CHAPITRE V
Hadrien I""' (772-795). Alors même qu'il ne serait pas expressément prouvé que ce pape et ses successeurs ont inséré les fêtes de nombreux saints dans Toffice romain, on pourrait le conclure du fait que ces solennités sont mentionnées dès le ix" siècle dans plusieurs manuscrits que nous possédons et chez plusieurs écrivains liturgiques, même en dehors de Rome, tandis qu'on n'en découvre nulle trace au viii« siècle'.
Le pape Hadrien. — Le pontificat de saint Adrien ou Hadrien fut surtout fécond sous ce rapport-. Il est dit de lui qu'il a particulièrement honoré les saints martyrs, qu'il leur a bâti des églises, qu'il a réglé leurs fêtes et qu'il a pris soin que l'office régulier se fît sur leurs tombeaux. La conséquence fut que désormais leurs noms parurent au calendrier à d'autres jours, parce que, le jour de la dédicace de leurs églises ou de leur translation, on en faisait mémoire solennelle avec vigile ou station ou procession. Les martyrs spécialement nommés sont : Adrien, Cosme et Damien, Marc (pape), Pancrace, Félix in Pincia, Pierre et Marcellin, (élément, Sylvestre (pape), Janvier, Ahdon et Sennen, Prisca , Cyriaque, Susanne, Ruffine et Seconde, Agapil, Pierre ad Vincula, Jean anfe portam Latinam, Théodore, Praxède, Eugénie, Gordien et Epimaque, Tihurce, Valérien et Maxime, Marcel, Hermas, ProLus et Hyacinthe, Agnès{'l), Nicomède, Anastase, Puden tienne. Félicité^ et Sophie, Félicissime et Agapit, Simplice, Alexandre, Vital et Martial.
Si l'on ne peut admettre que tous ces saints furent insérés au Bréviaire, reçurent un office propre, des leçons , une messe et des oraisons sous Hadrien, on ne saurait nier que l'extension de leur culte ne soit due à de semblables occasions^. On découvrit égale-
* On peut voir par exemple le Liturcficon de Pamelius, l'« et 2^ partie; VAntiphonar. S. Gregorii, t. n, p. 62 sq., est du ix« siècle.
- Cf. Duchesne, loc. cit., t. i, p. 500-512, 519, en particulier p. 510, u. 348 [oh niinium amorem) , et p. 512, n. 354 {oh eorum martyriim amorem). Il y est dit, p. 510, n. 347, lig. 12-15, que près de la basilique de Sainte-Eugénie il construisit un monastère [monasleriiim piiellariiin), où iugiter illuc Deo carièrent laudes, videlicet hora prima, terlia, sexta, nona, vespera et matutino. Pas de mention des Complies; peut-être n'étaient -elles pas encore reçues comme office canonial à réciter dans l'église. La même chose est dite dans Duchesne {loc. cit., p. 406, lig. 45 sq.) de la basilique du Latran, où Hadrien établit des moines; là encore nulle mention des Complies, bien qu'il y soit question de toutes les autres Heures. Elles étaient regardées fréquemment comme prière du soir e.xtracanoniale, faite en commun dans le cloître ou dans le dortoir.
3 Cf. plus haut, p. 273, note 5.
< De fait, les saints Tiburce (14 avril), Félicité (23 nov.; et Agapit (6 août, avec Félicissime) se trouvent dans le Sacramentarium Leonianuni; une deuxième sainte Félicité au 25 décembre. De même Alexandre, \'ital Brév., t. I. 27
ment un grand nombre de corps de martyrs sous saint Pascal I^"" (817-824) (ainsi sainte Cécile), ce qui eut pour résultat l'organisation des fêtes de ces saints.