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CHAPITRE IV

une lecture tirée des Prophètes ^ Le Pentateuque était divisé eu cent cinquante -quatre chapitres ou parasch , de manière à ce qu'on pût le lire en trois ans, un parasch chaque samedi.

Lectures dans la primitive Église. — Le divin Sauveur donna une consécration à cet usage par sa participation active et par son exemple^, et les Apôtres établirent le rite suivi par la synagogue, dans le culte de la primitive Eglise ^. Comme on le voit par les épîtres de saint Paul'', on lut de bonne heure dans l'Eglise les écrits du Nouveau Testament. Pendant les trois premiers siècles, comme l'ont montré Mone et Probst par des passages tirés de saint Ignace d'Antioche , de saint Justin le Martyr et de VEpître à Diognète, l'ordonnance était de commencer par des morceaux empruntés au Pentateuque, auxquels on joignait la lecture des Prophètes et de l'Evangile. Au lieu d'un des premiers, on lisait souvent aussi un extrait des épîtres apostoliques^.

D'après les Constitutions apostoliques, Justin, Tertullien , Cyprien *^, dans la suite la règle était le plus souvent de lire en premier lieu un passage de l'Ancien Testament, puis un extrait des Actes des Apôtres et des épîtres pauliennes, et on terminait par l'Evangile. Ces leçons n'étaient pas limitées à la liturgie de la sainte Messe, elles trouvaient place aussi dans l'office ou les Heures canoniales'.

' Cf. Schâfer, Die religiôsen Alterthûmer der Bibel, Munster, 1878, p. Id"?; Allioli- Haneberg, Alterthûmer der Hebraeer , c. iv, § 185; Glaire, Inlroduct., Paris, 1861, t. i, p. 401 ; Richard Simon, Exercitatio exhibens cœremoniarum iudaicarum cum disciplina ecclesiastica collationem , Francofurti, 1693; Bickell, Messe und Pascha, Mainz, 1872, p. 63, 66 sq., 73 sq.

2 Luc, IV, 16-30.

3 Act., xiii, 15, 27; xv, 21. II Cor., m, 14, 15; et I Tim., iv, 13. * Coloss., IV, 16; et I Thess., v, 27.

s Probst, Liturgie der ersten chrisllichen Jahrhunderte, Tiibingen, 1870, p. 88; Mone, Lateinische und griecJiisclie Messen , p. 68.

6 Const. apost., lib. II, c. lvii (P. G., t. i, col. 725-730). S. Justin, Apol., lib. I, c. Lxvii. TertulL, Adv. Marc, lib. IV, c. v; De prescript., c. XXXVI ; Apol., c. xxxii, xxxix. S. Cypr., Ep., xxxiii, xxxiv. Le détail dans Probst, op. cit., p. 33-360.

7 Cela ressort des Canones S. Hippolyti, édités par l'abbé Haneberg en 1870, à Munich, en particulier des can. 31, 37; puis des Const. apost., lib. II, c. Lix, et lib. I, c. xix (P. G., t. i, col. 743 sq.); et d'Athanase, De virginitate, c. xii (P. G., t. .\xvin, col. 264 sq.). Psallat, légat, precetur, lit -on dans les Const. apost., lib. VIII, c. xx.xiv (P. G., t. i, col. 1138); cf. lib. VI, c. XXX : Congregamini, lectionem librorum sacrorum facientes, atque psallenles. Cela s'entend de Rome; le texte presque absolu-

Au iv^ siècle, les offices où on lisait les Ecritures se dessinent clairement; c'était surtout les Matines et les A'êpres. Les jours sur semaine on lisait à ces heures deux leçons, une de l'Ancien et une du Nouveau Testament; les samedis et les dimanches les deux leçons étaient empruntées au Nouveau Testament, la première aux épîtres de saint Paul, la seconde à T Evangile ^

Lectures à Rome. — Sur la liturgie romaine, en particulier sur le Cursus ou Ordo des Heures canoniales employé à Rome avant saint Grégoire , il ne nous est parvenu aucun renseignement exact qui nous permette de voir quelles lectures de TEcriture on faisait dans Foffice aux v* et vi^ siècles. On sait, il est vrai , par les biographies et les œuvres des papes Célestin I^r (-J- 432) , Léon le Grand {f 461) et Gélase I"^"" (-{- 496), qu'on lisait à Rome, durant l'office divin, l'Ancien et le Nouveau Testaments, et aussi les œuvres des Pères et les Actes des martyrs'^. Mais on ne voit nulle part s'il en était ainsi pour les Heures canoniales, car les passages en question ne peuvent se rapporter qu'à la liturgie de la Messe; saint Isidore^, qui traite ex professa des leçons, ne nous donne pas non plus de renseignements précis à ce sujet. C'est la règle de saint Benoît (f 543) qui nous fournit, du moins pour ITtalie, les premiers renseignements détaillés et certains sur les lectures faites dans les diverses Heures canoniales*. Mais à conclure de là , comme l'ont fait quelques savants , en se basant sur une lettre de Théodemar ou de Paul AVarnefried à Charlemagne, qu'aucune lecture des Ecritures n'était prescrite avant

ment semblable des Canones S. Hippolyti, qui ont été écrits pour Rome et pour Porto , le démontre. Encore Concil. Laod. {circa 366), can. 17, dans Hardouin, Coll. conc, t. i, col. 783; Hefele, Conciliengeschichte , t. I, 2<= édit., p. 727; Pleithner, Aelteste Geschichte des Breviers, p. 194 sq.

1 Cassian., De inst. cœnoh., lib. II, c. iv, vi (P. L., t. xli.\, col. 83, 90); S. Aug., Confess., v, 9 (P. L., t. xxxiii, col. 714 sq.), et vi, 3 {ibid., col. 731); Aurelian., Ordo (P. L., t. lxvhi, col. 393); Mabillon, Mas. ital., t. I, 2« part., p. 106; S. Ambros., £p., i, 20, n. 13 (P. L., t. xvi, col. 997; cf. ibid., col. 1309 : De excess. fr. Sat., n. 61); S. August., Ep., i, 29 : Pomeridiano die legebatur alternatim et psallebatur, n. 11 (P. L., t. xxxiii, col. 119). Cf. S. Basil., In ps. Lix (P. G., t. xxxix, col. 464).

^ Lib. pont., édit. Duchesne , t. i, p. 230. S. Léon., serm. xl, c. m, serm. li , c i ; serm. lx , c. i ; serm. lxx , lxxiii , c. i (P. L., t. liv, col. 268 sq.). S, Gelas., Tract., dans Thiel, Ep. rom. pontif., t. i, p. 379, 380, avec les remarques et ibid., p. 458 sq.

3 De Eccl. offic, i, 10 (P. L., t. lxxxiii, col. 744 sq.).

* Reg., c. IX sq.

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