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CHAPITRE IV

Les fluctuations cessent après le milieu du ix® siècle; du moins nous n'en rencontrons plus d'indice chez les écrivains de l'époque postérieure, autant qu'il est possible de le savoir jusqu'à présent. Dans ces documents, il semble plutôt que l'office des Matines est dans l'ensemble solidement ordonné, et il est supposé connu'.

Petites Heures. — Pour les Ilorx minores ég^alement, Prime, Tierce, Sexfe , None et Compiles, les règlements canoniques laissent encore quelque latitude au bon plaisir des autorités ecclésiastiques compétentes. En effet, dans les règles de saint Fructueux (vers 670) et du Maître, dont la première ne fut, il est vrai, employée qu'en Espagne , mais la dernière dans les Gaules et en Italie au vn^ et au vni^ siècle , nous rencontrons des prescriptions laissant deviner que ces offices sont encore dans une période de formation^.

Chrodegang- est le premier qui, conformément aux usages des Bénédictins des basiliques romaines, mit en vigueur pour les clercs séculiers la prescription qui établissait à Prime VOfficium capituli. Il ordonne que tous les chanoines assisteront tous les jours au chapitre et y liront la règle [instiluliiinculam nostram)\ mais le dimanche, le mercredi et le vendredi on lira des traités ou des homélies des Pères. La façon selon laquelle les clercs devaient assister aux Matines et au chapitre le dimanche est déterminée d'après VOrdo romanus^. Les autres parties du chapitre, le Confiteor , la lecture du Martyrologe avec le verset Pretiosa, le triple Deus in adiutorium, Respice et l'oraison Dirigere, comme prière de préparation au travail avec la bénédiction, et à la fin l'accusation publique ou le chapitre des coulpes, après la lecture d'un chapitre de la règle, semblent être une création du ixe siècle*. De l'usage de lire au chapitre un sermon ou fra-

1 Comparez par exemple à ce sujet les statuts de l'évêque Hatton, de Bâle (f 836), c. xxxiv (P. L., t. cv, col. 168), avec ceux de l'époque postérieure, jusqu'au concile de Limoges de 1031, dans Hardouin, Coll. Conc, t. VI, col. 878 sq., et Hefele, op. cit., t. iv, p. 662 sq.

2 P. L., t. Lxxxvii, col. 1099 sq.; t. lxxxviii, col. 1004 sq. Dans ce dernier passag^e, on lit, ch. xxxv et xl, que, pour Tierce, Sexte et None, les psaumes doivent être choisis currente semper psaltcrio; ce ne sont donc pas les octonaires du ps. cxviii, prescrits seulement pour le dimanche.

3 Sicut hahetur Ordo romanus, S. Chrodeg. (éd. Schmitz), lac. cit., p. 8, lin. 16.

* S. Ghrodeg., iîegr., c. xviii (P. L., t. lxxxix, col. 1067 sq.). Ce texte représente une forme augmentée des règles de saint Chrodegang, qui, on

ctatiis, ou une homélie ou un chapilre de la Règle, lorsque Tabbé ou Tévêque ne pouvait lui-même adresser une exhortation, naquit plus tard la leçon brève, qui actuellement est le plus souvent le Capitule de None.

Pour ce qui est des Compiles, saint Fructueux a déjà ordonné que Ton réciterait mutuellement le Confiteor {laxant mutuo delicta) , et à la fin, après la récitation des trois psaumes et de l'hymne et après la bénédiction (^cum laude et henediclione)^ le Credo à voix haute. Synibolum christianœ fidei commuai omnes recitent voce. Nous avons déjà expliqué plus haut comment la leçon brève [lecfio hrevis) du commencement des Complies est née de la lecture [collationes) prescrite par saint Benoît. La Règle du Maître donne pour les Complies la prescription suivante : Psalmi completorii très dicî dehent, Responsorium , lectîo Apostoli , lectio Evangeliorum , rogiis Dei f c'est-à-dire rogaliones seii precationes Dei vel suppUcationes , nos Preces feriales actuelles avec huit versets) et versum clusorem, c'est-à-dire la bénédiction finale*. Il suit de là que, dans cette règle, le psaume Jn te Domine speravi manquait encore totalement aux Complies. On ne sait au juste ce qu'il faut entendre par lectio Evangeliorum. Peut-être pourrait-on y voir le canticum Evangelii, Nunc dimittis, pui^que dans les plus anciens Codices et dans Amalaire et d'autres les Cantica du Nouveau Testament, Magnificat ei Benedictas, s'appellent simplement Evangelium. Mais il est possible aussi que dans le rite gallican et oriental, aux Complies comme aux autres Heures et à la Messe, une péricope évangélique suivait la lecture d'un passage des épîtres de saint Paul [apostolus).

Sous Charlemagne, et davantage encore sous le gouvernement de ses successeurs, Louis le Débonnaire et Charles le Chauve, qui souvent témoignèrent d'un intérêt personnel pour les questions liturgiques, les fluctuations, comme nous le verrons en détail plus loin, disparurent enfin complètement.

le sait, a emprunté presque tous ses usages aux monastères bénédictins d'Italie, en particulier de Rome, et à l'archi-abbaye du Mont-Cassin. Les Statuts furent augmentés sous Charlemagne et Louis le Débonnaire ( Concile d'Aix-la-Chapelle).

' Rec[. nuty., c. xxxvii {P. L., t. lxxxviii, col. 1005).

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