CHAPITRE TV
des Vêpres et des Laudes, comme J?énédictions de l'évêque ou du prseses chori. Un Codex manuscrit de la bibliothèque du séminaire de Namur, du xiv^ siècle, contient encore de semblables oraisons pour tous les offices et montre par là qu'au commencement de la période suivante, xn^, xm^ et xiv^ siècles, cette bénédiction était parfois encore employée; il est cependant possible que ces prières, dans le Codex de Namur, fussent des prières à voix basset On voit par ce Codex que les Preccs ou Capitella étaient unis à cette bénédiction de l'évêque ou à Foraison , mais aussi qu'à partir du ix'' siècle, au lieu du « renvoi « on avait l'Office des morts ou celui de tous les saints, ou encore les psaumes graduels ou pénitentiels.
Le Pater noster et le Symbole des Apôtres étaient récités à la fin des Complies comme au commencement des Matines et de Prime peut-être dès le vn^ siècle, en tout cas dès le vni^ et le ix^ siècle^.
Du reste, nous renvoyons à D. Martène pour les usages du rituel des Complies, dont nous avons déjà parlé, depuis la leçon, Collatio, jusqu'à la bénédiction inclusivement^.
L'ordonnance prescrivant de réciter le Pater et le Credo aux trois offices nommés, avant Matines et Prime, mais après Complies, se trouve pour la première fois, autant qu'il nous est possible de le constater, dans saint Benoît d'Aniane (-j- 821), le grand réformateur des monastères sous Charlemagne et Louis le Débonnaire. Il ordonna à ses moines de les réciter à voix basse et à genoux devant le grand autel '*. Mais on doit supposer que le Credo avait, dès le vm^ siècle, une place dans l'office de Rome,
* On peut encore voir à ce sujet D. Martène, De antiq. Eccl. rit., Venetiis, 1783, t. m, p. 18-26; De monachor. rit., ihicL, t. iv, p. 14, 35.
2 C'est ce que disent déjà la Régula S. Frucluosi, c. n (P. L., t. lxxxvii, col. 1099), et VAntiphon. Benchor., dans Muratori , loc. cit., t. iv, p. 21 {P. L., t. i.xxn, col. 597); Dunstan, De reg. mon. (P. L., t. cxxxvii, col. 485). A ce dernier passage se trouvent aussi loraison Deus oui omne cor patet, qui est encore dans la prœparatio ad Missam, et (P. L., t. lxxii. col. 556) VAnle oculos, qui est actuellement comme oralio Urbani VIII post Missam; enfin on peut voir Jean d'Avranches {De off. eccl.; P. L., t. cxLvn, col. 30), où il est dit que, incipiente versu : Dirigatur, ad Vesp. incensum super altare a sacerdole offertur.
3 De antiq. Eccl. ritih., lib. IV, c. vin, et De ant. mon. rit., lib. I,
c. XI, XII.
* Vita S. Bened. Anian., c. viii, dans BoUand., Acta SS., 12 febr., t. v. p. 618.
soit aux Matines, à Prime ou à Complies, car on le trouve dans tous les psautiers du vin^ ou du début du ix^ siècle. Nous ne nous tromperons pas en admettant que grâce à saint Benoît, qui par son monastère de Saint -Corneille d'Inde exerça une grande influence sur la formation de la discipline liturgique sous Louis le Débonnaire et de la liturgie de la chapelle impériale d'Aix-la- Chapelle, et grâce à ses amis, cet usage pénétra dans les églises collégiales et les chapitres de l'empire, et fut ainsi accepté par le clergé séculier avant de devenir une loi formelle ^ On voit par Jean d'Avranches^ que ledit usage était déjà général au xi^ siècle parmi le clergé séculier.
Entre deux psaumes , on récitait souvent encore à voix basse quelques petites prières, comme Cassien nous a dit qu'on le faisait autrefois dans les déserts d'Egypte et de Syrie. Cela se voit par exemple dans la vie de saint Anschaire, qui a pour auteur saint Rembert ^.
Nous ne pouvons ici examiner en détail l'exposé de l'office au temps de Charlemagne, tel que le donne M. Batiffol'*. Nous nous bornerons aux remarques suivantes :
1. L'indication de la page 87 et de la page 100, qu'une Collecte ou Oraison n'a été introduite aux Laudes et aux Vêpres qu'après le milieu du vi* siècle (l'époque de saint Benoît, qui ne connaissait que le Pater noster), et qu'au vine siècle elle n'était dite que les dimanches et les jours de fête, ne concorde pas avec ce qui est dit page 88 des Preces feriales. Car Amalaire ^ nous rapporte qu'après ces Preces, aux jours de fériés, le prêtre récite debout la Collecte : Postremo surgit sacerdos... et dicit stando orationein... Quod eœdem precum orationes celebrandœ sint vespertina hora , etc. Les mots /)os< vespertinalia et matutinaria officia, quœ aguntur pro mortuis, montrent
1 Cf. Hefele, Conciliengeschichte , lr« édit., t. iv, p. 8 sq.
2 De off. eccl. [P. L., t. cxlvii, col. 30).
3 Vita S. Anscharii, c. xv, dans Acta SS. Bolland., 3 febr., t. iv, p. 409. On trouve aussi de ces prières pour tous les psaumes et les cantiques dans Tommasi, loc. cit., t. ii, p. 58 sq., et dans VAntiphonaire de Bangor (P. L., t. Lxxii, col. 600-602).
* Hist. du Brév., p. 82-141.
« De off. eccl., IV, 4, éd. Hittorp, Paris, 1610, p. 452. Cf. aussi le Cad. 106 {96) de la bibliothèque du chapitre de Vérone, du vin* ou du début du ix« siècle, qui contient, fol. 11, les Preces vespertinales , puis : incipiant orationes... vespertinales anni circuli, non seulement pour les dimanches et jours de fête, mais aussi pour les fériés.