ombre le récit plus maigre des contemporains de Pépin et de Gharlemagne, qui rapportait uniquement les faits tels qu'ils s'étaient produits. Ces légendes, au moyen âge et jusqu'à nos jours pour ainsi dire, ont été prises au sérieux.

Jean Diacre. — En première ligne nous rencontrons Jean, diacre romain et biographe de saint Grégoire le Grand. On peut dire que l'extension du chant romain dans l'office et la Messe était un sujet qui lui plaisait , et qui était en même temps très propre à donner une satisfaction personnelle à un admirateur du grand pape. Jean cependant traite cette question avec un esprit et sur un ton inquiets; il dépasse parfois la mesure. Dans le récit de la création d'une Scola Cantoram par Grégoire à Rome, le ton, il est vrai, est plus calme et plus objectif; mais tout à coup il passe au Nord en franchissant les Alpes, et déverse toute sa colère sur les Gaulois et les Germains. « Ils sont versatiles; la barbarie est leur patrimoine naturel. De leurs corps de géant [corpora alpina) ils font sortir, en mugissant, la psalmodie, comme l'écho d'une tempête. Non, ils ne pourraient pas rendre la douceur du chant romain; tout au plus pourraient -ils l'apprendre et le réapprendre pour, finalement, le corrompre. Que peut-on attendre autre chose de la rudesse barbare de ces gosiers spongieux, sans cesse altérés? » Et c'est ainsi comme un déluge de reproches. L'auteur loue bien les plus experts parmi ces pauvres chantres transalpins ; ils s'efforcent de reproduire les douces mélodies, mais « ils les défigurent par tant de heurts et de secousses d'une musique entrecoupée et inégale, que l'ensemble

* [Le R. P. dom Baumer a donné tout au long ces récits. Nous avons cru bon de les laisser à cette place, tout en prévenant le lecteur qu'il fera bien de ne pas leur accorder une grande autorité , et qu'il pourra passer rapidement sur ces pages. Tr. 1

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