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CHAPITRE V

tous, qui se trouvent dans les bibliothèques publiques, au lieu de se contenter des travaux des savants de Tavant- dernier et du dernier siècle, et de se les approprier comme on Ta fait jusqu'ici. Nous ne nous arrêterons pas aux détails ; qu'il nous suffise d'avoir donné l'impulsion et d'avoir montré le chemin.

II. Transformation du système des leçons à l'époque des Carolingiens (VIII'' et IX'' siècles).

La grande étendue des leçons aux Matines avait un inconvénient. Les Epîtres de saint Paul, que l'on devait lire au troisième Nocturne', se répétaient ordinairement plusieurs fois par an. Et cela devait se présenter d'autant plus fréquemment que les fêtes dont l'office était copié sur celui du dimanche devenaient plus nombreuses. Il paraissait donc convenable d'assigner à ces Epîtres une place dans le cercle des leçons qui ne devaient se lire en moyenne qu'une fois par an au premier Nocturne. Ceux qui récitaient l'office divin pouvaient aussi souhaiter d'entendre une homélie sur l'Evangile, qui se chantait à la fin des Matines et dans le rite gallican aux Laudes, de même qu'ils entendaient au deuxième Nocturne des commentaires autorisés et des sermons des Pères sur les écrits de l'Ancien Testament^. Déjà le premier Ordo romanus^ accuse cette tendance. Ce désir fondé devait trouver son entière réalisation sous Charlemagne.

D'après les premiers Ordines romani, l'ancienne coutume du vnic siècle persista à Rome, du moins dans une certaine mesure, et, dans la chapelle papale, la nouvelle organisation ne fut vraisemblablement pas admise dans son ensemble avant Innocent III (-{- 1216). En effet, dans VOrdo romanus XI , composé en 1140 par le chanoine Benoît [ad Guidonem de Caslello) ^ il est dit :

1 Ainsi aujourd'hui encore dans loftice des Ténèbres de la semaine sainte.

2 Cf. à ce sujet Hildemar, Comment, sur la Règle de S. Benoit, Ratisbonne, 1880, p. 299. Sur l'évangile aux Laudes, on peut voir VAntiphonaire de Bangor (P. L., t. lxxu, col. 600-602) et les règles citées plus haut des Gaules et du nord de l'Italie.

3 P. L., t. Lxxviii, col. 537, n. 47.

u Nous lisons à Rome, à Saint -Pierre et à la cour papale, pour les dimanches de TAvent et du Carême, au troisième Nocturne, deux leçons (7 et 8) de Epislola [S. Pauli)^ et, comme troisième ou neuvième, une homélie sur l'évangile du dimanche. Mais à Pâques et aux grandes fêtes, excepté la Pentecôte, on lit, au troisième Nocturne, l'évangile en entier et une homélie sur cet évangile ^ »

Recueils de leçons. — Charlemagne chargea son ami Paul Diacre ou Warnefried, moine du Cassin et historien des Lombards, « d'extraire avec soin des œuvres des Pères catholiques « ce qu'il y avait de mieux et d'en faire un recueil. Et Paul choisit, en effet, des leçons pour l'office nocturne de toute l'année et de chaque fêle, et les réunit en deux volumes^.

On connaissait déjà, il est vrai, des recueils de sermons et d'homélies des Pères destinés à l'office. C'est ainsi que l'abbé Alain de Farfa (-{- 770) avait composé un sermonnaire, et le prêtre Agimond, en 730, un homiliaire. Mais ils n'avaient pas été adoptés partout^. Seules les quarante homélies de saint Gré-

1 Ordo roman. XI, n. 3, 6, 9, 37 , 38 ( P. L., t. lxxvui, col. 102-7-1039). La remarque de Mabillon, col. 1027 a, n'est pas exacte, comme on le voit en comparant les n. 37 et 38 dans la col. 1039 (cf. encore P. L., loc. cit., col. 1047-1030).

2 Ut studiose catholicorum Patrum dicta percurrens veluti e latissimis eorum pratis certos quosque floscnlos legeret, et in uniim, quse essent utilia, quasi serliim aptaret... et ipse ad noctiirnum officiiim... in duobus voliiminibus per tolius anni circiilum congruenles cnique festivitati ohliilit lectiones {Epist. Caroli Magni ad lectures Homilarii; P. L., t. xcv, col. 1160).

3 Cf. par exemple le recueil do l'abbé Alain, dans Pcz, Thésaurus , t. ni, p. 3 [P. L., t. Lxxxix, col. 1197). Nous en avons trouvé un exemplaire à la bibliothèque nationale de Munich, cod. i564, de la deuxième moitié du vni" siècle. Ce volume contient la première partie du recueil; la deuxième partie paraît être dans le Clm. 14 368. L'Homiliaire d'Agimond est dans les cod. Vat. 3 835, 3836, manuscrits en semi-onciales du viii" siècle. [M. Achille Ratti vient de découvrir dans le cod. i546 du fonds Vaticano- Ottobonien un fraj:;ment de cet IIomiliai:'e d'Alain de Farfa contenant un prologue métrique et une préface du tra\ail d'Alain. Cf. L'omeliario detto di Carlo magno e l'omeliario di Alano di Farfa { Rendiconti del R. Ist. Lombardo di se. e. lett., sér. ii, vol. xxxiii , 1900). Tr.] Un recueil, visiblement destiné à l'office, se trouve aussi dans le cod. 52 de la bibliothèque du chapitre de Vérone, de la fin du yui<^ siècle ou du début du ix«; après l'homélie de l'Epiphanie viennent des passages des épîtres de saint Paul , ce qui indiquerait peut - être qu'on commençait déjà à les lire en janvier au 1" Nocturne.

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