TEXTE DES LEÇONS
A roffice solennel du chœur, on lisait, dès les premiers siècles, les saintes Ecritures (Ancien et Nouveau Testaments), les Actes de^ Martyrs {Acta Marlyrum, Passiones) et les écrits des saints Pères*. Les moines, qui avaient un office de nuit beaucoup plus long- que celui qui existait auparavant, allongèrent ces lectures. Les moines du iv" et du v^ siècle avaient, d'après Cassien^, aux Matines et aux Vêpres des jours de la semaine, deux leçons plus longues, dont la première était empruntée à l'Ancien et la seconde au Nouveau Testament. Le samedi, le dimanche, et durant le temps pascal, elles étaient prises toutes deux du Nouveau Testament; parfois aussi, notamment pour les Vigiles du dimanche, il y avait trois leçons^. Chez les moines occidentaux des vi'5 et vn^ siècles , en particulier chez ceux des Gaules et de Lérins, il y avait souvent deux leçons à toutes les heures, une de l'Apôtre, l'autre de l'Evangile*.
On peut bien supposer que déjà à cette époque, c'est-à-dire à partir de la fin du iv« siècle , les leçons de l'office suivaient l'ordre des lectures de la Messe. En effet, ce que rapporte Cassien, que les moines durant le temps pascal lisaient le Nouveau Testament (Actes des Apôtres, Epîtres, Evangiles), correspond aux indications de saint Jean Ghrysostome, lequel s'étend lon-
1 Du moins à Milan, dans les Gaiiles, en Espagne et en Afrique. Pour cette dernière, nous l'avons vu par saint Augustin; pour Milan, cf. G. Morin, Anecdota Maredsolana , t. i, p. 20, note 14. Cf. Pleithner, op. cit., p. 191 sq., 381 sq. ; on y trouve les passages de la règle et de la vie des saints Pacôme et Hilarion. Saint Basile (hom. .xiii : Exhortatoria, ad s. baptism.) parle déjà des péricopes « prophétiques, apostoliques et évangéliques », qui toutes, d'après les Const. apost. (v, 19), étaient lues dans la Vigile de Pâques ou office de la nuit de Pâques (P. G., t. xxxi, col. 451. Cf. Conc. Laodic, can. 17; Hardouin, loc. cit., t. i, col. 783). Primitivement, les Actes des Martyrs n'étaient lus quà la Messe (Pleithner, op. cit., p. 197 sq.).
2 Cœnob. inst., ii, 6-10; m, 2.
3 Cf. Pleithner, op. cit., p. 303, et Bickell, op. cit., p. 115. Cf. aussi la vie de sainte Mélanie la Jeune [Analecta Bollandiana , t. viii, p. 50).
* De officiis div., c. xxxi-xlii, dans la Règle du Maître (P. L., t. lxxxvih, col. 1004 sq.), qui se rattache aux usages existant déjà; les prescriptions des autres règles, par exemple des saints Césaire, Aurélien et Fructueux, dans P. L., t. lxvii, lxviii , lxxxvii.