‹ Histoire du bréviaireChapitre 191 sur 224 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

lien*, on récitait une prière après la lecture de trois ou quatre feuillets, tandis que, d'après d'autres ordres religieux, c'était des répons. Au palais d'Aix-la-Chapelle, c'était par un coup et non par les mots : 7*11 autem Domine miserere nobisy que l'empereur Charlemagne donnait le sig-nal de la fin des leçons ^. II est possible et même vraisemblable qu'ainsi, au commencement du ix« siècle, on suivît cette coutume à Aix-la-Chapelle : le lecteur récitait lui-même le Tu aulem , en même temps que les paroles Domine miserere nobis , qui jusque-là lui étaient seules réservées. La lecture des Prophètes se terminait par ces mots : Hœc dicit Dominas : Convertimini ad me et salvi eritis; et en Avent : Hsec dicit Dominas : Ecce ego veniam et salvaho vos^. Ce n'est qu'aux derniers jours de la semaine sainte que l'antique formule est restée conservée jusqu'à aujourd'hui : Jérusalem, lerusalem convertere ad Dominum Deum tuum.

Mais quel était le texte de la bénédiction donnée par le prœses chori avant la leçon? Le commentaire de la règle de saint Benoît, de l'abbé Smaragde (vers 820), nous renseigne exactement à ce sujet. On y lit : Post versum a cantante dictant dicat Abhas : Precibus omnium sanctorum salvet et benedicat nos Dominas; vel aliam aliqaam haiusmodi benedictionem... et legantar *; preuve qu'on réunissait en une seule prière, encore au ix^ siècle, le texte de l'absolution actuelle et de la bénédiction données avant les leçons. Dans le Rituale Ecclesise Danelmensis , souvent cité^, qui contient des fragments de la liturgie romaine de la fin du vii^ aux ix* et x^ siècles, se trouvent, pour les différents jours de fête, diverses formules de bénédiction pour les leçons des Matines, pour quelques-uns trois, pour d'autres neuf; et dans ce cas, pour chaque leçon, une formule

1 S. Cœsarius, Ad Virg., c. xii; Aurelian., Ordo psallendi {P. L., t. lxvii); BoUand., Acta. SS., 19 jan.

2 Baculo... aat sono gutturis (De gestis Caroli M., lib. I, c. vu; P. L., t. xcv, col. 1376). Cf. ci -dessus, p. 332.

3 Ordo romanus de la bibliothèque royale de Munich, Clm. 6425, fol. 1. Cf. aussi Grancolas, Comment, in rom. Brev., lib. I, c. xxxii, p. 98; Schu, op. cit., p. 55; Durand, loc. cit., De lect.; Martène, De ant. Eccl. rit., lib. IV, c. VI, n. 1-10; Guidonis Abbat. Disciplina Farfensis, c. xxxix (P. L., t. CL, col. 1242); Udalrici , Cons. Cluniac, lib. II, c. xxix (P. L., t. cxux, col. 714).

* S. Beg., c. ix (P. L., t. en, col. 831).

s London and Edinburgh, 1840, p. 126-129.

Brév., t. I. 25

de bénédiction particulière correspondant au mystère du jour*. Les absolutions. — Les absolutions , Exaudi Domine, A vinculis peccalorum , n'apparaissent que dans la période suivante. Même Durand, au xiii^ siècle, semble ne les avoir pas encore connues. Mais Amalaire dit déjà : Tandis qu'en Gaule, à la fin des Nocturnes, on dit Pater noster, à Rome on dit un Capitule, comme celui-ci : Intercedenle healo principe Aposlolorum Petro, salvel et custoJiat nos Dominas'^. Dans un ancien codex de la bibliothèque bourguignonne de Bruxelles [n° 2030)^ lectionnaire manuscrit qui contient les leçons de l'office des xiii* et xivf= siècles, nous avons trouvé la première mentionnée: Exaudi Domine Jesu Chrisle preces servorum tuoruni , et miserere nobis : Qui... comme Oratio super Evangelium au troisième Nocturne. Puis : luhe domne henedicere , et la première bénédiction : Intellectum sancti Evangelii aperiat nos gratia Spiritus Sancli' la deuxième : Ad gaudia Paradisi perdiicat nos misericordia Christi; la troisième : Ad societatem civium supernorum perducat nos rex Angelorum. Puis vient la rubrique : Et qaando plura Evangelia legenda sunt, seq. bened. : Evangelica leclio, etc. Per evangelica dicta deleantur... comme aujourd'hui. Les bénédictions du premier Nocturne, qui servent en même temps pour les f crise II, IV et VI, sont les mêmes que celles qui se trouvent actuellement pour le premier Nocturne au Bréviaire romain. On sait qu'elles ne servent aujourd'hui que pour les feriss II et V, à l'office de trois leçons.

Dans le manuscrit cité sont indiquées comme bénédictions du deuxième Nocturne , à la fois pour les feriœ III, V et Sabhat. : 1. Sancta Trinitas et inseparahilis Uni tas nos protegat et benedicat. Amen. '2. Deus misereatur nostri et henedicat nohis. Amen. 3. Sixième bénédiction ; Ille nos henedicat, qui sine fine vivit et régnât. Les absolutions manquent pour le premier et le deuxième Nocturnes. Dans Tommasi^, nous trouvons bien nos

* Par exemple, pour la Noël : Deus, Dei Filius , qui hodierna die de Virgine nasci dignatus est, misereatur nostri; ou : Ipse nos henedicat in terris, qui hodie nasci dignatus est ex Virgine. Pour Pâques : Christus Dei Filius ah œterna morte resuscitare dignetur; et : Snlvator mundi pro nobis passus et a morte resurgens nos salvare dignetur. Amen. Et autres semblables [loc. cit., p. 126-129).

2 De ord. Antiph., prol., à la fin.

3 Edit. Vezzosi, t. iv, p. 573.

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