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CHAPITRE V

Coutumes de Gluiiy du xi^ qui, on le sait, ne sont qu'une exposition plus détaillée et plus riche des statuts donnés par Benoît d'Aniane (-|- 821), et enfin de Jean d'Avranches, que, depuis Charlemagne, outre les homélies, les leçons du premier Nocturne ont aussi subi une légère modification^ Dans les documents cités, les épîtres de saint Paul paraissent pour la première fois, non plus comme auparavant, au troisième Nocturne des dimanches et des jours de fêtes pendant l'année, mais aux endroits qui leur sont assignés encore actuellement dans l'année liturgique, après la Nativité. Et, en effet, les Épîtres de saint Paul sont employées depuis le dimanche dans l'octave de la Nativité jusqu'au dimanche de la Septuagésime comme Ecriture occurrente des dimanches et fériés. La lecture de Fépître aux Matines, qui pendant longtemps (à Rome peut-être jusqu'à Innocent III) ^ était demeurée en usage en plus de l'homélie sur l'Évangile, disparut dès le vn'3 siècle aux grandes fêtes, par exemple à Noël; et peu à peu aussi à tous les dimanches et jours de fête.

La paix et la liberté dont jouit l'Église au vm® siècle et au commencement du ix", sous les puissants souverains carolingiens, donnèrent un grand essor à la vie scientifique et religieuse dans toutes les parties du vaste empire franc^. Déjà Garloman et Pépin, d'accord avec saint Boniface, chargé de pouvoirs des papes saints Grégoire III et Zacharie, avaient porté des lois disciplinaires et ecclésiastiques aux synodes religieux d'Allemagne et de France (742, 743 et 744); ils pourvurent de dignes pasteurs les diocèses vacants, recommandèrent la règle bénédic-

1 Officiuin ecclesiast. Gorziensium, apud Bolland. Acta SS., febr. t. m, p. 710, in Vitn beati loannis Gorziensis Ahhat. {f 962); Udalric, Consuel. Clun., lib. I, c. I (P. L., t. cxlix, col. 6i3); loann. Abrinc, De off. Eecl. (P. L., t. cxLvii, col. 43 c ). Mabillon a montré [Acia SS. 0. S. B., v» siècle, p. 70, n. 9; p. 158, n. 22 [cf. Vêlera analecta , Paris, 1723, p. 152]) que les coutumes de Cluny, empi'untées par Bernon à Baume et à Gigny, ne sont que des statuts amplifiés d'Euticius ou Witiza, c est-à-dire de Benoît d'Aniane. Her^ott, Vêtus discipl. monast., Paris, 1726, p. 14, 23, 134; Ringholz, Der heilige Ah. Odilo, Briinn, 1885, p. 16 sq.

2 D'après VOi'do i-omaniis XI, loc. cit.

3 Werner, Alcuin und sein Jahrhundert, Paderborn, 1876, p. 3.

tine à tous les monastères, obligèrent les j^rands à la restitution des biens dérobés aux églises et commencèrent ainsi à guérir les blessures faites à rÉglise durant un siècle. Charlemagne marcha sur les traces de son père et de son oncle, et d'accord avec l'Eglise, dont il se vantait d'être « le dévoué auxiliaire et le très humble défenseur », il donna une série d'ordonnances et d'exhortations dans lesquelles il rappelle non seulement aux laïques, mais aux prêtres et aux évêques, les obligations de leur état et de leur vocation, et l'observation des lois de l'Eglise.

Caractère des travaux liturgiques. — Il aspirait à unir les forces dispersées dans un effort commun, à consolider son empire par la culture des sciences et des arts dans un grand nombre d'établissements créés dans ce but, et à donner à son peuple un appui intellectuel. Il dut pour cela s'adresser au dehors, car les principaux foyers de culture scientifique et religieuse étaient alors l'Angleterre et l'Italie ^ C'est là que Charlemagne alla chercher ses collaborateurs dans l'œuvre de réforme qu'il entreprenait. Ce furent Alcuin, Eginhard, Pierre de Pise, Paul Warnefried, Paulin d'Aquilée.

De bonne heure l'empereur avait compris toute la puissance civilisatrice de la liturgie, et lui-même la cultivait assidûment. Mais pas plus que les autres travaux scientifiques ou littéraires de cette époque, les travaux liturgiques n'étaient des œuvres d'initiative ou d'invention. On se contentait de ramasser et de réunir les débris de la civilisation antique pour les adapter aux besoins du temps.

Les Francs , tout en acceptant la liturgie romaine , la modifièrent en une foule de points. Des parties considérables de l'Antiphonaire et du Responsorial subirent une transformation complète, qui s'acheva sous Louis le Débonnaire et son fils. Mais déjà, sous Charlemagne, Alcuin avait enrichi le Sacramentairede saint Grégoire, et Paul Warnefried avait créé un nouveau lectionnaire. Examinons tout d'abord les principales modifications apportées à l'office romain du viii^ au xi^ siècle. Nous verrons ensuite plus en détail les fêtes et autant que possible le texte des offices du temporal et du sanctoral.

' Hergenrôther, Kirchengeschichte , t. ii, p. 510; trad. franc., Histoire de l'Eglise, t. ii, p. 760.

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