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CHAPITRE IV

guement dans ses homélies sur la raison qui fit choisir pour le temps pascal les Actes et d'autres écrits du Nouveau Testament comme lectures de l'office ^ Saint Augustin s'exprime dans le même sens". Déjà Origène et saint Ambroise parlent d'une ordonnance presque constante dans la série des leçons de l'Écriture^, quoiqu'on laissât toujours encore toute liberté aux évêques à ce sujet, comme le prouvent Augusti'' et Schu^. C'est ce qui explique que quelques métropolitains, celui de Braga, en 563, par exemple^, aient rendu certaines ordonnances concernant la Messe et l'office des Vigiles ou des Matines, quoiqu'un canon eût déjà porté ces prescriptions depuis longtemps relativement à la sainte Messe, comme en témoigne saint Grégoire de Tours ' .

Au V® siècle, où la célébration des offices de nuit se répandit sous l'influence des moines et où la liturgie de la Messe se transforma sur certains points, les prêtres et les évêques des Gaules rédigèrent de nouvelles ordonnances pour les péricopes de la sainte Messe et pour les lectures de l'Ecriture à l'office*.

1 S. Chrys., In princ. Act. IV, n. 5 sq. (P. G., t. li, col. 105 sq.).

« S. Au^. Tract., vi, in loannem, n. 1 [P. L., t. xxxv, col. 3019).

3 Orlgenes, In lob, lib. I, et Ambros., epist. xxxiii, ad Marcellinam sororem, dans Schu, op. cit., p. 19 sq. S. Ambros., epist. i, n. 20 (P. L., t. XVI, col. 1001), et Contra Aux., n. 19 (P. L., col. 1013). S. Aug., In ep. loann., prol. (P. L., t. xx.xv, col. 1977), et Conc. Tolet. IV, can. 17 (Hefele, op. cit., t. m, p. 74).

* Denkw., t. iv, p. 105 sq. Cf. aussi Augusti, Handbuch der christlichen Archâologie, Leipzig, 1836, t. ii, p. 163-285.

5 Op. cit., p. 18.

6 Dans Hefele, op. cit., t. m, p. 15.

■^ S. Grog. Turon., De vitis Patr., c. xvn : Lectis lectionihus, quas canon snnxit antiquus; De S. Nicelio Trev. ep. {P. L., t. lxxi, col. 1080). De même, dans la Vita S. Melanix iiinioris, du milieu du v» siècle, l'office, la psalmodie et la lecture sont indiqués comme devant être célébrés iuxta statutum canonem; on y trouve mentionnés les Matines (avec trois leçons), Laudes, Tierce, Sexte, None et le Lucernaire; Prime et Complies manquent encore. C'était l'ordonnance romaine, comme on peut le conclure de ce qui y est dit p. 21 sq., 61 (Analecta Bolland., t. viii, p. 49). Cf. p. 58, où, pour la fête de l'Invention des reliques de S. Etienne, des leçons tirées des saintes Ecritures et des Gesla, en tout cinq, sont choisies comme morceaux à lire à l'office de nuit.

8 Ainsi Museeus, Claudien, Césaire et l'auteur du Cornes Hieronymi. Cf. notre article 1, dans les Stndien, et Pleithner, op. cit., p. 284; Gennadius. De script, eccl., c. lxxix (P. L., t. lviii, col. 1104); Sidonius Apoll., In lectionihus comitem, lib. IV, c. xi : Psalmorum modulator et phonascus se. Claudianus, paravit quse quo lempore lecta conveniant (P. L.,

A la fin de celle période, nous rencontrons les prescripti».ns, altribuées au pape Gélase et riches de conséquences, sur les lectures publiques dans l'Ef^lise des livres des saintes Écritures, des Actes des Martyrs et des œuvres des saints Pères*, ordonnances qui, d'après Thiel^ et Pleithner^ furent déterminantes aussi pour les prescriptions de la Règ-le de saint Benoîte Dans tous les cas, elles eurent une grande influence sur le développement du système des leçons et déterminèrent dans la pratique les principes et les règles d'après lesquels on choisissait les livres à lire à l'office.

Ces ordonnances nous font connaître la pratique de l'Ég-lise romaine durant les v^ et vi^ siècles. Comme la sainte Écriture, les vies des saints et les écrits des Pères sont une sorte d'aliment pour la vie spirituelle du clerg-é et du peuple , ils devaient aussi trouver leur emploi dans la liturgie, qui forme l'élément vital de l'Eglise et en particulier des moines, lesquels y trouvent, dans un certain sens, matière à une contemplation ininterrompue^. Saint Bruno d'Asti, 0. S. B., évoque de Segni et abbé du Mont-Cassin (-}- 1104), compare les lectures de la sainte Écriture, les œuvres et les vies des saints et leurs écrits aux arbres splendides du paradis agréables à la vue et dont les fruits sont savoureux*'.

t. Lviii, col. 516). Le Constantius auquel la Prœfalio au Cornes hieronymi (epist., introd.) est adressée, dans Tommasi- Vezzosi (Opéra, t. v, p. 319) et dans Ranke {loc. cit., p. 360-363; append. m), pourrait être un évoque gaulois qui vivait au ve siècle, peut-être le frère de Sidoine. Cf. Morin, L'auteur de la lettre à Constantius {Revue hénèd., sept. 1890, p. 416).

1 M. Rou.x (Le pape Gélase I" [492-496], Paris, 1880, p. 163 sq.) a montré, d'après M. L. Bertrand, que Gélase ne peut en être l'auteur. Friedrich a essayé de prouver que, quoique quelques pièces de la première partie soient sorties de Rome au v« siècle, l'ensemble n'a été composé qu'entre les années 535-540, à la suite de la contro\-erse des Occidentaux avec les moines de Scythie au sujet de Fauste de Riez (question du Possessor). Sitzungsber. der philos = hislor. Klasse der kgl. hayr. Akad. d. Wissensch., Mûnchen, 1888, p. 54-86.

2 Epist. rom. pontif., t. i, p. 458 sq. [ibid., p. 53-58); Hefele, op. cit., t. II, p. 618-633. Cf. Lectures de l'Ecriture et des Pères, dans le cod.^t^64 de la biblioth. municipale de Munich.

3 Op. cit., p. 285.

^ ïieg. S. Bened., c. i.\ sq.

5 Cf. le travail du P. Boniface WolfT, O. S. B., dans les Studien, Raigern, 1884, t. ii, p. 111 sq., 393 sq.

* Taies arbores (jignit Ecclesia, quaruni j)ulchritudinem et religionem nos légère et audire détectât; quaruni verbis et doctrina mentes nostrse nutriuntur et re/iciuntur. Taies arbores sunt apostoli ; vetera poma pro-

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