‹ Histoire du bréviaireChapitre 187 sur 224 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

aussi qu'aux Vêpres et aux Laudes des Morts on récitait d'autres psaumes et d'autres prières. L'usage de ne dire à la fin de l'office que le Pater noster, au lieu d'une Collecte, que quelques commentateurs veulent trouver dans la Règle de saint Benoît, semble avoir été limité à quelques Églises. Pour une époque postérieure nous avons le témoignage du diacre Jean au sujet de la basilique du Latran', d'après lequel cette « mère » des Églises « de l'univers », quae Salvatoris voca,bulo consecrata est, Salvatoris oraiionem... prœ ceteris prœcipuis semper habuil. C'est pourquoi : Hanc reservans apostolicam institulionem non nisi Dominica utitur oralione. Mais cela ne ]se rapportait qu'au chapitre de cet endroit-là. Lorsque le pape ou l'un des évêques suburbicaires présidait l'office, on disait la Collecte du jour : sunt prœterea aliœ qusedam CoUectx ad Matutinas vel Vesperas intitulalx^ , qiisE ah Apostolico , vel ab eius septem collateralihus episcopis, et non ah aliis penitus in ipsa ecclesia dici possunt^.

2. Page 89, on lit que d'après Amalaire il y avait en tête des Compiles une leçon brève, et que, d'après le même écrivain, il y avait une lecture au réfectoire, dont le capitule ou lectio hrevis n'était que la conclusion. Mais cela ne se trouve pas au chapitre viii du livre IV de Ecoles, off. que cite M. Batiffol. Il y est dit, au contraire, que c'est là une « particularité » des viri religiosi ou des moines ; à Metz seulement, la coutume est (dans tous les cas à partir de Chrodegang, qui, on le sait, emprunta beaucoup d'usages à la Règle de saint Benoît pour les statuts des chanoines) que les Frères se réunissent avant cet office pour la leçon (comme après l'office de Prime). C'était une lecture spirituelle plus longue. Les mots : Completorium ideo dicitur quia in eo completur quotidianus usus cihi et potus, et : In isto consumitur esus et potus et collatio^, ne veulent pas dire que la lecture ou la lectio hrevis se faisait au réfectoire, ou que la lecture du chœur formait la conclusion de la lecture de la table , mais que les occupations de la table, telles que esus et potus et lectio, cessaient avec Compiles; en effet, après le mot collatio, on lit encore et onine commune opus. Qu'on lise les deux chapitres. Une lecture plus longue se faisait avant Compiles jusqu'au siècle dernier, et se fait encore aujourd'hui dans beaucoup d'églises collégiales et monastiques, et elle commence par luhe Domne et Noctem quietam.

3. A la page 92, l'auteur dit : « La psalmodie était séparée de la lecture par un verset, rien de plus, et surtout rien de l'oraison domini-

• Mabillon, Muséum italicum, t. ii, p. 566, n. 7.

- Dans les Sacramentaires romains à partir du vi^ siècle.

3 Mabillon, Append. ord. roman., lac. cit.,

< De ord. antiph., c. vu.

cale et de Tabsolution que nous rencontrons là aujourd'hui : Prsecedit versus lectinnem , dit nettement Amalaire. »

Assurément au lib. IV, c. ix, loc. cit., il n'est question de rien de plus. Mais au prologue* on lit des Mar/islri Romani : Orationein Dominicam non cantant posl psalnios noclurnales, secl dicunt aliquod Capiluluni laie quale istud est : Intercedenle healo principe Apostolorum Petro salvet et ciistodiat nos Dominus^. Ce qui correspond à VOrdo romanus de saint Amand, cité par M. BatifTol lui-même"*, et par suite l'expression Oralionem Dominicam non cantant, scil. Romani, signifie bien qu'on disait ailleurs cette prière à l'endroit en question, autrement Amalaire n'aurait eu aucune raison d'indiquer sa suppression , comme une particularité des Romains. Nous n'avons pas de motifs — et d'ailleurs l'espace nous manque — pour faire ressortir d'autres inexactitudes; ce qui a été dit peut suffire pour prouver au lecteur qu'un examen des allégations de M. Batiffol n'est pas superflu.

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